‹ Essai sur l'hellénisme égyptien et ses rapports avec l'hellénisme classiqueChapitre 37 sur 83 · Voir Maspero (L. G., t. I, p · texte numérisé non relu

Voir Maspero (L. G., t. I, p

8o. Voir (Revue drchéolog.j t. IX, 1864, p. 137) et Bernard (La Gaule avant les GauloiSy Paris, 189i, p. 139-141).

86. D'après une tradition (Plutarq. Fac. Sew., 30), les Gorybantes étaient des génies déchus et condamnés à être emprisonnés dans un corps humain. D'après une autre version (Strab., X, 472), ils étaient les satellites que les Titans auraient donnés à leur sœur Rhéa et dont elle fit successivement ses amants et maîtres. Julien l'Empereur nous apprend enfin qu'un des Corybantes, celui qui resta maître incontestable de la place, représentait la divinité solaire. Ces trois faits ne font donc que confirmer notre manière d'envisager ces deux personnages de l'antiquité, qui ont mis tant de fois aux abois les étymologistes modernes.

87. L'étymologie de Kpo'voç a donné lieu à de nombreuses controverses. Max Millier (Essais de Mythologie comparée, trad. franc., p. 135), ne retrouvant pas ce nom dans le sanscrit, a supposé que les Grecs

Tavaient inventé pour expliquer Fépithète de Kpov(5r)ç, donnée par Homère à Jupiter. Peu satisfait de son explication, il a voulu ensuite assimiler Kpovoç à Xpovoç et Texpliquer par dieu du iempsy comme si le temps ait jamais pu figurer parmi les divinités du Panthéon hellénique. Preller n'a pas été plus heureux en faisant dériver Kpo'voç de xpaîvto (accomplir, achever) et en le traduisant par « celui qui amène les choses à la maturité ». II en a été de même de Kuhn, qui a voulu rapprocher le mot du sanscrit w Karna » et l'expliquer par « dieu qui crée par lui-même », comme s'il était possible aux hommes d'une époque si reculée d'avoir les idées spéculatives des temps modernes. Le seul qui s'est approché de Ja vérité c'est M. Sayce. Il identifie Kpovoç au Moloch des Phéniciens et les considère tous deux comme une divinité accadienne qu sumérienne. Noire explication complète en quelque sorte l'opinion de M. Sayce, en permettant de suivre Gronos jusqu'à son propre pays. A notre avis, Kpovo; des Grecs, de même que Horus des Égyptiens ne sont que deux transcriptions littérales de Gour-ra ou Gour-na, le dieu créateur des Ibériens.

88. Les anciens formaient les noms de leurs femmes en ajoutant à la fin de leurs propres noms la terminaison usitée pour les substantifs féminins. C'est ainsi que la Terre-mère, en s'unissant à l'un ou à l'autre de ses satellites, prit successivement les noms de "Att) (A<i7T) ATja, d'où peut-être l'égyptien Asa), de Kopa, de Psa; fait auquel Platon n'a certes pas pensé lorsqu'il a voulu faire de Psa le représentant de l'élément fluide [Cratyle^ p. 402). Au dire de M. Maspero, cette manière de former les noms des femmes mariées était aussi en usage chez les Assyriens et les Égyptiens.

89. Le culte de la Terre-mère (Ma) desservie par les Gorybantes paraît avoir été le plus ancien culte de la Phrygie (Strab., p. 4^9). Ensuite apparaît celui de Gour-ra (Kopoç ou Kpo'voç) et de sa femme (Kdpa ou Psa) et en dernier lieu celui de Attès uni à Atè ("Att)). Tout porte à croire cependant que le culte de Kpo'voç a été précédé par celui de Mrjv (Min) et de sa femme MrivT) (Mina), culte que nous rencontrons dès la plus haute antiquité dans la Mésopotamie, en Syrie, en Arabie et en Egypte, où il a été suivi de près de celui de Râ ou de jf/orws. Un temple de Min existait en effet des temps les plus reculés de l'ancien Empire à Coplos, temple tombé en ruine et qui a été restauré par.Schnefrou.

