‹ Essai sur l'hellénisme égyptien et ses rapports avec l'hellénisme classiqueChapitre 41 sur 83 · Voir Hérod. (IV · texte numérisé non relu

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39. La nature solaire de Triton est évidente. Partout où nous rencontrons son culte, en Sicile, à Rhodes, dans l'Asie Mineure, cette divinité est représentée par un Triscèle ou un Tetrajscèle gammé y dont le centre est occupé par le disque du soleil. Son nom seulement et ses symboles sont d'une date relativement récente. Ils se rencontrent à peine aux xiV et xiV siècles avant notre ère, et tout porte à croire qu'ils nous sont venus de l'Orient et qu'ils ont été adaptés à une divinité similaire existant dès la plus haute antiquité dans l'Afrique du Nord. Or, étant donné que la tradition faisait du Triton tantôt le père, tantôt le mari de Pallas et le compagnon de Neptune, on pourrait admettre que la divinité à laquelle on l'a substitué s'appelait, dans le premier cas, Pal, dans le second, Ptun, ce qui nous ramène aux divinités ligures,

40. Tout porte à croire qu'à l'origine Neptune n'était pas une divinité marine mais chtonienne. Son nom noziQ-ôàr, Melk-ard, de môme que son surnom classique Fairioxoç, le désignent comme le maître de la terre. Il s'appelait également cpvzàXi^oQ et avait droit sur les prémices des fruits et des autres produits de la terre. Ses sanctuaires se trouvent dans l'intérieur de la Grèce plutôt que sur le littoral ; on l'adorait même en Arcadie, dont les habitants s'occupaient le moins de la mer (Homère). Il est de plus à observer que la plupart des exploits de Neptune étaient djrigés contre les divinités de la lumière, et le mois qui portait son nom (décembre-janvier) était le mois le plus brumeux de l'année. Dans l'Europe occidentale, Neptune se présente enfin comme le père d'AUas et d'Ëumélos, d'Alébion et de Dercunus, les divinités par excellence liguriennes, et qui, d'après la tradition indigène, étaient les enfants de Ne-pthah, le Disputer des Gallois du temps de la conquête romaiue, le dieu de l'enfer par excellence.

Sa transformation en divinité marine est relativement moderne. Très probablement elle est le résultat de la fusion des idées religieuses des Ligures et des Ibères. Après la disparition des Héraclides, les ennemis implacables des Ligures, les deux peuples finirent par s'entendre et par se fusionner. Le dieu Pal ou Fal des uns s'est iden-

tifié alors avec Bar ou Bal des autres ; Cronos, Je dieu destructeur des Ibères, que son frère avait déjà exilé dans l'enfer, a dû garder pour toujours cette place, laissant à Neptune en héritage celle qui lui revenait jadis sous le ciel.

41» Aléhion et Dercunus, les deux fils de iNeptune, qu'Hercule a tués en Ligurie, les Palices, en honneur dans Ja Sicile, Caslor et Pollux des Romains, Agamemnon et Ménélas en Péloponèse, Amphion et Zéthos en Béotie, etc., étaient autant de reproductions du couple divin de l'extrême nord . Quant au nom de Dioscures que les Grecs leur donnèrent en dernier lieu et sous lequel ils sont connus jusqa'à nos jours dans la mythologie, ce n'est point un nom patronymique,' mais ethnique. C'est une transcription par trop hellénisée de Velhnique de la ville Dlsgouria, ou Lisgouria ou Iscouria, que les Ligures s'étaient construite dans la Golchide et dans laquelle les Grecs ont appris, très probablement pour la première fois, la descendance du couple divin qu'ils adoraient, sous d'aussi différentes appellations, dans leur pays. Sur la ville d'Iscurie, voir Kiepert {Manuel de Géograph, ancienne, trad. franc., p. 51).

