HYMNE A AMON-RÂ
Hommage à toi, Amon-Râ,
Maître du trône des deux régions qui résides dans Thèbes,
Taureau de sa mère qui réside dans son champ !
Celui qui écarte les jambes résidant dans la terre du Midi,
Seigneur du pays des Madjaou, commandant de l'Arabie %
Roi du ciel, prince de la terre,
Seigneur de ce qui est, soutien de toutes choses!
Un dans ses rôles, comme avec les Dieux,
Beau taureau de la neuvaine divine, chef de tous les dieux,
Maître de la vérité, pèi-e des dieux.
Auteur des hommes, producteur des animaux^
Seigneur de ce qui est, producteur des plantes nutritives,
Auteur des pâturages qui nourrissent le bétail !
1. C'est-à-dire maître de rOccident et de l'Orient, comme il était maitr< du Nord, ce qui est exprimé par son champ, et du Midi.
[ DANS l'kGYI^TE ANCIENNE 169
Germe divin produit de Petah, bel enfant de l'anoour.
Les dieux lui font des adorations;
Auteur des choses inférieures ot supérieures, il illumine la double terre,
Traversant le ciel en paix,
Roi du Midi et du Nord, soleil just€ de voix, chef de la double terre.
Grand de la vaillance, maUre de la terreur,
Chef qui fait la terre comme son image,
Dispensateur des destinées plus qu'aucun dieu!
Sont réjouis les dieux par sa lumière, Sont donnés à lui des adorateurs dans la grande demeure Ei ^es manifesta tours dans la demeure de la flamme, Aiment les dieux son parfum quand il arrive d'Arabie; Prince des rosées, quand il descend au paya des Madjaon, Beau de visage, quand il arrive au pays de Tonouter '.
S élancent les dieux à ses pieds,
Lorsqu'ils reconnaissent sa majesté comme leur maître,
Disant : Maître de la crainte, grand de la terreur,
Grand des âmes, possesseur des diadèmes,
Toi qui fais croître les offrandes, qui fais les provisions fraîches.
Adoration à toi, père des dieux, qui a suspendu le ciel, repoussé la terre.
Veilleur sain, ô Khem-Amon,
Maître du temps, auteur de Téternité, t
Seigneur des adorations dans Thèbes,
Ferme des deux cornes, beau de visage !
Maître de la couronne ousert, qui élève la double plume.
I^âu du diadème, qui élève la couronne blanche,
^ serpent Mehen et les deux urfeus sont les ornements de ta face!
Son ornement dans le sanctuaire,
Cest la double couronne rouge et blanche, la coiffure ncmès etle casque;
^u de visage, il prend le diadème atvf;
^'it aimés son Midi et son Nord ;
^'^ifre de la double couronne, il prend le sceptre âmes,
^^itre du sceptre mahes et du fouet nchhckh.
r^^U chef qui apparaît avec la couronne blanche, I ^Ure des radiations, qui produit la lumière, ^ dieux lui font des acclamations.
^* C'est à-dire la région divine.
Donnant ses deux mains à celui qu'il aime,
Il est la terreur de son ennemi par la flamme;
C'est son œil qui repousse les impies ;
Il en fait un épieu qui perce Tabime primordial.
Et il fait vomir au serpent Nak tout ce que celui-ci avait avalé.
Hommage à toi, Rà, maître de la vérité,
Mystérieux de sa chapelle, maître des dieux;
Khepra dans sa barque,
Quand il émet la parole, tous les dieux existant,
Toum, créateur des ôtres intelligents,
Qui détermine leur manière d'être
Et qui fait leurs existences,
Qui distingue Tune de l'autre les couleurs de leur peau.
Celui qui exauce la prière de qui est dans l'oppression, Doux de cœur lorsqu'on l'invoque.
Délivrant le timide de qui a le cœur violent, Juge du puissant et du malheureux !
Maître de l'intelligence, substance est sa parole! Est venu le Nil par sa volont<*.
Maître de la palme, grand de l'amour, Il est venu réjouir les êtres intelligents. Donnant le mouvement à toute chose, Quand il a agi dans l'abîme primordial, Ont été produites les délices de la lumière; Les Dieux se réjouissent de sa beauté Et leurs cœurs vivent lorsqu'ils le voient.