90. Dans la vallée de Doganli, non loin de l'ancienne Pessinunle et de Medaion, se trouvent les tombes des plus anciens rois de la Phrygie, vastes chambres rectangulaires creusées dans le roc, semblables à celles qu'on voit en Egypte, à Saqqarah. Vitruve (2, l, 5) rapporte que les Phrygiens habitaient les grottes naturelles après les avoir aménagées à leurs besoins. Perrot et Chipiez (Exploration de la Galatie, p. 218) affirment y avoir rencontré les restes de constructions

LKS ORIGINES ÉGYPTIEi^NES (NOTES). 57

dalant des temps les plus reculés, et, au dire de Hamilton, la plupart dés anciennes villes phrygiennes étaient entourées de murs cyclopéeïis, dont on voit encore les resles.

91. Sur la construction des tombes archaïques d'Egypte, voir De Morgan {Recherches sur les origines de l*Égypte, p. 85) et Amélineau> {Nouvelles fouilles d'Abydos).

92. Voir Honïèfe (I/., H, vers 856-857); Genèse {l\, 22 et X, 21); JSzéchiel (XXVII, 12-13) et Schliemann {Ilion., trad. franc., p. 500-301 ).

93. rXoupôç, ô ypuaoç çpuyiaTi, dit Hesychius, et yXoupea Ta /^puaea. Le mot Grus-u, que nous donnons comme le nom égyptien de Tor, n*est pas tiré des textes ni du dictionnaire de Brugsch. C*est une présomption basée sur l'analogie. S'il est vrai que Targent était appelé en Egypte comme en Grèce Ar-cur-u, il nous parait assez logique d'admettre que l'or aussj y portait le même nom que chez les Grecs et chez tous les autres peuples de la même famille. Cette présomption est ailleurs corroborée par ce fait que, lorsque les Égyptiens commencèrent à se procurer ce .métal de la Nubie, ils l'appelèrent du nom de ce pays Nub, et pour des raisons faciles à comprendre, ce nom a fait éclipser le premier.

. Pour l'or de l'Arabie, les Grecs avaient un aulre nom. Ils l'appelaient "Arupov, à cause de sa pureté, dit Agalharchide, laquelle les dispensait du raffinement par le feu. Xpuaôv... ou xôv auvT7)xô'{xevov... akXa Tov aÙTOjjLaxov, xaXou[jL£vov 8ê 8ià to (jU[jL6aïvov izap' "EXXTjaiv : ocTçupov. {De mari Erylhrœo, dans Mûller, Geograph. Grœc. Minor, t. l, p. 185)» Mais malgré le témoignage d'Agatharchide, nous sommes portés à considérer ce nom comme une transcription hellénisée dumotAs-ber ou Sa<i7ceipov, les noms de pays aurifères du Caucase, plutôt que comme un dérivé du mot Trop. Car, au dire de M. Spengel {Die alte Géographie Arabiens)j l'or de l'Arabie ne diffère pas de celui des autres pays et Jes Arabes l'appelleat jusqu'à nos jours Tibr ou Tibra^ nom dans lequel il est facile de reconnaître celui de Tibarène ou Tubal, ainsi que les Sémites appelaient le pays des Saspyres.. Or, si ces faits et considérations ont la valeur que nous leur accordons, il faudra reconnaître que les Arabes, avant de découvrir l'or dans leur pays, se servaient de celui du Caucase et en ont conservé le nom.

Le nom allemand Silbei' est aussi de la même origine, mais il se rapporte à une époque où les Bériens étaient les maîtres de tout le pays de l'Arménie alors que le nom de Si-ber avait remplacé celui de As-gour,

94. On a longtemps cru que le mot KaŒjiTspoç dérivait du sanscrit et on en concluait que Tétain venait de l'Orient. Mais les auteurs du Dictionnaire de Saint-Pétersbourg pensent que c'est plutôt le contraire qu'il faudrait admettre. Le mot sanskrit Kastira ne se retrouve que dans les textes relativement très modernes des temps

S8 L'taaULÉNISMB ÉGYPTIEN. ,

Alexandrins, et sert à désigner l'élain que l'Inde se procurait de l'Occident. Tout de même les Indianistes oïit tenu ferme et ils soutiennent encore que Kaslira est un mot sanskrit (Ka-Stira) exprimant l'idée d'un métal très malléahle : « tantum dodilem! » M. S. Reinach, qui dans un article très remarquable, publié dans V Anthropologie (1892, p. 275), a mis tous- ces faits en relief, a voulu mettre en avant, à son tour, une étymologie celtique, tendant à démontrer que les Celtes occupaient, des temps les plus reculés, TEurope occidentale, et que c'est à eux qu'il reviendrait le mérite de la découverte de ce métal et de sa propagation dans l'ancien monde. Mai», comme il était à prévoir, ces idées n'ont pas trouvé beaucoup d'amateurs jusqu'à présent.

