IL OBJET DU LIVRE
§ 20. — On le voit, métaphysiciens, logiciens, psychologues, ont abordé le problème du jugement et de la croyance sous toutes ses faces ; et nous pourrions, si nous ne craignions d'allonger démesurément ce chapitre d'histoire, montrer comment, de leur côté, Thistoire, la science des religions, la sociologie et la physiologie même révèlent au philosophe une variété inattendue de points de vue et de moyens d'investigation. Comme tous les problèmes de psychologie générale, celui de l'affirmation est trop complexe, il est trop étroitement solidaire du problème même de la vie et de la pensée, pour comporter une solution unique et simple. La vérité psychologique ne se laissse pas circonscrire dans la précision d'une définition ; il faut la serrer de près, par tous les moyens d'enquête dont nous disposons, par la réflexion intérieure et la physiologie, par l'observation et par l'hypothèse, par la psychologie individuelle et parla sociologie.
En abordant à notre tour, après tant d'autres, l'étude psychologique du jugement, nous avons eu moins que personne la prétention d'épuiser une matière aussi ample. Nous ne prétendons pas davantage ne présenter ici que des faits inobservés et des théories inédites de toutes pièces. Nos recherches ont été, il n'est que juste de le reconnaître, directement inspirées par les travaux des psychologues qui ont mis en lumière le rôle de la volonté et, notamment, de l'attention, dans la croyance. Il nous a paru, cependant, qu'il était pos-