Soleil unique dans Thèbes, grand des diadèmes dans Héliopolis,
Dieu A/i/, maître de la fête de la nouvelle lune,
On fait pour lui les six jours de fête du demi-mois.
Prince suprême, maîtrtî de tous les dieux.
Qui se fait voir dans l'horizon.
Chef des ctres qui habitent Aougcr,
Mystérieux est sou nom plus que ses naissances,
A savoir dans son nom d'Amon (le caché).
DANS l'kGYPTE ANCIENNE 171
Houiiiiai^' à toi. qui es dans le rei)os,
Nfaitre de la joie, possesseur des diadèmes.
Maille do la t'ouN)nne OM.s^r/, qui êl«èves la double plume!
Les .lieux aiment à te voir.
Quand la double couronne rouge et blanche est ferme sur ton front;
Tu «.s aimé, quand tu apparais avec tes deux yeux;
Taliimièri» naissante ravit les iMres,
Ta radiation fait faillir les créatures
Et tua amour est dans le ciel du Midi,
Ta grâce dans le ciel du Nord :
Ta beautt^ s'empare des cœurs,
Ton amour fait tomber les bras,
Tes wallons sont ^>elles ^ paralyser les mains,
Les coîurs se fondent en te voyant.
Forme unique produisant toute chose,
Ktrequi esseul, produisant les existences,
l« hommes sont sortis de tes yeux
Et sa parole est devenue les dieux :
Auteur des herbes qui nourrissent le bétail
Et des plantes nutritives pour le» humains,
Cfloi qui fait que sont nourris
I^ poissons du fleuve et les oiseaux de Tair,
Qoi donne le souffle à ce qui est dans l'œuf;
^^lui qui nourrit les canards dans les canaux
El qui fait que sont nourries les oies sauvages,
ï-^ reptiles rampants et ceux qui volent de même;
Celui qui fait les provisions des rats dans leui-s trous,
Nourrissant les insectes dans tous les bois !
Hommage à toi, auteur de toutes les formes,
te un qui est seul, quoique ses bras soient nombreux^
Qui. quoique dormant, veille sur tous les humains qui reposent,
Hecherchant le bien de ses créatures!
Dieu Amon. qui maintiens toute chose,
Touni et Horemakhouti t'adorent dans leurs paroles.
Adoration à toi qui demeures en nous;
Prosternation devant toi, parce que tu nous as produits.
Hommage à toi, par toutes les créatures I Acclamation à toi en toute région,
Jusque dans la hauteur du ciel, la largeur delà terre,
La profondeur de la mer.
Les dieux courbés devant ta majest*».
Exaltent les à mes de leur producteur ;
Joyeux des stations de celui qui lésa engendrés,
Ils te disent : Viens en paix, ô pèwî des pères des dieux,
Qui as suspendu le ciel et refoulé la terre !
Auteur des choses, producteur des êtres.
Prince suprême, chef des Dieux !
Nous adorons tes âmes, comme tu nous fais.
Quand tu agis en nous enfantant.
Hommage à toi, auteur de toute chose,
Maître de la vérité, chef des dieux,
Auteur des hommes, producteur des animaux.
Seigneur des grains qui nourrissent les animaux de la terre,
Amon, taureau beau de visage, chéri dans Thèbes.
Grand des diadèmes dans Héliopolis,
Multiplicateur des couronnes dans Hermonthis^
Qui juges les deux adversaires dans la grande salle!
Chef delà grande neuvaine des dieux,
Un qui est seul, sans qu'il ait son second !
O toi qui résides dans Thèbes,
Dieu A ni, qui es dans la neuvaine des dieux.
Qui subsiste chaque jour par la vérité,
Dieu des deux horizons, épervier de l'Orient,
Qui a produit les montagnes, l'argent, Tor,
Le vrai lapis- lazuli, par sa volonté ;
Les grains d'encens mélangés au pa^'s des Madjaou
Et les parfums à'anti verdoient pour ses narines.
Beau de visage qui entre au pays des Madjaou.
Amon-Rà, seigneur des trônes des deux pays.
