‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 192 sur 212 · V Raw., col. V, Iig · texte numérisé non relu

V Raw., col. V, Iig

LA RELIGION d'aSSURBANIPAL 369

Assurbanipal essaya de tous les moyens pour rendre courage à son armée; mais il n'y eut prière ni menace qui pût décider un seul de ses soldats à tenter la périlleuse traversée.

Que faire en si triste conjoncture? Attendre la baisse des eaux ? C'était affaire d'un mois et plus. L'armée assyrienne n'était pas approvisionnée de vivres pour un si long séjour. Aux privations viendraient s'ajouter les fièvres, si redoutables en ces plaines marécageuses.

D'autre part, chaque jour de retard serait mis à profit par l'Élamite. Il aurait le loisir de fortifier ses villes et de concentrer ses troupes.

La baisse des eaux venue, l'armée assyrienne, décimée par les fièvres et par la famine, ne serait plus de taille à tenir tête aux troupes fraîches et reposées d'Ummanaldas.

Il fallait se résigner à la honte de la retraite.

Tandis qu' Assurbanipal se livrait à ces douloureuses réflexions, la déesse Istar veillait :

Il ne suffisait plus ici d'un songe envoyé à quelque voyant, ni d'une conversation privée avec le roi. Tel songe et telle conversation peuvent être révoqués en doute. Testis unus, testis nullus. La déesse le savait. Elle savait encore qu'on ne rend par le courage à cent mille hommes apeurés, si ce n'est pas un prodige assez éclatant pour que chacun de ces cent mille hommes en puisse être témoin.

Écoutez maintenant ce que lui inspire sa tendresse pour son roi bien-aimé.

Vers la fin de la nuits l'armée assyrienne tout entière fut mise en éveil par une grande lumière d'un incomparable éclat : c'était la déesse !

Tandis que l'armée reste sous le charme de la miraculeuse apparition, une voix, assez puissante pour être entendue de toute cette armée, prononce ces paroles' : «Je

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