‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 28 sur 212 · DES TRAITÉS DE MORALE QU'ON PEUT ATTRIBUER · texte numérisé non relu

DES TRAITÉS DE MORALE QU'ON PEUT ATTRIBUER

A l'ancien-empire

L Ancien-Empire nous a fait connaître ses idées sur la moralf» particulière dans un livre unique au monde où il nous apprend ce qu'il pensait sur les devoirs qui incombaient a l'homme dans les diverses circonstances de la vie. Ces traités de morale, ainsi qu'on les a nommés, nous sont parvenus dans ce qu'on a appelé le plus ancien livre du monde: \\^ ont été trouvés dans un papyrus connu dans la science ^fvptologique sous le nom de Papyrus Prisse. La fortune de ^e papyrus a été diverse, et il me faut entrer à ce sujet dans quelques détails.

Tout d'abord, quand on s'est attaqué à son contenu, et je dois dire que ce sont les savants les plus illustres dans le domaine de l'Égyptologie qui en ont tenté la première explication, on n'a eu aucun doute sur l'âge et la fidélité du texte. nialnfrê les difficultés qu'il présentait'. Diverses traductions

1 Ces savants sont tout d'abord: Chabas, le nom le plus illustre de ^ %ptologie française après Champollion, que la postérité placera le pins haut dans son souvenir, avant même E. de Rougé, car il Ût à lui seul progresser la science plus que tous les autres ég>'ptologues enwmble; si son œuvre est aujourd'hui sujette à revision, ce n'est qu'à Qne révision partielle; il a toujours démontré ce qu'il voulait démon- ^'^' quelques critiques qui lui aient été faites, et les autres n'ont fait qift corriger ses traductions; — puis M. Lauth, esprit ingénieux, mais ^'«>P souvent paradoxal, et enfin MM. Brugsch et Dûraichen, deux des Princes de l'école allemande d'Égyptologie.

en furent données qui, lorsquon les examine de près, se bien loin d'être satisfaisantes; puis le papyrus re^ta vir ans sans être l'objet d'autres travaux, lorsqu'en 1887 en donna une nouvelle traduction*. Cette dernière est grande avance sur les précédentes ; mais l'auteur y a encc été arrêté assez souvent par des passages incompréhensibh Cependant son œuvre, malgré les critiques sévères, passio nées ou les jugements dédaigneux dont elle a été l'objappela l'attention sur le Papyrus Prisse, et en Angletei on découvrit que le British Muséum possédait un double ce document, double malheureusement en pièces, mais de certains fragments montraient jusqu'à l'évidence que papyrus de la Bibliothèque Nationale^ n'était pas, tant s' faut, un modèle d'exactitude*. En même temps, Ion étu( les formes de l'écriture du papyrus, les formes gramm ticales et l'on découvrit assez facilement que, tout en remc tant à une antiquité très haute et tout en restant sans doi le plus ancien livre du monde, le papyrus n était pas l'Ancien-Empire, mais devait être reporté à une date q les uns firent concorder avec la XIP dynastie et que d'auti abaissèrent jusqu'à la XVIII® dynastie, c est-à-dire qu' en fil remonter la composition seulement au trente-ci quième, ou au dix-huitième siècle avant notre ère, au li du cinquantième. On voit l'écart. Pour ma part, je crois q le Papyrus Prisse n'est pas inférieur à la XIP dynas pour la date et qu'il contient des préceptes beaucoup pi anciens encore: car ce n'est certainement pas l'original ce document, mais au contraire une copie exécutée par i scribe qui trop souvent ne comprenait point le texte qu avait sous les yeux.

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