XXIV INTRODUCTION
tiens. Or, la première à prendre était de ne pas induire mes lecteurs en erreur par un titre sonore, ce qui aurait par trop senti le charlatanisme de certains auteurs, et de leur faire comprendre par ce mot Essai que mon œuvre était à mes propres yeux grandement susceptible de perfectionnement. Ce serait, en effet, une erreur de croire que les résultats qu'ont obtenus les Égyptologues sont définitifs ; ils sont certains ou presque certains, mais nullement définitifs. Il est évident, en effet, que, sur un grand nombre de points, les traducteurs ont saisi plus que le sens général des documents qu'ils avaient il traduire; mais qui oserait affirmer à l'heure qu'il est que telle traduction des plus solides défie le changement? Personne. En outre, pour le sujet qui m'occupe plus spécialement, l'Egypte est encore trop peu connue directement, elle nous a laissé trop peu de documents, on en peut découvrir un trop grand nombre pour que les résultats auxquels je suis arrivé puissent paraître définitifs. Non, chaque année de labeur y ajoutera une parcelle de vérité, on saisira mieux que je ne l'ai pu faire les transitions qui d'une idée inférieure conduisirent à une idée plus élevée, on pourra remonter plus avant dans la connaissance des premières sociétés que je ne pouvais guère qu'entrevoir : je ne me fais aucune illusion à ce sujet; mais je crois que les idées maîtresses de mon œuvre sont profondément vraies, que . l'avenir pourra démontrer plus clairement cette vérité, mais ne saura point la renverser ou la ruiner complètement. Sans doute, ce que je viens d'écrire en ce paragraphe pourra paraître malhabile à certains esprits ; j'aurais pu laisser supposer à ceux qui me liront que je regardais mon œuvre comme indestructible, afin de leur donner pour une heure la même illusion; j'ai cru au contraire que leur laisser cette croyance serait une trahison, et mon caractère n'est aucunement fait pour trahir qui que ce soit. Je crois avoir le culte de la vérité; pour lui être fidèle, à cette déesse dont les Égyptiens avaient si bien