Toi qui résides dans Thèbes,
Dieu Ani, qui résides dans ta chapelle !
Roi des dieux, il est un comme avec les dieux !
DANS l'Egypte ancienne 173
Xombreax sont ses noms, sans qu'on en connaisse la quantité, Se levant à l'horizon oriental, Secoacbaot à l'horizon occidental.
Quand il renverse ses ennemis.
Ad matin de sa naissance journalière,
Thot exalte ses deux yeux ;
Lorsqu'il se couche dans ses splendeurs,
L^ dieux sont en joie à cause de ses beautés,
Et exultent tous ceux qui sont dans sa suite d'adorateurs.
Maître de la barque Sekti et de la barque A/,
Qui parcourent pour toi Tabime primordial en paix,
Tes nautoniers sont en allégresse,
Lorsqu'ils voient qu'est renversé Timpie,
Que le glaive perce ses membres,
Que la flamme le dévore,
Que son âme est écartée de son corps,
Ktque le serpent Nak enlève ses jambes.
^ dieux sont en allégresse,
^ nautoniers du soleil sont satisfaits ;
HéJiopolis est en allégresse,
^f les ennemis de Toum sont renversés :
^^èbes est en joie,
"^liopolis est en allégr3sse !
^ coîur de la Dame de oie est satisfaite
'^*^ce que les ennemis de son seigneur sont renversés :
^ dieux de Kkcra sont en acclamations,
^^x qui habitent Khennou sont en prosternations,
^*rce qu'ils le voient puissant en sa domination.
* • • germe des dieux,
^^Uté, maître de Thèbes,
^ ^st en son nom d'auteur de la vérité;
^^ître de provisions fraîches, fécondateur des offrandes,
^ ^sît en ton nom d'Amon, taureau de sa mère.
auteur des humains, qui fait être la forme de toute chose,
^ ^st dans ton nom deToum-Kliôper.
^. Cest-à'dire la région funéraire qui a pouvoir sur tous les êtres et que '^ ssoleil parcourait pendant la nuit.
Grand épervier qui met en fête le buste. Beau (le visage qui met en fôte la mamelle,
Image qui ôlèves le diadème,
volent deux urœus à son avant,
S'élancent vers lui les cœurs des hommes,
Se tournent vers lui les ôtres intelligents.
Il met en fête les deux régions par son apparition.
Hommage à toi, Amon-Rà,
Seigueur des trônes des doux pays :
Sa ville aime son apparition.
Tel esf cet hymne dont les expressions étranges et les figures heurtées, barbares, peu en harmonie avec notre manière de penseur, semblent au premier abord défier Tintelligence de celui qui cherche à comprendre le fond des idées qui s'y trouvent exprimées. J'ai voidu le citer en entier afin de montrer cpie ces idées n'y étaient pas d'une pureté sans mélange de scories et combien était vrai ce que j'ai eu Toccasion de dire au commencement de cet ouvrage, à savoir que les divers états par lesquels était passée la pensée humaine s'étaient en (pielque sorte stratifiés et se retrouvaient en Egypte à toutes les époques. L'état dans leque cet hymne nous est parvenu n'e^t sans doute pas celui dan^ lequel il fut composé; mais quel (jue soit cet état et malgré l'imperfeciion de la traduction (pie j'ai citée, on y peut voir, je crois, sans aucune» crainte de se tromper, quelles étaient sur la ({uestion d(» rexistt^nce de Dieu les idées de l'auteur et. par conséquence, (juels étaient les progrès opérés par la pensée humaine en Egypte à son épo(|ue\
Tout d'abord, malgré la multiplicité des noms divins qui
1. Ce fjui caust* l'aspect «Hraiige de cot hymne, ce sont les allusiouî mytliologiqucs et les descriptions archéologiques. Malheureusement poui les pi-emières, la science n'est pas parvenue à i>ouvoir les expliquer, parce qu'il lui man<iue une base nécessaire, à savoir la connaissance des légendes; pour les secondes, il sutlit de i-egarder les diverses représentations de la divinité (tuncrète pour pouvoir facilement les saisir.
