Maspero, Lectures hisioriqucs, p. 39J, fîg
LA RELIGION d'ASSURBANIPAL 359
nipal pour la restauration des vieilles coutumes l'entraîna jusqu'à rétablir l'usage des sacrifices humains.
En dépit des pages qui précèdent, je n aurais pas donné de la religion d'Assurbanipal une idée absolument exacte si je ne parlais du culte d'Istar.
Comme on le verra, dans les études qui suivront cet essai, chaque roi et chaque siècle ont eu leurs dévotions préférées. Par exemple, il est tel dieu, dont le nom jusqu'alors condamné à ne figurer que dans le protocole, se trouve un jour mis hors de pair et honoré d'un culte tout spécial.
C'est ainsi que le règne d'Assurbanipal pourrait, à bon droit, s'appeler le règne de la déesse Istar. Jamais, à notre connaissance, elle ne se vit h pareils honneurs. C'est tout au plus si le grand dieu national, Assur, ne se trouve pas absolument éclipsé.
Pour Assurbanipal le culte d'Istar était une tradition de famille. Ce n'est pas à dire que dans le passé tel patesi, comme Gudea : tel roi, même antérieur à ce dernier et peutêtre contemporain du héros de l'épopée d'Izdubar\ n'ait pas eu pour la déesse Istar (Ri ou Nana) une dévotion marquée*. Ce qui ressort de l'étude des documents, c'est qu'à tout le moins, le culte avaitsubi une longue éclipse. Après de longs siècles d'oubli et d'abandon la déesse Istar ne reprit le premier rang que sous le règne d'Assur-ahe-iddin.
Il advint à Assurbanipal ce qui arrive à tout copiste : il poussa à l'excès la dévotion des Sargonides pour Istar et mit peut-être une i)ointe d'exagération dans son culte. Mais la déesse lui fut si secourable !
Asurahe-iddin parle bien de quelques songes où la déesse Istar lui adresse la parole.
Un jour même, il se voit favorisé d'une apparition*, a Assis-