APPARITION DB LA CONSCIENCE
pieure au sein de phénomènes biologiques qui ne tarderont pas à en subir Tinfluence, n'oublions pas que nous avons rencontré déjà l'analogue du processus double, plaisir-douleur, dans les réactions d'expansion et de retrait, et jusque dans l'opposition des muscles d'extension et de contraction. Le plaisir est le signe constant des processus physiologiques favorables à l'exercice normal de la fonction ; la douleur dénonce les processus physiologiques hostiles à la fonction. Le rapprochement est trop banal pour que nous insistions. Tout ce qu'il importe d'en retenir, <î'est la subordination des deux processus, musculaire et émotif, à la loi d'excès. Non seulement le plaisir n'apparaît que là où il y a dépense normale d'une énergie d'excès, mais, comme toute réaction heureuse, il produit une exaltation de l'énergie centrale, et, par là, favorise le retour des accommodations de l'organisme aux excitations favorables. Il est à la fois signe et source de dépense efficace, effet et cause du bien-être (i).
§ 7. — L'éveil, une fois constaté, de la conscience du plaisir et de la douleur est le signal d'adaptations infiniment plus variées et plus efficaces.
Un enfant de quatre à cinq mois aperçoit im objet brillant, par exemple, un hochet garni de grelots d'argent poli. Il s'en empare et l'agite. Ce cas d'adaptation est
(i) n n'y a pas lieu ici de discuter la nature et le rôle biologique du plaisir et de la douleur. Dans les organismes supérieurs, des adaptations compliquées peuvent modifier et, en un sens, corrompre si bien tel sens particulier, que celui-ci recherche des satisfactions nuisibles à Tensemble (alcoolisme, morphinomanie, érotomanie, etc.). Mais on peut soutenir que, même ainsi dépravé, chaque sens recherche le bien qui lui est propre, et Malebrahche avait raison de dire qu'en un sens le pécheur lui-même cherche un aspect du bien absolu et tend à se rapprocher de Dieu. (Recherche de la Vérité, livre IV, chap. i, § 4.)'
86 l'adaptation sensori-motbice
beaucoup plus complexe déjà que raccoinniodation de Tœil. Il suppose Tentrée en exercice d'un appareil moteur tout à fait distinct de l'appareil visuel. Aussi ne saurait-on admettre que Tenfanl s'élèvera d'emblée à cette opération difficile. Or un très grand nombre de mouvements des membres supérieurs se sont déjà trouvés associés accidentellement à des impressions visuelles vives et agréables, notamment la vue et le toucher du biberon ou du sein de la nourrice. Nous ne pouvons donc, ici encore, prétendre décrire un commencement absolu. Contentons-nous d'examiner le fait à la lumière de notre théorie. Nous trouvons :
i») Une excitation visuelle vive et plaisante ;
20) Une réaction diffuse d'autant plus vive que l'excitation est plus agréable ;
3») Une dérivation de cette énergie d'excès dans les canaux déjà tracés par d'anciennes réactions heureuses (ici l'habitude motrice des membres antérieurs) ; d'où rencontre de l'objet ;
4° Une excitation tactile agréable (plaisir du contact d'un objet poli) ;
5° Une nouvelle réaction diffuse particulièrement répartie dans les bras en vertu des habitudes déjà acquises ; appréhension de l'objet ;
60 Excitation musculaire agréable (plaisir de l'effort facile) ;
70 Réaction diffuse : l'enfant agite le hochet ;
8® Modification dans l'impression visuelle (plaisir du changement) et, si le hochet porte des grelots, vive excitation auditive ;
90 Réaction diffuse générale : l'enfant trépigne, crie ; circulation rapide, respiration plus active, etc.
§ 8. — Pour détaillé que soit ce tableau, on pourra le trouver incomplet. Ne manque-t-il pas, entre les