‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 205 sur 212 · Yhcn caan. iftscn mur/ai · texte numérisé non relu

Yhcn caan. iftscn mur/ai

3. Probablement la main dont Tcmpreinte rouge, talisman de sant<) pour les habitants dans ce cas, a été vue par tous les voyageurs dans de nombreuses ruines yucatèques.

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Zamna et son père Kinich Ahau furent peut-être parfois confondus en un seul dieu, par exemple pendant les fêtes des années Ix.

Ce qui confirme à nouveau la qualité de dieu solaire de Kinich Ahau, c'est Tune de ses déterminations. Kinich- Kakmo (( œil du soleil-ara de feu », rayons de soleil venant comme portés par un oiseau de flammes consumer à midi le sacrifice sur Tautel d'Ytzamal. Il semble cependant sous ce nom se confondre encore avec Zamna-Kab-ul, car c'est à lui qu'on s'adressait pour être préservé de la peste et des épidémies.

L'un des dérivés de ce dieu solaire, Hun-chun-chan, dieu de la guerre et des sacrifices et oracle, adoré par les Ytzas, semble correspondre plus particulièrement à l'aztèque Huitzilopochtli.

A Tezcatlipoca, dieu du mal et de la mort, ne peut que plaire la parenté du y ucatèque Yum Cemil « le Seigneur de la Mort », forme probablement moderne du primitif Cimi « Mort » du calendrier. Cette divinité de la mort est aisément reconnaissable dans lesCodices où on la trouve fréquemment: un squelette surmonté d'une tête de mort; son signe est l'une des variantes du jour Cimi, celle à œil ouvert. Comme seigneur d'En bas, Yum Cemil pourrait être rapproché du Mictlan Tecuhtli « Seigneur du Repos » des Mexicains; les fonctions de ce dernier semblent cependant dévolues plutôt chez les Mayas à Hun Ahau « l'Unique ».

Le rôle d'Esculapes attribué aux grjinds dieux n'empêchait nullement l'existence de divinités particulières de la médecine telles que Ix-Chel qui l'inventa et qui surveillait les accouchements, Ahau Chamahez « le sorcier (médecin) qui pile les remèdes) », etc., que l'on pourrait comparer avec les mexicains Lxtlilton le guérisseur, Yoalticitl le médecin nocturne et le protecteur des enfants, Tzapotlon Tonan que 'on invoquait contre les maladies de peau. Lx-Chel était ri ncipalement adorée dans l'île de Las Mujeres en compagnie

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des déesses Ix-Bunie, Ix-Biinieta et Ix-Cliebel-Yax ; cette dernière apprit aux humains à broder en couleur et à tisser les plumes et, comme Zamna^ inventa l'écriture. Si Ix-Chcl, que Ton a identifiée avec Cit-Bolon-Tun, présidait à la naissance des enfants, Acat, dieu de la vie, avait surveillé leur conception et leur gestation, et la déesse Ix-Mol protégeait leur tendre jeunesse.

De même que Micthm Tecuhtli étîût secondé par plusieurs divinités mexicaines, Yum Comil avait parmi ses pourvoyeuses Ix-Tal)', « celle de la corde », qui s'occupait des suicidés.

Avant d'arriver au groupe important des Bacabs, qu'on me permette de citer quelques-uns des plus importants dii minores du Yucutan où ils doivent être, la plupart du moins, nés. De même qu auprès de leur grand dieu de la guerre les Aztecs plac;aient Paynal. à côté de Hun-Chun-Clian les Ytzas plaçaient d'autres régulateurs des combats : Hun-pictok « 8.000 lances» dont on voit encore le temple à Ytzamal, Pakok, et Tziquin, dieu du tonnerre. Les Ytzas du lac Pelen avaient mis le sanguinaire Hobo à la tête de leur Olympe. Dans l'île fameuse de Cozumel la sainte, Kukulkan sous la forme de Ah-ulneb « l'archer* », brandissait un arc et des flèches* ; y a-t-il là, dans ce sanctuaire antique et reculé, un symbole de la lutt<îde Quetcalcohuatl et de Tezcatlipoca ?

Chez les Mayas, les frères de Huitzilopochtli et de Paynal, les seigneurs des batailles, étaient Ah Chuy-Kak « celui du feu suspendu (sur l'ennemi) » dont Tidole portée au milieu des troupes, comme celle de Paynal, par quatre chefs était invoquée avant de commencer la lutte, Kakupakat « flam-

1. Ix-Tab et son signe hiéraiique se trouvent à la page 53 bdu Codex Dresdensis.

2. « L'ai^her » est aussi le titre donné à Huitzilopochtli dans plusieurs hymnes nahuatis du Sahagtin,

3. D'après Don Crescencio Carillo y Ancona (Hlstoria antiijua de Yucatan)^ Kukulkan serait donc un dieu de la guerre.

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boyante vision », qui au plus fort du combat apparaissait brandissant sa rondache de flammes.

Kinch-ahau-haban, dieu des cruautés, protecteur des sacrifices humains, adoré à Campêclie, n'était qu'une forme particulière de Kinich Ahau.

Deux antiques divinités, Ah-clmn-caan « le principal du ciel », et Xnuc « la vieille », déesse des rivières, personnifiaient le Ciel et la Terre.

Xocbitun avait inventé le chant et la musique, Pizlientec ou Ah-kin xooc « le prêtre qui siffle » la poésie; celle-ci devait donc être chantée et était, comme le dit d'ailleurs Cogolludo, l'apanage des prêtres; chose sacrée, elle eut d'abord la même valeur magique que le Kalevala attribue à \h parole rythmée, aux runes.

Ah-tub-tun, qui crachait des pierres précieuses, dispensait à son gré l'éloquence et les richesscsV

De même qu'à Tenochtitlan les pêcheurs avaient l'adroit Opochtli, au Yucatan ils avaient Ah-citz, Ah-pua, Amalcum et Ah-kak-nexoi ; les deux premiers protégeaient surtout la pêche maritime. Nombreuses étaient les divinités protectrices de la chasse et des forêts : Acanum-zuhuy « la gémissante vierge », Zip-talai, Ah-can-uol-cab « le serpent de la terre ronde »(?), Ah-balam « le tigre ». Colebil-xbolonchoch, chérie des propriétaires de ruches, prenait grand soin des abeilles.

Une curieuse légende raconte que le dieu solaire Kinich Ahau, plaça l'une de ses filles Ix-zuhuy-kak « le feu virginal » à la tête d'un couvent de vestales qui avaient fait vœu de -chasteté et devaient entretenir le feu sacré V Chose étrange, autour de ses couvents, de ses temples, car après sa mort elle devint déesse de la virginité', c'est l'énergie de son père,

1. Une telle association d'attributs est éminemment suggestive.

2. J'ai en cette affaire une instinctive méfiance de l'érudition classique des Padres.

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