‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 19 sur 212 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

risation qui permît à ceux qui ne peuvent avoir recours aux documents eux-mêmes de connaître les principaux résultats des études scientifiques relativement aux idées morales dans Tancienne Egypte. Pour ceux-là à quoi serviraient les indications bibliographiques dont je parle? Absolument à rien, si ce n'est à trouver au bas des pages des noms d'ouvrages dans toutes les langues, c'est-à-dire peu de chose. Je me suis donc abstenu.

J'avais encore une autre raison. Je suis moi-même un peu de la partie et bien souvent il m'a fallu changer des traducrtions que je ne croyais pas fidèles. J'ai le ])lus grand respect pour tous ceux qui ont travaillé à créer cette science si jeune et déjà si florissante; mais j'ai encore plus de respect pour ce que je crois être la vérité. J'ai pour principe dans tous mes travaux de ne jamais écrire une phrase (jui ne soit l'expression de ma propre pensée, soit que je l'aie rendue mienne par l'assimilation, soit que j'aie cru devoir me la créer à moi-même; jamais le Jurare in verba rnaffistri n'a été une raison suffisante pour moi, si je ne m'étais clairement démontré à moi-même que le maître avait raison. Au fond, c'est le principe de Descartes: ne jamais rien admettre que d'évident ou (jui ne semble évident. Ce n'est point une raison pour estimer les ouvrages que j'ai pu produire plus qu'ils ne valent et je suis moi-même le premier à reconnaître que bien des choses y sont révisables. Malgré tout, j'ai dû dire dans cet Essai ce que je regarde actuellement comme vrai, dans l'état présent de nos connaissances sur l'Egypte. Sans doute, je peux m'être trompé, avoir ignoré tel document qui jetterait la plus vive lumière sur mon sujet : si je l'ai fait, c'est sans le vouloir; je prie mes lecteurs de me croire sur parole et d'être bien persuadés que j'ai fait mon possible pour me hausser jusqu'à la hauteur de mon sujet.

J ai évité toutes les discussions d'après ces deux raisons, parce qu'elles n'auraieïit point intéressé le public auquel je

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