I2C ÉTUDE DE QUELQUES ADAPTATIONS
de ce qui lui est suggéré, n'est-ce pas encore, pour Tenfant, une façon de s'adapter à Tattilude d'autrui?
§ 17. — L'intervention de l'émotion sympathique trace donc entre les personnes et les choses qui intéressent l'enfant une démarcation de plus en plus précise. Les personnes, comparées aux choses, sont des groupements d'expériences très instables, très douces ou très pénibles ; et en même temps, dans cette variété, l'enfant retrouve, plus que sous la rigidité des choses, quelque chose de lui-même. Il peut en espérer ou en craindre davantage, et il peut à son tour agir sur ces groupements. Il en résulte que rac(|uisition de hi notion de personnes étrangères est, pour l'enfant, inséparable du développement de sa propre personnalité. Par rapport aux choses qui se déploient dans l'espace, les mouvements de son corps se coordonnent en groupes indissolubles ; par opposition aux attitudes émotionnelles, si diverses, des personnes qui l'entourent, ses attitudes mentales s'unifient en systèmes définis. Ses premières acquisitions motrices, dilluses et, en quelque sorte, générales, se spécifient en modes d'expression plus précis et plus délicats. Et comme l'émotion , analogue sous ce rapport à l'attention, ne peut indéliniment trouver des canaux de dérivation motrice nouveaux, comme des joies et des douleurs très dillérentes suscitent à peu près des rires ou des pleurs semblables, l'unité de là conscience s'organise, se cristallise peu à peu sur le modèle de l'unité physiologique. La mouvante diversité du moi s'unitie, grâce à la simplicité nécessaire de ses manifestations expressives : c'est dans l'action que le moi tout à Ja fois réalise et aperçoit son unité personnelle.
LE LA^XCrACrF 1^7
I ï8. — Et, réciproquement , la connaissance plus prt^eise du moi enricliit la notion que l'enCant se fait (les personnes cl range res. Chaque progrès vers le dedans prépare un progrès vers le dehors. Aux systèmes expressifs, causes exlérieures de ses prineipah^s cnïotions, il prùle ce « s^enliuienl de soi )^ le dernier venu de tous, le premiei' en imijortance et en étendue, cette a subjectivité » qui est la maitjue propre de tonte vie psychique supérieure. Son moi n'est accapareur que pour déborder ensuite en manifestations sympathiques. Non seulement il sent comme autrui, mais il veut qu'autrui sente connue lui. Heureux, il caresse; irrité, il égratigne ]>our a faire du bien » ou a faire du mal w : il a besoin, non seulement d inulation, mais de sympathie ; il est un <( animal social » ; car il n'agit plus, et bientôt ne pourra pas juger, sans prendre position par raj>port à ce nnlieu moral que la pratique a dessiné autour de lui.
m. LE LANGAGE
§ ig. — L*étude de limitation et de Texpression nous permettra d'abréger celle de laequisitiondu langage. Nous avons noté, en effet, que le son a ce privilège d'ôlre, de toute^s les sensations de Tenfant, celle où il se saisit le plus vite comme actif et [)aBfiif. Il est auditeur et auteur à la fois de son propre chant. Ainsi se consolide en hii T association sub-cortieale entre le centre moteur de la parole et le centre auditif. Bientôt son oreille, exercée à discerner de sa propre voix les sons exlérieurs, lui fournit d'autres types sonores à imiter. Enfin, parmi les modes de Texpresaion sympathique d' autrui, c'est la voix humaine^