‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 96 sur 212 · G. Turner, Samoa, p · texte numérisé non relu

G. Turner, Samoa, p

2. 0. C. Stone, A fuie mouths in Ncic Gutnea, p. 46. Cf. W. Y. Turner. loc. cit., p. 487.

TABOir MÉLANÉSIEN 65

it un animal qu'il importe de n'irriter pas, car il connaît les rmes qui font briller le soleil, soulèvent les tempêtes ou isent les vagues \ Les Papous professent pour certains IX sacrés un extrême et superstitieux respect, il y a des iëres dans le district de Namottote où les habitants sent se baigner, et il est même défendu d'abattre les très qui les bordent *. Chez les Papous de Ramoi. il y a i abords des villages des enceintes sacrées où il est interà tous de pénétrer ; ils sont persuadés qu'on mourrait si le tentait '. Les temples, (dubu), sont en Nouvelle-Guinée nviolables lieux d'asile. Si en ce lieu sacré un homme en îssait un autre, ses bras et ses jambes se dessécheraient et n'aurait plus qu'a appeler la mort *.

Les chefs ont d'une manière générale un caractère sacré, ils sont assujettis à des tabous particuliers; ils doivent par emple s'abstenir de certains aliments : c'est ainsi qu'en >uvelle-Cal6donie ils s'exposeraient à la mort '"s'ils manaient d'une grosse espèce de pigeon appelée puibuick\ tns chaque tribu, aux Nouvelles-Hébrides, le chef a son feu isous aucun prétexte ne doit servir aux gens du village; freindre la défense, ce serait s'exposer la plupart du temps apeine capitale • . Les femmes qui ont été fiancées dans leur fance à un grand chef, encore enfant lui-même^ et que k'enu homme il a refusé d'épouser, sont condamnées au ibat. Nul en effet ne les peut épouser \ Le respect qu'on a ir les chefs est si grand en Nouvelle-Calédonie, qu'à la 3rre on évite généralement de les frapper ou de les faire sonniers. On a pour eux une vénération .superstitieuse

Codrington, loc. cit., p. 186, 182, 184, 130. O. Finsch, loc. cit.. p. 110. Cf.WoodfortI, loc. cit., p. 138, 161). D'Albertis, loc. cit., I, 213.

J. Chalmers et \V. \V. Gill, loc. cit., p. 186. Vieillard et Deplanche, loc. cit., p. 30. J. Agostini, loc. cit.j p. 56.

De Uochas, loc. cit., p. 229. Cf. Montrouzier, loc. cit., p. 373.

mêlée de crainte V Les gens du commun ne peuvent parler directement aux Teamas (grands chefs), à moins d'y être expressément autorisés ; en aucun cas ils ne peuvent les regarder'. L'héritier du chef est l'objet, lui aussi, d'un extrême et religieux respect: jusqu'à ce qu'il ait été circoncis, il ne doit point poser le pied à terre, sa personne est sacrée*. Le caractère sacré des chefs se marque encore davantage ence^ taines circonstances. Dans le pays de Kerepanu, le chef qui a tué son ennemi doit se renfermer en son village et y vi\TB dans la retraite pendant plusieurs jours ; il semble alors revêtir des attributs surnaturels, il ne peut recevoir personne, ni faire visite à personne, et nulle considération humaine ne serait capable de le rendre infidèle â cette coutume*.

La puissance magique dont les chefs sont supposés investis résulte en grande partie des étroites relations qu'ils entretiennent avec les âmes des morts et les esprits. Cette vertu magique q\ii est en eux est dans la plupart des archipels mélanésiens, (il faudrait peut-être faire une exception pour Is Nouvelle-Calédonie et ses annexes), le fondement presque unique de leur autorité. Ce n'est point à leur qualité de chefs qu'ils doivent leur mana particulier, c'est grâce à ce mana, qui leur a été transmis par leurs parents comme un héritage de famille, qu'ils sont des chefs*. Aussi, et c'est là un point sur lequel nous aurons à revenir à propos des tabous protecteurs des propriétés et des récoltes, le tabou d'un chef est-il respecté en raison directe de la puissance surnaturelle qu'on lui suppose et dont sa puissance matérielle n'est que le signe et la manifestation extérieure. Ce caractère magique des interdictions lancées par les chefs, ressort clairement de

1. Bourgarel, Mémoires de la Soc, d*Anthrop,^ II, p. 406; de La Hintière, loc. cit., p. 70, 73. Cf. de Rochas, loc, cil,, p. 243.

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