La Noueelle-Calèdonie et ses habitants, 1862, p
OU son père et sa mère doivent pendant cent jours s'enfermer dans leurs cases. Les femmes restent dans robscuritt enveloppées de nattes qui tombent jusqu'au sol*. En Xouvelle-Guinée, les cases où il est mort quelqu'un sont jetée» bas; on ne laisse subsister que les plates-formes et les piliers sur lesquels elles étaient construites; les gens qui portent le deuil se réunissent sur les plates-formes chaque jour, et c est la raison pour laquelle on les conserve. Il serait dangereux d'habiter les cases*.
A Epa, un homme en deuil ne peut entrer dans le marea (la maison de réception, le yanial des îles Banks)'. A Argyle- Bay, l'accès des lieux de sépulture est formellement interdit aux étrangers. Une corde est tendue autour des tombes que les indigènes veulent spécialement mettreà l'abri des approches des étrangers. L'Européen qui voit devant lui une tombe ainsi protégée fera prudemment de revenir sur ses pas; il risquerait, s'il passait outre, de soulever contre lui la colère des habitants du village*, qui redouteraient sans doute que les esprits des morts ne fussent irrités de la présence d'un homme qui n'appartient pas à leur tribu. Il se peut aussi qu'ils veuillent préserver les morts des maléfices des étrangers, qui toujours sont considérés comme des sorciers. Chez les Motu, tout homme qui a touché un cadavre est taboue, d'ordinaire pour trois jours. Il doit alors vivre à l'écart de sa femme; sa sœur lui prépare sa nourriture qu'il lui est interdit de toucher avec les mains*. Chez les Papous d'An-