‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 98 sur 212 · V. de Rochas, loc. cit., p · texte numérisé non relu

V. de Rochas, loc. cit., p

à l'île de Guadalcanar (archipel Salomon), lorsque M. Woodford sortait, son domestique Barakassa fixait à la porte de sa case un bâton où était attachée une poignée de feuillet sèches. C'était l'indication d'un tabou spécial mis sur la cm et qui la protégeait efficacement. Le violer, c'eût été s'assurer de terribles malheurs en cette vie et dans l'autre. A New-Georgia, si un indigène avait l'imprudence de traverser un champ d'ignames avant le moment de la récolte, im démon, (lisez un esprit), lui enverrait à coup sûr quelque maladie \

Codrington déclare expressément que ce qui confère au tapu ou tambu sa valeur, c'est la puissance de l'esprit ou de l'àme {spirit or ghost) au nom duquel il est prononce; or il réserve le nom de tapu au tabou expressément édicté, désignant par le mot de vongo ou sapuga ce qui a un caractère naturellement sacré ou impur, et la violation d'un de ces tapu expose à des maladies comme la profanation d'un lieu rongo'.

Nous avons dit le caractère sacré dont étaient revêtus les édifices où se réunissent les sociétés secrètes et les mystères qui y sont célébrés. Et cependant, ces mystères, ces édifices, aux lies Banks, ne sont point rongo, mais tambu; c'est donc par une vertu magique que sont protégés les actes et les lieux tambu, tout comme les actes et les lieux rongo, et dan lecas particulier, c'est parce que le Tamate des Iles Banks est une société de morts en même temps que de vivants, que ses interdictions sont strictement respectées. Ses membres tabouent par les procédés habituels les objets qu'il leurplatt et ces tabous ne sont jamais violés en raison des relations étroites qui existent entre les membres vivants de la société secrète et les esprits*. Codrington mentionne des interdic-

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