Euphémisme pour dire : Je mourus
égyptiennes à cette époque. Il nous montre d'abord quef, quelques précautions qu'on prit, il arrivait quelquefois que les tombeaux des ancêtres de la famille éprouvaient, soit par accident, soit par action volontaire d'autrui, des dommages qui nécessitaient une réparation complète ; car, quel que fût le respect religieux dont on entourât les tombes en Egypte, il ne manqua jamais de gens pour ruiner le bien d'autrui ou s'en emparer, s'ils le trouvaient bon à prendre'. Le restaurateur des monuments détruits est Ekhnoum-hôtep, le chef de la famille, le fils aine qui a succédé à son père dans les puissantes fonctions qu'il a trouvées au pouvoir de sa famille: ce fut un devoir pour lui comme l'indiquent les paroles où il dit à plusieurs reprises qu'il a fait revivre le nom de son père. Le premier devoir était donc de veilleran bon entretien du tombeau: la tombe était une propriété inaliénable qu'on était tenu de laisser intacte à ses enfants telle qu'on l'avait trouvée: mais, contrairement aux idées qui ont cours, ce n'était pas encore le tombeau de famille dont nous constaterons rcxistcncc sous la X VIII^ dynastie et le Nouvel- Empire thébain.
Le tombeau contenait avant tout ce que le t-exte cité appelle une salle à libations: la libation, c'est ici l'offrande que l'on devait faire au mort d'eau pure, d'eau non pas puisée dans les mares que laissait l'inondation aux abords des villages, mais prise dans les canaux, dans le ileuve ou dans les puits qu'on avait creusés. L'apport de l'eau pour étanchcr la soif du double était en elîet de première nécessité dans un pays où la chaleur est intense; mais l'eau ne suffisait pas, à elle seule, pour nourrir le défunt: aussi,
1. Je n'ignore pas qu'il faut souvent entendre les expressions dont les Égyf)tiens so servaient en ce ca« avec esprit de doutai; maïs ici quand on dit expressément que les piliers d'un tombeau avaient été détruits et que la salle avait êt<^ étayée sur des piliers neufs, je ne peux m'cmp<k*her d'ajouter foi à un aut«^ur qui prend la pt*écaution de si bien spécifier sa pensée qu'il enlève l'occasion du moindre' doute.
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parmi les articles du mobilier dont Ekhnoum-hôtep fournit les tombeaux qu'il restaura, se trouve « une table pour les offrandes et le repas funéraire ». Ce repas funéraire existait dès l'Ancien- Empire : les murs des mastabas de la nécropole de Saqqarah nous montrent comment il se pratiquait, depuis rarrivée de l'animal à immoler, depuis sa naissance même et la conception qu'en fit sa mère sous l'amour du mâle, jusqu'au moment où les membres de la victime sont placés devant le défunt. Les pyramides royales nous énumèrenttout au long les interminables listes des plats qui composaient, par exemple, le menu du repas funèbre de Pépi I*''. Il n'y eut guère de changement sans doute depuis l'époque des Pyramides jusqu'à celle du Moyen-Empire, puisque nous retrouvons encore les mêmes actes d'offrande et les mêmes oblations faites jusqu'au dernier moment de l'histoire d'Egypte, et qu'aujourd'hui même on peut voir en ce pays l'usage conservé de porter des provisions aux morts dans les cimetières modernes dits musulmans. Le seul progrès qui aitétéfait a été de suivre la marche des goûts de l'homme à travers les âges : le repas funéraire a toujours existé.