95. Selon les dernières recherches, surtout selon celles des savants français, l'étain employé pour la fabrication du J^ronze en Egypte au temps de la IV° dynastie (3500 ans avant J.-C.) venait du Caucase* Voir Fr. Lenormant (Die Anfange der Km Wur, lén a, t. I, p. 97 et 119). Dufrené [Études sur VHisloire de la production et du commerce de Vétain, p. 22 et 34, Paris, 1881) et Germain Bapst, dans la Revue archéolog.y XLIII, ^882.

96. Dans les listes royales, Cronos figure après Phtah et Amon-ra. Mais ces listes ont été rédigées à une époque relativement moderne et dans un but tout à fait spéculatif. Il est aujourd'hui établi que l'apparition de Phtah en Egypte ne remonte pas au delà des trois premières dynasties (Tiele, Hist, des Relig, comparées, p. 32) et celle d'Amon-ra est postérieure à la XII* dynastie, ce qui permet à Cronos de passer pour le fondateur de la première dynastie divine dans le pays du Nil.

97. 'EftiS (Isis) Tuupoùç àvOptiSTcoiç àvIBeiÇa. 'Eyw [xgTa àBeXçou 'OatpiBoç Taç àvôpwTîoçaYiaç iTcauov. 'Eyw ^uvaixa xal avBpa (juvTJYaYOv. 'Eyto C'Oaipiç) àYOcX^jcara îatav IBîBafa, l-^ta TS[jLÊvr) 6ê(Sv iBpuaajiYjv. Kasbel [Epigrammat, GrœCj p. XXI-XXII). Voir aussi Plutarque {de Isid, et Osirid., § 13); Diodore (1. Cap., 13-14); Maspero [Hist, des peuples d'Orient, t. I, p. 174).

98. Tov Tuçôva St[0 àei ot Aîyutctioi xaXouai. Dav 8' oaov tj çuaiç pXa6ep6v xal çGapTuov lysi [xo'piov tou Tuçwvoç lari (Plutarque, De ïsid. et Osirid., § 41 et 45).

99. Le récit des événements légendaires qui terminent le règne de Râ est gravé dans les lombes de Séti I et de Ramsès III, sous le titre Destruction des hommes par les dieux; mais un des papyrus du musée de Ghizeh, expliqué par Mariette [Papyrus de Boulaq, t. II, pi. 11) nous apprend que ce furent au contraire les Égyptiens qui s'étaient révoltés contre leur dieu-roi et qui réussirent à lui livrer une bataille, qui l'obligea à abdiquer en faveur de son fils Osiris ; fait qui indique que le récit est plus historique que légendaire.

dOO. La légende du partance de l'Egypte en deux États est contenue dans un texte du British Muséum^ publié par M. Sharpe dans Égyptian inscriptions^ 1" série t pi, XXXVI-XXXVIII. L'exemplaire date du temps de Sabacon, mais un avertissement du scribe égyptien nous apprend que c'était une , copie d'un monument très ancien. La réconciliation de deux ennemis est d'aiJleurs indiquée par Plularque {De Isid. et Osirid., § 55). Voir Maspero {Hist, des peuples d'Orient (là petite), p. 4i).

101. Sous le nom de Schessouou-Horou, les serviteurs de Horus,' le Caiion de Turin désigne les dynasties qui ont yégné avant Ja fondation du premier Empire historique en Egypte. Sur les progrès réalisés à cette époque, voir Lauth {Aus Aegyptens Vorzeit,, Berlin, i88i) et Maspera {Hist, des peuples d'Orient, t. I, p. 2J2 et suiv.).

102. Cependant une date de l'an 400 du règne de Sit, roi d'Egypte, se trouve sur uu monument de Ramsès II, découvert à Tanis par Mariette (Revue critique, 1880, t. I, p. 467).

103. Nous donnons, d'après la légende, le nom de Typhon ou de Sil au roi Typhonien qui a entrepris la conquête de TÉgypte sur les Horites. Mais, au dire de Manéthon, ce roi s'appelait Boutes (Bouttjç ou B^jttj;), personnage qui nous paraît plus historique qu'on ne Ta cru jusqu'ici.

