VIII INTRODUCTION
THistoire. D'après I9, chronique d'Eusèbe (II, p. 116), Naucratis a été construite par les Milésiens, alors qu'ils étaient devenus les maîtres de la mer (Olympiade VI, an 4, 753 ans av. J.-C). Etienne de Byzance et le lexicographe Suidas (au mot Naucratis) sont également de cette opinion. Polycharme, cité par Athénée (XV, 675) prétend que Naucratis existait déjà dès la 23® Olympiade (685 ans av. J.-C), et Polyène, dans ses Stratégèmes, cite des notabilités Cariennes, établies dans la Basse-Egypte bien avant que Psamméliqde fit son coup d'État. De sorte que la colonie caro - ionienne du temps de Psammétique, dont parle Hérodote, ne doit pas avoir été la première établie dans le pays, pas plus que celle du temps de Kyaxare, dont parle Strabon, fut la dernière ^
Il y a enfin à observer que parmi les inscriptions mentionnées, M. E. A. Gardner en a reconnu un grand nombre appartenant à l'époque de la domination Persane ; ce qui prouverait que Naucratis n'a pas beaucoup souffert durant l'occupation de l'Egypte par ces Asiates. Elle doit plutôt avoir prospéré, s'il est vrai que Cambyse en ait fait don à une de ses favorites.
Après Naucratis, M. Pétrie a fait les fouilles de Daphné^, la ville que Psammétique avait fait construire, comme résidence des Caro-Ioniens à son service, en 665 av. J.-C. Or, les résultats de ces fouilles indiquent clairement que la ville de Daphné, tant qu'elle a existé, a constitué un deuxième centre hellénique, qui mettait en rapport avec l'Egypte les villes les plus éloignées de l'Orient. C'est à Daphné que se trouvaient les deux grands Stratopéda qui protégeaient l'Egypte contre les invasions Assyriennes. Là se trouvaient aussi les arsenaux où Necho et Aprias firent construire les flottes qui eurent raison de l'arrogance des Phéniciens et des Sidoniens. C'était encore la ville des orfèvres et des métallurgistes, d'où les Égyptiens tiraient leurs armes et ustensiles, et d'où provenaient la plupart de ces bijoux d'or qui garnissent les vitrines du musée de Ghizeh.