Sous r Ancien-Empire, les principales fêtes où l'on devait offrir des mets au défunt étaient : la fête du commencement de l'année, la fête de Thot au premier jour de l'an, la fête de la navigation, la fête de la grande panégyrie, la fête de la moisson, l'apparition du dieu Min, la fête de l'holocauste, les fêtes du mois, du demi-mois et tous les jours. Il est évident, je crois, que dès l'Ancien-Empire, on s'efforçait de faire partager au mort les bonnes choses dont on avait large nesure dans les jours de fête et de l'associer, autant que )ossible, aux réjouissances terrestres : il n'y avait pas encore, »u du moins je ne le pense pas, de fêtes particulières aux Qorts, sinon peut-être deux ou trois. Au contraire, écoutez maintenant Ekhnoum-hôtep racontant, dans un autre assage de son inscription ce qu'il a fait pour assurer une ie florissante au nom, c'est-à-dire au double de son père :
(( Je fis fleurir le nom de mon père, construisant ses chapelles de double..,, je choisis un prêtre de double^ je le constituai maitre de champs et de serfs, je décrétai des repas funéraires à toutes les fêtes de la nécropole, à la fête du nouvel an, à la fête du commencement de l'année, à la fête de la grande année, à la fête de la petite année, à la fête du bout de Tan, à la grande fête, à la fcte du grand feu, à la fête du petit feu, à la fête des cinq jours épagomènes, à la fête de la rentrée des grains, aux douze fêtes des mois, aux douze fêtes des demi-mois, à toutes les fêtes des vivants et des morts; que si le prêtre du double ou quelque autre individu y trouble quoi que ce soit, qu'il cesse d'être, que son fils ne soit pas en sa place'. » 11 est évident, à la simple lecture, qu'il y a dans cette énumération, certaines fêtes qui sont les mêmes que celles mentionnées plus haut, que d'autres au contraire sont nouvelles, peut-être parce qu'elles sont purement locales, enfin que des fêtes particulières aux morts ont été établies que nous ne connaissions pas pour l'époque précédente. Le culte des morts s'établit ainsi et se perfectionne; j'en vois la preuve dans la recommandation faite au prêtre du double de n'y rien changer, de se conformer entièrement aux prescriptions qui lui ont été faites, sous peine d'être dévoué à la plus terrible malédiction. Déjà, vers laX*^ dynastie, un nomarque de Siout prend soin d'énumérer les diverses sources de revenus qu'il affecte à l'entretien de son double, même le nombre des lampes qu on devait allumer en certaines occasions. Ce prêtre du double qui n'avait été sous l'Ancien-Empire
1 . Cette expression est grosse de conclusions. On l'explique d'ordinaire par le prétendu fait que le ûls succédait à son père, quoique les cliargos ne fussent pas héréditaires en Egypte : j'y vois, au contraire, la simple succession de vie, c'<'st-â-dire que l'auteur souhaite la disparition de la famille, la ruine de la maison, malédiction qui est autrement forte. Par conséquent il y a encore ici similitude de croyances entre TÉgypte et la Grèce, Rome, l'Inde et même la Chine.
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qu'un simple esclave chargé de veiller sur les approvisionnements du raort et que nous retrouverions à la fin de l'Empire égyptien, devait au nom de la famille remplir les ' actes (lu culte journalier. Il possédait pour cet office certains fonds de terre qui produisaient ce qu'il fallait i)Our approvisionner le défunt. Ce prêtre était-il choisi dans la famille ou hors de la famille? A la fin de TEmpire égyptien, quand on rencontre un prêtre du double de Chéops. il serait assez puéril, je crois, de soutenir que c'ét^iit un descendant des constructeurs de la grande pyramide ; de même aussi l'expression du texte « il choisit » pourrait jusqu'à un certain point donner lieu de croire qu'il en était ainsi dès la XII' dynastie, que le prêtre était pris hors de la famille, ou tout au moins hors de la famille immédiate du défunt. Quoi qu'il en soit, il est certain que ce prêtre du double éidÂi l'usufruitier des domaines réservés à l'approvisionnement du \ défunt, à condition de fournir la table du mort avec abondance et de ne le laisser manquer de rien de ce qui lui était nécessaire. Les stèles de la XI I^ dvnastie nous montrent aussi d'un autre coté que le culte funéraire rassemblait toute la famille, et non seulement les fils, mais aussi les femmes, les sœurs, les oncles, les cousins, tout ce qui montre enfin que la famille était constituée sous un seul chef, vrai chef de tribu reconnu par tous les membres de cette tribu. Il n'est donc pas téméraire de croire que le prêtre dn double était choisi parmi les membres de cette tribu, de préférence aux étrangers. Nous verrons plus tard que ce culte des ancêtres était Hmité à la famille du défunt.
