Loc. cit. y l
laquelle elles peuvent se déplacer et qui les met entièrement
à Tabri de la lumière du soleil ; on croit que si ses rayons
les atteignaient, la mort de quelqu'un de leurs proches
\nirents en résulterait inévitablement*. Dans le district de
Kabadi, les filles des chefs, lorsqu'elles atteignent Tàge de
12 ou 13 ans, sont enfermées pour deux ou trois années et
Une leur est permis sous aucun prétexte de descendre de
la maison qui est si bien close que les rayons du soleil n'y
peuvent pénétrer*. Chez les Papous de la baie de Kaimani,
la femme se retire après l'accouchement dans une hutte
isolée où elle doit demeurer seule pendant vingt jours; chez
les Arfaks, elle doit faire ses couches dans une étroite case
sans fenêtres portée sur des poteaux de 16 pieds de haut,
y demeurer une ou deux semaines sans avoir de rapports
avec personne*. Chez les Papous d'Andai, la femme qui est
- sur le point d'accoucher est transportée par son mari dans
un petit hangar construit pour la circonstance et caché dans
la brousse; elle y demeure une quinzaine de jours. Si elle
veut absolument entrer pendant ce temps dans sa maison^
illui faut grimper le long d'un poteau où l'on a fait quelques
entailles. On croit que les habitants seraient atteints de
maladies si elle entrait dans la maison par la voie ordinaire.
Si l'on vient à passer par hasard devant le hangar où se
trouvent la mère et l'enfant, on ne doit point revenir par le
même chemin; si on le faisait, on risquerait de voir ses
cultures détruites par les porcs. On s'expose à une maladie
si on ne détourne pas le visage à la vue d'une mère qui allaite
son enfant * .
1. GuiUemard, /oc. cit., t. II, p. 305. Cf. sur la nécessité de tenir en certaines circonstances les femmes à l'abri du soleil, J.-G. Frazer, The Golden Bough, t. Il, p. 225, 237.