se rencontrent dans cet hymne, Tauteur appuie spécialement sur l'unité de ce Dieu, et cela en plusieurs passages, lorsqu'il l'appelle le Un qui est seul; mais nulle part il ne le fait avec plus de précision que dans le vers où il dit que ce Dieu un n a pas de second, c'est-ii-dire de semblable. Cette unité si bien établie ne comporte point de mariage divin : aussi, nulle part, il n'est question de déesses. Si, malgré cette unité de la personne divine, il est encore question de dieux, de neuvaines de dieux, ces dieux sont un vieux reste des anciennes doctrines qui avaient eu cours en Egypte dans lasuite des siècles, et d'ailleurs l'auteur nous avertit luimême que les noms de son Dieu, comme ses bras*, sont divers, innombrables et mystérieux. Sans doute, certaines expressions de l'hymne laissent supposer que l'esprit humain n'avait pas encore complètement dégagé la notion de Dieu de toute pensée matérielle; mais nos idées n'ont pas encore su trouver de semblables expressions, à l'abri de toute notion matérielle, même chez les auteurs les plus spiritualistes, et, quand on parle de Dieu qui
...Entend les soupirs de l'humble qu'on outrage,
il faut bien admettre que le Dieu spirituel auquel nous croyons possède des oreilles, puisque jusqu'à ce jour pour entendre on n'a su trouver mieux que des oreilles. En tout cas, s'il fallait prendre ces expressions au pied de la lettre, la religion égyptienne partagerait la destinée de toutes les religions en usage dans l'humanité.
Le dieu de notre hvmne est aussi le créateur de toutes
!• h^bras dont il est ici question ne se comprennent guère à moins d'avoir connaissance des monuments égyptiens de la XVIII' dynastie. Dinsle passage où ces bras sont mentionnés, il est question du soleil ^oin'apasde bras, sauf dans les représentations du temps d'Araéiiophis IV, ou Kboueuaden, où l'astre du jour est représenté rayonnant et chacun de ses rayons est représenté par un bras et sa main, pour recevoir les offrandes et donner ce qu'il a adonner.
cliosos, des êtres les plus élevés comme des plus communs, des dieux et des hommes, comme aussi des êtres inférieurs, des bestiaux, des oiseaux, des reptiles, des poissons, des insectes, de tout ce qui croit dans les champs. C'est lui qui a créé la merveille de TÉgypte. ce Nil tant chantédes poètes, tant aimé de tous les Égyptiens, la cause de la splendide fertilité de la terre noire \ Et non seulement, il a tout créé ; par rémission de sa voix, mais il conserve tout; sa bonté s'étend jusqu'aux moindres êtres, il donne la nourriture aux ] rats dans leurs trous et c'est lui qui pourvoit aux provisions ^ des insectes qui rongent le bois. 11 n'y a pas si petite chose : qui lui échappe et dont il ne s'occupe, et l'on pourrait déjà ; dire de ce dieu ce que saint Augustin dira plus tard du Dieu qu'il adorera : a Deus creavit Angeles in cœlis et vermiculos \ in terris, nec major in istis, nec minor in illis. »
Aux petits des oiseaux il donne la pîltupe Et sa bonté s'étend sur toute la nature.
Ces deux vers célèbres résument admirablement les idées égyptiennes sur la providence du dieu qu'avaient conçu les prêtres de l'Egypte.
Ces idées ont d'ailleurs été exprimées plus particulièrement et en détail ])ai' un document dont je dois parler ici et qu(î je dois aussi citer tout nu long. Il a été découvert en son entier il y a environ dix ans; mais certaines parties en étaient connues auparavant. Il appartient à une époque spéciale de l'histoire égyptienne, à cette partie de la XAIII*^ dynastie qui vit le triomphe de ceux qu'on appelle tout à fait à tort les l'ois hérétiques, (^es rois tentèrent de détacher rEgyi)te du culte d'Amon, le dieu de Thèbes, dont les prêtres avaic^nt pi'is une inlluence prépondérante, luttant parfois avec l'infhience royale, jusqu'au moment où ils