Un autre progrès s'observe dans les funérailles. Sous l'Ancien-Empire, en de très rares circonstances on voit dans les toml>eaux un essai de représentation de diverses cérémonies des funérailles où Ton observe surtout le sacrifice funéraire ; dans le tombeau d'Ekhnoum-hôtep, nous nous trouvons en présence d'un progrès des plus mar(|ués. Cependant nous sommes loin encore du rituel complet des funé-
railles que nous rencontrerons dans les monuments du Nou^ vel-Empire. Aussi laisserai-je de côté, pour le moment, tout ce qui se rattaclie à ce sujet pour donner à la question les développements qu'elle comporte dans une autre partie de ce travail. De même si j'examinais ici les textes anciens du Livres des morts, nul doute que je pusse y trouver quantité de renseignements applicables à cette époque; mais je préfère aussi les garder pour le moment où je traiterai du degré le plus élevé auquel soit montée la morale en Egypte. -
Tout ce qui précède a été tiré par conclusion des divers documents qui nous sont restés de cette époque; car nous n'avons aucun document, inscription ou papyrus datant de cette époque qui soit consacré à un sujet moral particulier, sinon ceux que j'ai analysés tout au long dans le chapitre précédent et qui, s'ils ont été écrits sous le Moyen-Empire, renferment des maximes encore plus anciennes. D'ailleurs tout ce que je viens de dire se rapporte spécialement aux idées qu'on appelle religieuses: il n'y a rien qui ait rapport aux relations sociales, celles qui montrent le mieux les progrès accomplis dans la voie morale. Sur ce point nous allons être plus heureux que sur les précédents; car, non seulement nous avons des allusions aux diverses relations de société dans la civilisation égyptienne, mais nous possédons encore deux ou trois autres documents particulièrement importants pour notre sujet. Ces documents sont funéraires : ce sont des stèles qui nous fournissent les renseignements suflfîsants pour traiter cette question. Je sais autant que personne que les Égyptiens anciens étaient de grands mystificateurs et j'ai été le premier, je crois, à démontrer que cette qualité était restée chez leurs successeurs modernes. Le seul énoncé des paroles employées dans leur sens obvie est tout ce qu'il me faut ici pour constater le progrès de la moralité humaine dans les relations sociales. Peu m'importe donc que les Égyptiens aient réellement eu les qualités, même les vertus, que nous les voyonss'attribuer à eux-mêmes dans les
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inscriptions des tombeaux: il me suffit de voir que certaines ÈCtions étaient jugées meilleures que d'autres, qu'on était fier «oit de les avoir réellement faites, soit de se les attribuer, mcnsonjfèreraent, ou tout au moins d'une manière très exagérée, pour que je puisse les examiner, les peser et juger si ellesont été réellement utiles à la race égyptienne en particulier, à la civilisation humaine en général, comme les Égyptiens le disaient. Or, je le dis d'avance sans crainte de me tromper, ces actions ont été grandes, nobles, vertueuses, utiles au genre humain par le grand souffle de moralité qui les animait, et le peuple qui les a pensées, sinon réellement accomplies, a été un grand peuple. Le lecteur qui va parcourir les quelques pages suivantes y trouvera, trois mille cinq cents ans au moins avant Jésus-Christ , le langage biblique et évangélique tel que devaient le faire entendre plus tard les livres hébreux et le sermon sur la Montagne, et dès lors il pourra juger si en vérité l'Egypte a été le pays figé dans ses habitudes traditionnelles qu'on l'a^îcuse d'avoir été, ou si elle n'a pas subi la loi commune du progrès et si elle ne peut pas à bon droit être rangée parmi les nations qui ont le plus fait pour le progrès de l'humaniU^..
