‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 26 sur 212 · Devenu aujourd'hui le musée de Gizeh · texte numérisé non relu

Devenu aujourd'hui le musée de Gizeh

accroupi du Louvre est un chef-d'œuvre que ne renieraient pas les artistes les plus habiles en ce temps où leurs œuvres sont si parfaites. De même pour la musique, bien qu'il n'y ait aucune comparaison à faire entre la musique égyptienne et la musique moderne; dès TAncien-Empire, les Égyptiens avaient inventô les principaux instruments, ceux qui ont le plus charmé Tenfance de riiumanité, ceux qui savaient lui parler au C(i3ur dans leur simple langage \

Tout ce que je viens de dire dans les derniers paragraphes concourt donc à établir que le peuple égyptien, cincj mille ans au moins avant notre ère, était entré dans la vie, qu'il savait en jouir, qu'il s'ingéniait à la rendre agréable, qu'enfin il marchait allègrement et à grands pas dans cette voie du progrès indéfini qui est la raison de la subsistance permanente de l'homme sur cette terre. Et maintenant placez en face ce qui résulte des idées émises au cours de ce chapitre quant à ce qui concerne l'état religieux et moral de l'Egypte à cette même époque: il n'est personne qui ne soit obligé d«' voir que l'un est infiniment au-dessus de l'autre, que par conséquent les deux côtés de la civilisation, le côté matériel et le côté moral, ne se commandent pas primitivement et nécessairement l'un l'autre : ce que je voulais faire ressortir et mettre en lumière.

Ce n'est pas à dire cependant qu'il n'y ait pas influx de la partie religieuse et morale de la civilisation sur la partie matérielle; mais cet influx n'a daté que du jour où la pensée religieuse et morale de l'homme atteignit son épanouissement. Quand ce jour sera venu pour l'Egypte, nous verrons que des pensées religieuses et morales aussi élevées qu'elle les connut eurent une influence indéniable sur hi société tout entière, qu'elles passèrent môme au premier rang

1. Notre musique actuello ne plaît guère aux Égyptiens, pas plus que la leur ne nous plaît; c'est que nous avons progressé et qu'ils en sont restés à l'époque primitive.

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parmi les préoccupations de rhumanité, et depuis elles ont toujours gardé apparemment cette première place si péniblement acquise. Mais Tinfluence exercée sur la civilisation matérielle par la civilisation morale fut d'abord latente : les voies suivies étaient trop différentes pour qu*il y eût concours apparent et parallèle; ce concours parallèle sera possible seulement lorsque la civilisation matérielle, qui sert tant à rendre la vie légère et supportable, ne répondra pas aux aspirations qui peu à peu commençaient de se faire jour dans l'être humain, tandis que le progrès moral tendait de plus en plus à répondre à toutes ses pensées, h tous ses désirs, et par conséquent lui offrait une solution plus acceptable, sinon plus juste, du grand problème qui se pose à chacun de nous : être heureux dans la condition où la naissance a placé chacun des hommes, et où, sans doute, après l'avoir améliorée, il finira les jours qu'il aura su prolonger ou écourter.

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