INTRODUCTION. XIX
(( les divinités (d'Egypte), tous leurs biens. Grand et circulant « comme lui, Tu renfermes de tous côtés les Ha-neb-u *^ »
Et cette même phrase se répète encore, mais bien plus explicite sur le sarcophage de Ipi-nhu (L. D. II, 99, à) : « Tu contiens l'univers et en Ta qualité de bdn « circulant » « tu circonscris de tous côtés les Ha-neb-u**. »
Or, ces deux rois n'ayant pas eu l'occasion de porter la guerre hors de l'Egypte, les Ila-neb-u dont parlent les inscriptions ne pouvaient être que ceux installés dans la Basse-Egypte.
Maintenant, les a-t-on réellement réduits, comme le dit le scribe ? Rien n'est moins vrai.
Trois siècles après, lorsqu'Amenemha P' a voulu fonder le premier Empire Thébàin, les derniers qu'il a dû combattre furent les Matiù et leurs alliés, les Ha-neb-u*^. Et déjà sous Amenemha III, malgré les prétendues victoires remportées sur les Ha-neb-u, on avait lieu de craindre de nouvelles attaques de leur part. Il existe encore le rapport de l'officier chargé de mettre le pays à Tabri d'une invasion éventuelle des Asiates, rapport dans lequel cet officier expose qu'après avoir fait occuper les défilés conduisant au désert arabique, il en a fait autant du côté de la branche Sethroïtique du Nil. Il y a fait poster une flottille montée par les marins affectés au service personnel du roi, et ayant pour mission de surveiller les moindres mouvements des Ha-neb-u; ce qui indique l'importance qu'on donnait à cette époque à ce peuple allophylle de la Basse-Egypte et à ses excursions sur le domaine des Pharaons *^
On est donc amené à croire que les Hellènes étaient établis dans la Bàsse-Égypte bien avant la VP dynastie, et qu'ils constituaient, ainsi que nous venons de le dire, un des éléments les plus importants de la population égyptienne de cette époque. Aussi, la Basse-Egypte, dès la plus haute antiquité, était-elle considérée comme le pays des Ha-neb-u, et ceux-ci reconnus comme les habitants habituels des contrées septentrionales du Delta ^\