104. Les textes relatant cette guerre deHarmakhis et de Sit, gravés sur les murs du temple d'Edfou, ont été copiés, interprétés et publiée pour la première fois par M. E. Naville sous le titre de Textes relatifs au Mythe de Horus, etc, Genève, 1870. Brugsch en a donné peu après une traduction allemande, et une troisième a été donnée par Maspero (Études de Mythologie et d'Archéologie égyptiennes, t. II, p. 321).

105. Telle est aussi l'opinion de M. Naville (Textes indiqués, Inlvod., p. 8, surtout planche XII, p. 65).

106. 0'jou(ji 8e o{ ;c£pav Trjç TpiTwv(8oç oixéovtsç 'HXîw xal SeXTivrj {xouvoim. TouTOiai [xév vuv îiavieç Ai6u£ç ôuouji, àràp ol Tcspl ttjv TpiTwvi6a' Xijjlvtjv vé{xovTsç rijf Adr}vair( fLcuhcza {jcexà 8è tw TptTwvi'xatl tû EioffsiBsojvi (Hérod,, IV, 188). '

107. OiXÊtaôai Ôê trjv Tjidva Tautrjv... 67:0 ^ûpizùiv, svteuÔsv tï lizl tôv "ICTjpa... TauT7)v 8' lyeiv 'EBTjTavouç ou 'EarjTavouç. Strab., III, p. 156 et 162.

108. <ï>aat 8è outoi (01 MafuEç) glvai tûv £x twv TpoÎTj; àv8pûv (Hérod. ^ IV, 191). Sallusle nous apprend enfin (Jugurtha, 1. 18) que les Carthaginois considéraient ces peuples comme les restes des Mèdes, des Perses et des Arméniens qui auraient suivi Héraclès dans son expédition en Espagne; mais il est très probable que dans ce passage nous devons lire, au lieu de Mèdes, Malta, et au lieu de Perses, Bers, qui sont les noms que ces peuples portent jusqu'à nos jours.

109. Voir Wittney (La vie du Langage, trad. franc., 2* édit., p. 2H).

110. Tous les égyptologues s'accordent à reconnaître que la fondation de l'ancien Empire, sous Menas, remonte à 4500-4800 ans av.

60 l'hellénisme égyptien.

Jésus- Christ (Brugsch, Hist. cV Egypte y p. 24), ce qui nous permet de placer la guerre des Égyptiens contre les Typhoniens, et l'expulsion de ces derniers du sol égyptien à environ 5000 ans avant notre ère, C'est juste la dale à laquelle les paléontologues les plus autorisés de noire temps font remonter les débuts de la période néolithique et de la civilisation de l'Europe occidentale. Voir Alex. Bertrand, dans la Rev, archéolog.y 1874, p. 16, et les Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, 4™' série, t. 111, 1875, p. 125.

111. Les habitants pré-ibériens de l'Europe occidentale, ceux dont nous trouvons les restes dans les terrains de Vépoque quaternaire, appartenaient à trois races différentes. Les uns, connus sous le nom d'hommes de Neanderthal, étaient plutôt des singes que des hommes. Ils avaient la tête grosse, large et très allongée, l'occiput saillant, le front extrêmement fuyant en arrière, les arcades sourcilières énormes, le nez plat, la lèvre supérieure longue, la mâchoire inférieure très prognathe, les extrémités inférieures, par contre, très courtes. Le seul peuple de nos jours qui leur ressemble sont les Tasmaniens de l'Australie, et tout porte à croire qu'ils tiraient leur origine de cette grande île de l'hémisphère du Sud.

Les hommes de la seconde catégorie, connus sous le nom de Cromagnon, étaient au contraire d'une taille et d'une constitution herculéennes. Leurs squelettes mesurent parfois deux mètres et leurs os longs, très aplatis, présentent des aspérités qui trahissent une musculature très développée. Les Cro-magnon avaient aussi la tête très volumineuse et longue, mais le front était ouvert, la dépression naso-frontale très marquée, la face courte mais large, les orbiles énormes. Ce sont eux qui très probablement ont fourni le modèle pour la création de la légende et Je type des Cy cl opes.

