LES PRINCIPES 1>E LA RAISON
équations personnelles, réussisse à instituer Taccord le plus unanime sur les affirmations qui sont précisément les plus éloignées de Texpérience, à moins d'admettre que ces tempéraments revêtent une constitution mentale identique, une « faculté d'associer » les idées si semblable d'individu à individu que, parmi les éléments divers du donné, les mêmes soient communément associés aux mêmes. L'association, en fait, ne s'empare pas également, dans tous les esprits, des mêmes termes semblables, contigus ou successifs. Bien plus, la similitude de deux termes n'est pas, comme telle, un objet d'intuition sensible, mais de discernement ; elle n'est retenue qu'après élimination des qualités dissemblables. De même, nous ne retenons, du milieu de représentations coexistantes ou successives infiniment nombreuses, que des séries très simplifiées. L'association semble donc impliquer déjà un choix d'éléments que l'habitude imira ensuite. Mais c'est ce choix lui-même qu'il importe d'expliquer; car, si l'on se contente de supposer que l'association opère elle-même ce triage des données de l'expérience, on revient à lui attribuer ce même pouvoir de distinguer, d'abstraire et de combiner, qu'on déniait à la raison. C'est ainsi que Hume, en dépit de son originalité, était moins éloigné du rationalisme qu'il ne le croyait lui-mêmç, quand il écrivait : « L'imagination... est » guidée par des principes qui la rendent, en une » certaine mesure, constante avec elle-même dans » tous les temps et dans tous les lieux ». (i) L'association n'est donc qu'un principe subsidiaire d'explication. Or c'est la sélection elle-même des éléments associables que le psychologue doit s'efforcer d'expliquer, et tout notre effort a tendu à montrer que
(i) Ouvr. cité, p. ao.