1. C'est-à-dii-e de l'Kgypte, carie nom de l'KgypteeD égyptien, Â7mi, signifie terre noire.
DANS l'Egypte ancienne 177
)Ossédèrent celle-ci à leur profit. Ils s'efforcèrent de mer en échange un autre dieu à TÉgypte, et ce dieu, ils Tallèrent point chercher dans la Palestine, comme on Ta Hendu quelquefois, mais ils le prirent tout simplement Qs la plus vieille école de divinité de TÉpfypte, à Héliolis, où le dieu avait son temple, et ils le dénommèrent ien, c'est-à-dire le disque solaire, autre nom du dieu Rà, mme le prouve le nom du prêtre de Râ qui était aussi lui du prêtre d'Aden. Cette tentative de restauration et ssi d'unification religieuse que quelques Égyptologues ont ise pour une tentative de monothéisme obligatoire, et ec assez de raison, passa rapidement, car dans les croyances ligieuses il est bien rare qu'on puisse établir quoi que ce it par la force et la violence; mais les grands prêtres \mon durent céder sur certains points, reconnaître le uveau dieu et lui donner une place près d'Amon et de i\ sans compter qu'elle dut entrer pour quelque chose as la progression de la pensée égyptienne à cette époque, i moins ne passa-t-elle point sans avoir laissé une œuvre uarquable qui montre bien que les idées de la religion uvelle d'Aménophis IV sont les mêmes que celles dont us avons vu Tempire dans l'hymne déjà cité. Ici la poésie plus réaliste : mais le dieu d'Aménophis IV prenait, ssi bien qu'Amon-Ra, soin de tous les êtres qu'il avait )és et veillait sur toute créature d(»puis les infini- ?Qt petits jusqu'aux créatures les plus élevées. Voici cet mne :
«Splendide est ton lever à l'horizon céleste, ô Aden, dieu (-ant. principe de vie, quand tu parais à l'Orient, remplisnt la terre de tes bienfaits. Doux et grand, tu resplendis i-dessus de la terre; tes rayons enveloppent l'univers, renint la vie à toutes les créatures. Avec Rà, tu t'avances
1. C'est ce que j*âi démontré dans un article sur Un tombeau égyptien^ ttbliédans la Reçue de l'histoire des religions, mai-juin 1890.
vers elles, tu les enserres de ton amour, tu dardes tes rayon sur terre et le jour suit tes pas. Quand tu te couches à TOcci dent, la terre est dans la nuit, comme un mort couché dans sa tombe bien close ; les yeux ne voient plus, les objets s'effacent, chacun a caché sa tête. Les grands quadrupèdes cessent de courir après leur proie, les reptiles de sortir de leur trou pour mordre. Le ciel lumineux s'obscurcit et la terre devient comme si les créatures se faisaient muettes, leur créateur ayant disparu de Thorizon. Au matin, s'il appir rail éclatant sous la forme d'Aden, en jour qui dissipâtes ténèbres, tu répands tes rayons et la terre est en fête: les yeux s'ouvrent, les créatures se dressent sur leurs pieds, cir tu les as ranimées, tu as rafraîchi leurs membres et elles commencent par étendre leurs mains vers toi. La terre entière est en imploration à ton lever. Chaque être remplit sa fonction: les animaux so couchent dans leurs herbes, les arbres et les plantes s'épanouissent, les oiseaux volent hors de leurs nids et leurs ailes se tendent. Implorant ton image, les animaux meuvent leurs jambes, les oiseaux agitent leuis ailes : ils vivent parce que tu les as éclairés. Les barques montent et descendent le Nil en même temps que tu marches. Ton apparition incite les poissons du fleuve à se mouvoir vers toi. Tes rayons (jui pénètrent jusqu'au sein de la grofià certes font que les femelles sont fécondées, que la semence se forme chez les mâles et (|ue l'enfant est animé dans le sein de sa mère. Tu l'apaises, tu lempèches de pleurer, tuefi sa nourrice, dans le sein maternel. C'est toi qui donnes h souille nécessaire pour animer tous ses actes : il s avanc< ainsi dans le sein jus(jua ce que soit arrivé le jour des^ naissance. Alors tu ouvres sa bouche aux paroles, tu forme tout ce qui lui est nécessaire. Lorsque le poussin est daa l'dHif ... au sein de l'amf, tu lui donnes le souffle pou l'animer. Tu Tas doté de tout ce qui lui est nécessaire poi: