‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 86 sur 212 · Loc. cit. y l · texte numérisé non relu

Loc. cit. y l

laquelle elles peuvent se déplacer et qui les met entièrement

à Tabri de la lumière du soleil ; on croit que si ses rayons

les atteignaient, la mort de quelqu'un de leurs proches

\nirents en résulterait inévitablement*. Dans le district de

Kabadi, les filles des chefs, lorsqu'elles atteignent Tàge de

12 ou 13 ans, sont enfermées pour deux ou trois années et

Une leur est permis sous aucun prétexte de descendre de

la maison qui est si bien close que les rayons du soleil n'y

peuvent pénétrer*. Chez les Papous de la baie de Kaimani,

la femme se retire après l'accouchement dans une hutte

isolée où elle doit demeurer seule pendant vingt jours; chez

les Arfaks, elle doit faire ses couches dans une étroite case

sans fenêtres portée sur des poteaux de 16 pieds de haut,

y demeurer une ou deux semaines sans avoir de rapports

avec personne*. Chez les Papous d'Andai, la femme qui est

- sur le point d'accoucher est transportée par son mari dans

un petit hangar construit pour la circonstance et caché dans

la brousse; elle y demeure une quinzaine de jours. Si elle

veut absolument entrer pendant ce temps dans sa maison^

illui faut grimper le long d'un poteau où l'on a fait quelques

entailles. On croit que les habitants seraient atteints de

maladies si elle entrait dans la maison par la voie ordinaire.

Si l'on vient à passer par hasard devant le hangar où se

trouvent la mère et l'enfant, on ne doit point revenir par le

même chemin; si on le faisait, on risquerait de voir ses

cultures détruites par les porcs. On s'expose à une maladie

si on ne détourne pas le visage à la vue d'une mère qui allaite

son enfant * .

1. GuiUemard, /oc. cit., t. II, p. 305. Cf. sur la nécessité de tenir en certaines circonstances les femmes à l'abri du soleil, J.-G. Frazer, The Golden Bough, t. Il, p. 225, 237.

Page 1