42. Sur le symbolisme des peuples préhistoriques du nord , voir Ludwig MûUer [V Emploi et la signification dans V antiquité de la croix gammée avec un résumé en français. Copenhague, 1876). Schliemann {IHoSy trad. franc. Paris, 4885, p. 512-530). Robert Philips esq. (On the meaning and çrigin of the Fylfot, dans le XLVIIP vol. d'Archéologie britanniquej 1885), travail que nous n'avons pas eu l'occasion de consulter, Coblet d'Alviela (la Croix gammée ou Swastika, Étude du symbolisme comparé et la Migration des symboles , Paris, 1894).

43. Sur le culte des pierres, voir Fr. Lenormant(/a Magie) ; Cartaillac (l'Age de pierre dans les souvenirs et les superstitions populaires, 1875) ; Sacaze (le Culte des pieyres dans le Bull, de la Soc. d'Anthropolog., 1875, p. lOi). Sur les pierres à cupules, à bassins, à cercles concentriques avec fusées, voir Desort (les Pierres taillées à écuelles, Genève, i878) ; Nadailhac (Les prerhiefrs hommes, etc., t. I, p. 288 et suiv.) où sont résumés tous les travaux antérieurs sur les pierres à cupules; Alex. Bertrand (la Religion des Gaulois, p. 43 et suiv.).

44. Voir Alex. Bertrand (Religion des Gaulois, les XP, XIP et XIÏP leçons sur la Sioastika et la leçon XVII, les Symboles religieux sur les monnaies gauloises, surtout p. 239 et suiv.). S'il est vrai, comme le dit Platon (Critias, H6) qu'une stèle existait dans la capitale des Atlantes portant des lettres indiquant les commandements des dieux, et par devant laquelle ce peuple avait l'habitude d'aller faire ses dévotions, ces lettres ne pouvaient être que des .symboles de divinités de ce genre. Une, stèle analogue trouvée en Algérie est mentionnée par M. D'Alviela dans son ouvrage sur la Migration des symboles, p. 48.

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45. Dans l'ouvrage précité de M. Alex. Bertrand, on peut voir les figures de différents objets portant des amulettes de ce genre.

46. Le D' Bazin, qui a étudié d'une manière spéciale le tatouage chez les Kroumirs de la Tunisie, a constaté, parmi les différentes figures en usage, plusieurs des symboles qui figurent sur Jés tombes mégalithiques, tels que le discèle et la croix gammés, le triangle^ Vhomme à 6ras levés, le signe de la foudre, etc. Voir (Anthropologie, 1. 1, p. 566).

47. La plupart des symboles linéaires se retrouvent sur les monuments égyptiens. Sans compter les coiffures des dieux et des déesses se composant, pour la plupart, d'une ou de deux colonnes seules ou réunies par un disque du soleil, on rencontre assez souvent le discèle, le triangle, le signe d'S, celui de la foudre, le croissant, le disque du soleil, etc. (Voir le cintre d'une stèle du musée de Gizeh reproduit dans Touvrage de M. Maspero, p. 103, et Timage de Nouit étoilée conservée dans le musée de Leyden et reproduite également dans l'ouvrage de M. Maspero), et comme Ta très bien observé M. Revillout, on rencontre souvent, devant l'image de la divinité qu'on invoque, un triangle isoscèle, placé au-dessus d'une croix ansée. Voir (Gaz, archéolog.y 1889, p. 31). Les seuls symboles qui font défaut sur les monuments égyptiens sont la croix et le discéle gammés, et tout porte à croire que ces symboles, de même que les divinités qu'ils représentent, ont été importés plus tard de l'Orient, à une époque où l'Egypte ne portait plus d'attention à ce qui se passait chez les autres peuples. La croix ansée, l'instrument par lequel les divinités égyptiennes donnaient la vie aux morts, ne répond pas à la croix gammée» C'est une production particulière de l'Egypte, comme la croix gammée en est une de l'Inde. Voir D*Alviela (la Migration des Symboles, p. 435) sur la statue tatouée du musée de Gizeh. Voir plus loin.

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