VRAI
cette sélection est assurée, à toutes les étapes du développement psychique, par la double loi de l'adaptation et de l'habitude.
§ 4. — Résumons cette thèse et cherchons quelle défmition elle comporte de la vérité.
Au plus bas degré de la vie psychique, nous avons vu, sous Faiguillon du plaisir, Teffort diffus de l'organisme se spécifier en réactions motrices de plus en plus précises et utiles. Plus tard, nous avons vu l'enfant répondre, par la variété appropriée de ses mouvements, à la variété qualitative des excitations externes. Puis, à mesure que l'élément moteur a semblé perdre en importance, au profit de la conscience réfléchie et prévoyante , l'attention, — inséparable, d'ailleurs, d'iui mécanisme moteur qui est le résumé de toutes les adaptations musculaires antérieures, — nous a semblé continuer l'œuvre discriminative de l'adaptation motrice. Nous l'avons suivie à toutes les phases de son labeur, constituant et classant les images génériques et les souvenirs, comme autant d'habitudes propices à l'action future, et nous avons trouvé enfin, dans les concepts les plus élevés, des habitudes de l'attention elle-même, des attitudes actives préparées par le passé et tournées vers l'avenir. Les principes rationnels eux-mêmes nous ont paru les plus générales et les plus indispensables de ces habitudes utilitaires, grâce auxquelles le monde de l'expérience, où la diversité masque fréquemment l'unité, nous trouve prêts à répondre, par d'invariables attitudes, à des appels en apparence incohérents. Dès lors, le jugement, depuis l'acte qui suit la perception, véritable jugement moteur, jusqu'aux jugements les plus abstraits, qui relèvent de l'attention secondaire, peut être défini par l'habitude et