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)) rendu fou, je ne le lâcherai pas que je ne me trouve face à » face avec lui, et que je ne lui aie livré bataille. »
Teumman ne s'en tint pas à ces menaces; i\ la même heure, il donna Tordre à ses avant-gardes d'envahir le territoire assyrien.
Ce fut le soir, longtemps après le coucher du soleil, qu'Assurbanipal eut connaissance de ces détails alarmants.
Si vive fut l'indignation de ce dévot d'Istar et si grand fut son trouble, qu'il lui fut impossible d'attendre jusqu'au lever du jour pour aller raconter à la déesse aimée l'outrage qu'elle venait de subir et l'audacieuse invasion de l'Élamite. A travers les ombres de la pleine nuit, il se précipite vers le temple^ s'en fait ouvrir les portes, traverse le sanctuaire, va droit à la statue de la déesse : . « Lig. 27 Amhur sakuti Istar.
» 28 va ana tarsisaakmiis sapaisu.
» 29 iluussa usaappaa illaka dima-ai. » « Entouré d'ombre et de silence, le roi s'incline profondé- » ment, des larmes brûlantes tombent de ses yeux, et de son » cœur jaillit cette ardente prière :
» 30 0 dame d'Arbèles ! Je suis Assurbanipal, la créa- » ture de tes mains...
» Pour les renouveler et leur donner toute leur perfection, » j'ai visité tes sanctuaires; « Anaku asriiki asteni*a; pour » te vénérer je suis venu dans ton temple d'Arbèles, allika » ana palah. » Mais voilà que ce Teumman, roi d'Élam, » qui n'a aucune dévotion pour les dieux, se lève pour me » faire la guerre. . .
« 0 toi, qui es l'archère des dieux et pèses de tout ton » poids sur le destin de la bataille, broie-le dans le tumulte » du combat, déchaîne contre lui avec la violence de l'ou- » ragan tous les vents malfaisants ! »
Istar prêta l'oreille à cet appel désespéré ! Elle daigna même répondre !
« Sois sans aucune crainte, » dit-elle d'une voix nette,
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et cette première parole fortifia le cœur d^Assurbanipal. La déesse ajouta :
(( Parce que tu as levé tes mains et laissé couler tes larmes » en ma présence, je veux te prodiguer ma faveur. »
Cette voix divine^ qui retentit dans le silence mystérieux du temple, au milieu des ombres d'une nuit profonde, était faite pour donner le frisson ! En telle rencontre le patriarche iduméen dirait : a Le poil de ma chair se hérissa \ »
En homme accoutumé aux manifestations de sa déesse, et qui ne sait ce qu'est la peur du divin, Assurbanipal sortit du temple réconforté. Toute crainte dissipée, il rentra paisiblement au palais.
En effet, cette môme nuit et à Theure précise où le roi exhalait sa douleur aux pieds de sa déesse, un des voyants du temple eut une vision *.
La précision des détails de cette nocturne apparition ne laisse pas place au plus léger doute sur son authenticité.
(( 51 Istar, qui siège dans Arbèles, s'avanra vers
)) moi. Deux carquois pendaient de ses c|)aulos, l'un à
)) droite, l'autre à gauche. D'une main, elle brandissait
)) un arc : de l'autre, une lourde épée de combat. Elle
)) fit quelques pas, se tint debout devant toi. Puis avec
» la tendresse de la mère qui t'a enfanté, elle t'adressa
)) la parole. »
« Et voici ce qu'lstar, la première entre tous les dieux, te
» dit d'une voix impérieuse : « Hegarde avec attention : il
» s'agit de la gueire que tu entre])rends, lanatala anaepis
» saassi. »
» En quelque lieu que tu ailles je serai à tes côtés. )) Et tu répondis : « Partout où tu vas, je veux aller avec » toi, ô souveraine des souveraines ! » (( Non, reprit-elle, reste ici. Dans ce lieu consacré à