‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 64 sur 212 · Cest-à-dire : Bonne · texte numérisé non relu

Cest-à-dire : Bonne

2. Ceci doit ôtre entendu au figuré, comme le montre le contexte, et Don pas au propre, ainsi que tout le monde l'a entendu. On en a tiré la conclusion que tous les égyptiens devaient préparer leur tombeau dès leur bas âge, ou tout au moins d(>s leur âge viril. C'est une eri-eur : les Égyptiens n'avaient de tombeau que si le Pharaon leur en octroyait; niai.s ils devaient tous pratiquer la vertu et ainsi préparer leur tombeau, que le Pharaon leur accordât ou non une sépulture particulière.

3. C'est-â-dii^ : Dans toutes les actions que tu as à faiio comme surveillant, de sorte que tu agisses avec justice ; ou: Dans toutes les actions que tu as à faire et sur lesquelles tu devras réfléchir ensuite, pour voir si elles ont été faites avec justice.

4. C'est-à-dire: Agis bien, et quand la mort arrivera pour toi, elle te trouvera prêt. Le messager de mort dont il est ici question est un ou plusieurs esprits qui se tenaient aux côtés du moribond, â Theure de la mort, pour l'assister ou pour lui arracher avec violence l'Ame qu'il tardait à rendre. C'est du moins ce que l'on pensait à l'époque copte. Ces idées sont tellement éloignées des idées chrétierines qu'on ne jxîut y voir que les vieilles idées égyptiennes conservées avec soin dans le peuple. Cf. E. Amélineau, Vie de PahUômc, p. 121-12:î, dans les Annales du Musée Guimct, t. XVII.

jeune homme : « Saisis-toi de moi ! » car tu ne connais pas quelle doit être ta mort. La mort vient, elle s'empare du nourrisson qui est dans les bras de sa mère, comme de c«?lui qui est devenu vieux. Vois, je t ai dit des choses excellentes que tu dois considérer en ton co3ur : fais-les ; tu deviendras un homme bon et tous les maux seront éloignés de toi. »

Je ne suis pas certain que cette considération de la mort fût une panacée aussi efficace pour la guérison de toutes les misères humaines que lèvent bien dire notre auteur :1a pensée de la mort ainsi entendue est une pensée débililiwite et rhomme ne devrait point s'y attarder; mais je crois qu'on ne saurait assez admirer que de pareilles paroles se trouvent déjà sous un calame égyptien quinze cent«î ans au moins avant notre ère, car on a fait de ces pensées mystiques un monopole pour le christianisme. Voici bien une preuve convaincante qu'elles étaient connues de Tancienne Egypte. De dire ici ce que peuvent être les effets d'une pareille maxime, ce n'est guère le lieu : ils sont considérables dans l'un ou l'autre sens et je crois, pour ma part, qu'ils sont plus pernicieux qu'utiles à celui qui suit les conseils du moraliste, Thomme étant fait pour agir et non pour rêver. Mais sous la phraséologie dans laquelle s'enveloppent les idées, il y a des observations qui nous paraissent toutes naturelles, qui le sont en elTet, maiscju'on ne pouvait guère s'attendre à trouver en Egypte. Cela nous montre combien les penseurs égyptiens avaiiMit pénétré loin dans toutes les voies qui s'ouvrent à l'esprit humain.

Avec ce précepte se terminent ceux qui ont rapporta l'homme seul : on aura pu voir combien ils étaient éloignés des formules générales par lesquelles nous réglons nos devoirs envers nous-mêmes. Il y en a une foule d'autres qui ont trait à la conduite ((ue l'on doit tenir envers autrui et nous les allons considérer dans le chapitre suivant.

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