Dès la X* dynastie on sent que la terre égyptienne est soulevée par un souffle puissant de justice. Dans les tombeaux de Siout, parmi les récits de guerre qui ont été gravés sur les parois des tombes colossales creusées dans la montagne de cette ville, on trouve des inscriptions d'un tout tutre genre et Ton voit que le gouvernement civil avait tout utant attiré l'attention des Seigneurs do ce nome que les êtes guerriers qu'ils ont accomplis. Ils se vantent d'avoir iTiené l'eau en abondance dans des endroits où personnes no ivait vue auparavant, d'avoir donné ainsi aux petits la cilité de s'approvisionner d'eau courante le matin, au ilieu du jour et le soir; cette eau avait fertilisé la terre et s effets de cette fertilité s'étaient montrés sous un double pect. D'abord les bestiaux avaient pu être plus nombreux
qu'ils n'avaient été jusqu'alors, le maître du nome avait multiplié les vaches laitières utiles et nécessaires à l'alimentation du pauvre; de l'autre côté, le Seigneur du nome avait acclimate dans le pays du Sud le blé du Nord de l'Egypte, et tout homme dans sa principauté avait pu se nourrir do froment au lieu de dourah. Sous son principal, les petits, les veuves, les orphelins avaient été spécialement l'objet de soins et d'attentions humanitaires : personne, parmi eux, n'avait eu à se plaindre de la faim, chacun avait été rassasié. Il y a certes là quelque exagération, car encore aujourd'hui le fellah se nourrit toujours de dourah, et d'ailleurs il ne faut pas grand'chose pour rassasier l'Égyptien. Mais ne voit-on pas, malgré cette légère emphase, que le sentiment de fraternité humaine s'accroît déjà dans le coeur égyptien, d'autant plus que les mêmes serviteurs étaient aussi considérés comme faisant partie de la famille?
Si je me tourne maintenant du côté de Beni-Hassan, au nord de Siout, dont les princes étaient des plus puissants sous la XII^ dynastie, outre ce qu'on peut conclure de l'inscription d'Ekhnoum-hôtep que j'ai citée plus haut, voici ce que dit un autre prince de ce nome de la Gazelle, nommé Amoni: « J'ai fait tout ce que j'ai dit, car je suis le gracieux, l'aimant, le prince qui chérit sa ville. J'ai passé, certes, des années comme prince dans le nome de la Gazelle et tous les revenus de la maison royale ont existé par mon fait. J'm donné au surintendant des vassaux attachés aux temples des dieux du nome de la Gazelle trois mille taureaux avec leurs vaches et j'ai été en faveur pour cela dans la maison royale chaque année; car, les vaches laitières, j'ai porté leurs produits au palais royal et nulle redevance n'a été plus forte que la mienne dans tous ses entrepôts ; j'ai mis en rapport le nome do la Gazelle tout entier par mes courses fréquentes^ et il n'y a pas enfant mineur que j'aie mis en deuil, il n'y a pas veuve que j'aie dépouillée, il n'y a pas laboureur que j'aie repoussé, il n'y a pas berger que j'aie
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emprisonné, il n'y a pas chef de cinq hommes à qui j aie pris ses hommes pour la corvée; il n'y a pas eu de misérable eu mon temps, il n'y a pas eu d'opprimé à mon époque; car, s'il se produisait des années de disette, je labourais toutes les terres labourables du nome de la Gazelle jusqu'à ses frontières du Nord et du Sud, j'en faisais vivre les vassaux, faisant des provisions pour ce nome, si bien qu'il n'y eut affamé en lui : je donnais à la veuve comme à la femme qui a un mari et je ne faisais aucune distinction entre le grand et le petit en tout ce que je donnais. Et voici, quand il y eut des Nils hauts et que les possesseurs de champs devinrent riches en toute chose, je ne frappai les champs d'aucun impôt nouveau . »
Quand même certaines parties de ce texte semblent se rapporter davantage à l'administration politique de l'Egypte en général et du nome de la Gazelle en particulier, cependant on ne peut nier que le prince Amoni n'entendit assez bien lesdevoirsde sa position. Je veux bien croire que s'il agissait ainsi, c'était surtout en vue d'obtenir cette faveur royale dont il parle avec tant de complaisance; mais pourquoi ne croirais-je pas aussi bien qu'il portait en sa poitrine ce cœur aimant dont il parle dans les premières lignes que je viens de citer, qu'il avait une parfaite conscience de ses devoirs envers ses administrés et que, s'il les a remplis comme il le dit, il fut autant le père que le chef politique de son nome ? Lui aussi, il prend soin de multiplier les bestiaux et de les donner au surintendant des vassaux dans les temples, afin de faciliter la vie à ces pauvres gens; lui aussi, il se vante, je le veux bien, d'avoir été juste, non violent envers les humbles, învers les fellahs, les bergers, les chefs de cinq hommes, l'avoir prévenu les années de disette, d'avoir également raslasié tous ses sujets et même de n'avoir point élevé les mpôts dans les années d'abondance, celles où il y avait eu, tomme il est dit, des Nils hauts, des inondations abonlantes, ce qu'il n'eût pas manqué de faire s'il eût été un
mauvais prince ou simplement un prince entendant bien intérêts personnels et les faisant passer avant les intérêti^ généraux de ses sujets*. On aura beau dire, on ne fera janwiff que ces actions n'aient été présentées comme des action» dignes d'éloge au premier chef et qu'en agissant ainsi, lef seigneurs du nome de la Gazelle n'aient eu en vue, au moini en partie, le bien de leurs subordonnés, en admettant que^ rintérôt particulier qu'ils avaient à assurer leur vie bienheureuse dans l'autre monde eût suffi à lui seul pour leur faire accomplir de véritables actes de charité extérieure.
Si nous remontons maintenant le cours du Nil et que nom voulions considérer la principauté d'Abydos et savoir ce qui s'y passait, comme nous venons de voir ce qui se passait dans le nome de la Gazelle, nous trouverons encore mieux: que ce que nous avons vu jusqu'à présent. Le monument dont je veux ici parler est connu sous le nom de stète d'Entef : il se trouve au Louvre où chacun à Paris peut aller le contempler, sinon le lire*. Ce monument nous présenteà son sommet un grand personnage assis sur un siège et auquel son frère Ahmès. avec son lils Teti, rend les hommages du culte funéraire. Il était premier lieutenant du roi, gouverneur de la ville de Thinis et du nome d'Abydos. Tout le reste de la stèle est occupé par une magnifique inscription qu'il me faut citer tout entière; car, à chaque instant, les actions morales y sont mélangées aux actions civiles. Elle débute par des paroles qui, mieux que tout ce que j'aurais
1. Il resterait à dire si la contre- partie de cette bienveillance 8*eit ressentie de ces bons sentiments, c'est-û-dii-e si dans les années de disette le prince a remis une partie de leurs redevances à ses sujets; l'auteur de l'inscription ne s'explique pas sur ce point, mais la chose n'est pas inouïe en Egypte et, sous la XVI 11« dynastie, nous voyons que le Pharaon Aménopbis III remet à ses sujets une partie des impôts qu'ils n'avaient pu payer.
2. C'est la st<>le cataloguée C. 55 dans le Musée du Louvre, dans La salle basse du Musée Egyptien, à gauche.
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pu dire, feront comprendre les idées intimes du peuple ^ptien en présence de la mort^ : « 0 vous qui vivez sur terre, hommes, prêtres, maîtres des cérémonies, vous qui .-entrerez dans cette demeure funèbre, vous qui aimez la vie et repoussez la mort, qui louez les dieux de vos pays et qui n'avez pas goûté les mets de l'autre monde, quand vous reposerez dans vos tombeaux, puissiez-vous transmettre vos dignités à vos enfants ! Soit que vous récitiez les paroles gravées sur cette stèle, comme il convient à un scribe, soit que vous les écoutiez, dites ainsi : Royale otïrande* à Amon, maitre des trônes de la double terre, afin qu'il accorde des milliers de pains, des milliers de liquides, des milliers de nuets de viande de bœuf, des milliers de mets de chair de volatiles, des milliers de bottes de lin, des milliers de toiles au(i)u6fe du grand chef héréditaire qui marche en avant, décoré du collier de vie, le compagnon unique qui a rempli le cœur du roi comme commandant des archers, (jui a compté les amis, qui a conduit Télite, qui a amené les souverains morts en leur place, le commandant des commandants; seul dans la multitude, il est arrivé au faite des honneui's du gouvernement dans la demeure insigne, en sorte qu'il a porté la parole aux hommes*. 11 a énoncé toutes les affaires dans la double Egypte, il a parlé sur toute chose
1. Je cite la traduction qu'a donnée de cette stèle E. de Rougé, tout en prenant la liberté de faire quelques changements dans les passages où j'ai cra que le sens n'était pas tel que l'avait compris Téminent restaurateur des études égyptologiques, comme c'était mon droit et mon Jevoir.
2. C'est ici la formule habituelle qu'on nomme d'ordinaire le proscyléme (lesitii^é à assurer l'alimentation du double dans la tombe. Il comoence toujours par ces mots Royale offrande parce que les Pharaons aîsaient de grandes oblations et que primitivement c'étaient eux qui lonnaient ies offrandes aux membres de la famille, et la formule s'est insi conservée.
3. C'est-A-dire qu'il a servi d'intermétliaire entre le Pharaon et ses
ujet.'ï.
dans le lieu du secret \ Quand il entrait, il était acclamé ? quand il sortait, il était loué. C'est lui qui plaçait chacun sur* le siège de son père*, et il a contenté les cœurs; car il était bon parmi les bons. Les chefs se tenaient attentifs i au bouche, car il donnait les entrées au palais et composait les règlements dans la demeure du Pharaon afin que chacun connût ses devoirs. Il employait ses eflorts . . . *, toute son ardeur dans Tintériour do la grande demeure*; il réduisait le criard au silence, il décernait ce qui était utile. Excellent dans le lieu du silence, c'est lui qui était le régulateur de la balance du Dieu bon*. 11 donnait la direction aux hommes pour leurs actions et toutes ses paroles s'accomplissaient comme tout ce qui sort de la bouche du dieu. Il a été placé à la tête des hommes pour compter leurs redevances envers le roi et établi sur toutes les nations étrangères pour fixer te tribut de leurs princes. Habile à compter les quantités, bien pourvu de..., il connaissait le dessein du cœur du roi, il était la langue de celui qui habite le palais, les yeux du roi de la Haute-Egypte, le cœur du maître de la maison des. doctrines pour le pays tout entier. Il châtiait le rebelle et donnait le repos à Thoinme tranquille... Il repoussait le bras du malfaiteur, car il employait la violence contre les violents: mais il était maître de son cœur vis-à-vis de ceux qui étaient maîtres de leurs cœurs. Il abaissait l'épaule de l'orgueilleux, il annihilait l'heure du cruel,- il soumettait les
1. C'est-à-dire : dans le conseil privé. Il est parlé de la Double Egypte, ' parce que toujours la vallée du Nil a été partagée en deux, la Haute et la Basse- lîgypte.
2. Il faut entendre cette phrase dans le sens de ceux qui arrivaient! pouvoir prendre la suc(*ession de leurs pères: les charges n'étaient pas héréditaires en Kgypte. Cette phrase montre Texcellence de son admi^ nistration.
3. Ici, comme plus loin, une petite lacune provenant du bris delà pierre.