Au dire du D' Verneau, qui en a fait une étude spéciale, ce peuple ressemblait jusqu'à l'identité aux anciens habitants des iles des Canaries, les Guanches, et il est très probable qu'ils constituaient la population échappée à la catastrophe de la fameuse île Atlantis. Le fait est que nous rencontrons ce peuple -occupant, dès la plus haute antiquité, la pointe nord-ouest du continent africain et une partie de la péninsule libérienne, où il était connu sous le nom d'Atlantes ou d* A tarantes,

A côté de ces deux races si bien caractérisées, nous en rencontrons vers la fin de l'époque quaternaire une troisième se rapprochant beaucoup plus du type caucasien que de celui des Atlantes. C'était des hommes de taille moyenne (1",40, l'",50) au crâne allongé mais ré<;ulièrcment ovale, à occiput légèrement saillant, à taille frontale présentant une très belle courbure, etc. Mais ces spécimens, qu'on aurait pris facilement pour des Libyens, sont relativement rares. La plupart des crânes de cette catégorie exposés dans les rayons de nos

musées d'Histoire naturelle, participent de caractères des tôles des Cro-magnon autant que de ceux des Libyens, et il n'y a pas de doute que les hommes auxquels ils appartenaient constituaient une race mixte, de Cro-magnon et d'une autre race éraigrée très probablement de la Libye. Voir Dupont, Virchow, Haniy, etc., dans le Compte rendu du Congrès internat, d'Archéologie préhistonque de Bruxelles, 1872, p. 549-566 et Hamy [Bulktin de la Soc. d'A-nthropoL, 2' série, t. XIII, p. 20, 1878).

Quoi qu'il en soit, les hommes de cette race n'étaient pas moins barbares que ceux qui les avaient précédés. Comme eux, ils habitaient les grottes et les cavernes, vivaient de la chasse ou de la pèche. Ils n'avaient aucune idée de l'agriculture, l'usage de poterie leur était à peu près inconnu. Ils n'élevaient aucun monument de pierre; aucune apparence de pratiques religieuses n'a pu être signalée chez eux (Bertrand). Aussi les hommes do cette race mixte, qui la première peut revendiquer le titre d'autochtone en Europe, ne peuvent pas être considérés comme les pionniers de la civilisation européenne.

112. Entre Marseille et les embouchures du Rhône, dit Strabon (IV, 182), à environ 100 stades de la mer, est une plaine à laquelle un événement singulier a fait donner le nom decAamp des p/erres, AiOcûBsç ttêBiov. Cette plaine est en effet couverte de pierres grosses comme le poing, XîOojv 7 eipoTcXTjOôv..., toutes polies et d'égale grosseur, Xsîwv xal îaojiÊYÊÔwv, semblables aux cailloux des fleuves ou aux galets des bords de la mer. Eschyle fait aussi mention de ces pierres et les compare aux radis de son pays, FoyyuXwv X(6o>v, ce qui donne juste l'idée des silex connus sous le nom de haches néolithiques amygdaloides. Le poète nous apprend de plus que la tradition faisait tomber ces pierres du ciel, par ordre de Jupiter, afin de servir d'armes à Héraclès dans sa guerre contre les Ligures.

113. Les dolmens troués avec leurs habitants à tête arrondie et leur contenu spécial, qu'on trouve dans l'Europe occidentale, se laissent suivre à travers l'Afrique du Nord jusqu'à la Syrie. On en trouve même dans les Indes, mais pas au delà du Rhin.

114. 'lîpaxXéo'jç 5' ouO' Upôv èvrauSa SsixvjdOai (tJ/suaaaOai 8è toûto ^'Eçopov) ouT£ ^(•)[i.6; ou8' aXXou tcSv Oswv, àXXà ÂiSovç ovyxsTodai rpeÏQ ?) zézzapaç xarà ctoÀJlohQ rôczovç^ ou; Gkô Ttov àçixvoujjLlvtov ŒTpéçejOai xara Tt Tiaipiov xal |X£Taçép£<jOai (j;rov8o7roi7)aau.£v<ov (Strab., III, 138).

115. Le musée de Saint-Germain possède une statuette de ce genre, trouvée il y a dix ans dans des conditions qui nous obligent à lui reconnaître un âge excessivement reculé. Cette figurine représente une femme nue, aux saillies exagérées, semblable aux petites idoles de la grand'mère, en honneur en Phrygie et dans l'Asie Mineure, et qui a servi de modèle à la création des Isis d'Egypte. Quoi qu'il eu soit, M. S. Reinach, qui a eu l'heureuse idée de la présenter dans le

62 l'hellénisme ieypTiBN.

dernier Congrès international des Orientalîsteô, à Paris, croit devoir lui reconnaître un âge au moins de 6000 ans.

dl6. Voir D' Verneau {Udge de la pierre, p. 204-205).

Page 1