‹ Essai sur l'hellénisme égyptien et ses rapports avec l'hellénisme classiqueChapitre 44 sur 83 · Voir page 73 et page 93, note · texte numérisé non relu

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5. Toutes ces listes royales, à l'exception de celle de Tutmès III, datent du règne de Séti P' et de Ramsos II. La liste du tombeau de Tounari à Saqqarah, de même que le papyrus royal de Turin sont des

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extraits de la liste d'Abydos, et l'œuvre de Manethon semble n'avoir été qu'une compilation de documents encore plus récents. La concordance de ces textes, loin de leur donner une valeur extraordinaire, est la preuve la plus concluante que toutes ces pièces ont été rédigées par ordre supérieur et sur le même modèle. On sait aujourd'hui que ce sontSéti I" et Ramsès II qui, pour se créer une origine illustre, ont fait rédiger ces listes pour servir de base à une Histoire nationale, dans laquelle le chef de leur famille devait remonter jusqu'au fondateur présumé de l'ancien Empire, jusqu'à Plah même, le Dieu suprême des Kemites ; et des chroniqueurs complaisants n'ont pas manqué pour arranger tout cela suivant le goût du parti régnant, et de telle façon que c'est grand hasard, si nous réussissons aies prendre parfois en flagrant délit de faux, et à rétablir la vérité. Voir Flinders-Petrie (Hist. of Egtjpt. p. 19), Maspero (Hist. des peuples d'Orient^ t. I, p. 228).

6. Sur les noms barbares de ces rois, voir Brugsch [Hist. d'ÉgypiCy p. 40), Maspero (Hist. des peuples d'Orient, t. I, p. 236); sur le luxe elFréné qu'ils ont introduit dans le pays, Diodore (I, 45), Plutarque (delsid. etOsir,, §8).

7. Sur le sort de Menas, voir Diodore (I, 45) et Manethon (Pragm. Hist, grecq,, II, p. 535-540). Chez les Égyptiens, mourir sous la dent d'un hippopotame était considéré comme la fin réservée aux criminels et aux scélérats. Voir Maspero (Contes populaires d'Egypte, 2' éd., p. 59-62). La tradition racontait aussi que le Saïte Tefnakhti, après une expédition contre les Arabes, pendant laquelle il avait dû revenir à la pompe et aux mollesses de la vie royale, avait ma^idit solennellement Menas et avait inscrit les imprécations sur une stèle, dressée à Thèbes, dans le temple d'Amon. Voir Plut, (de Isid. et Osir,, § 8).

8. Sur la fondation de la ville de Memphis, voir ci-dessous, note 15.

9. Le nom de Menas ne se lit pas sur les monuments antérieurs à la fondation du nouvel Empire. Les scarabées et les colliers portant son cartouche sont sûrement d'une époque encore plus récente. Voir Flinders-Petrie (Hist, of Egypte, p. 16). Le groupe des signes symboliques figurant sur la tablette en ivoire, trouvée dans le tombeau royal de Nagadeh (reproduite dans les Nouv. Recherches de M. de Morgan, p. 176, fig. 549), signes qu'on a voulu lire Menas, ne sont pas des signes graphiques, mais, tout bonnement, les symboles de deux grandes divinités des Kemites, surmontant le ciste du défunt. Or, s'il est vrai que les Égyptiens traduisaient Menas par stable, piévcov, a2a>vioç, ce serait la meilleure preuve que ce nom était Ibérien ou Phrygien et qu'il est passé chez les Grecs ainsi que Chez les Égyptiens. Nous venons de voir d'ailleurs (p. 56, not. 89), que Plutarque l'attribuait au premier conquérant sorti de la Phrygie et qui finit par conquérir la Grèce, l'Egypte, de même que l'Afrique du Nord. Tout porte donc à croire que ce nom a été usurpé par les

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scribes du nouvel Empire en faveur de celui qu'ils voulaient faire passer comme le chef de la dynastie régnante.

10. Si Séli I" a mis Menas en tête de 1» liste royale d'Abydos, si Ramscs II lui a créé un culte à côté de celui de Ptah, à Memphis, c'est dans le but de se donner une origine célèbre plutôt que par considération de ses vertus ; et sous une pareille protection, il était très facile en Egypte de voir son culte se perpétuer jusqu'aux temps des Ptolémées, passer même à FÉglise copte, où il est adoré encore de nos jours. Voir Champollion [Monuments de VÉgypte et de la Nubie,p\. CXLIX), Lepsius (DM., III 163), Wiedemann [Aegypt, Gesch,, p. 165).

11. La fondation de Thèbes se perd dans la nuit des temps. A en juger par son ancien nom, Api-u {les habitations), précédé de l'article, T- Api-u, d'où Tèbes (Lepsius Briefe 272), cette ville doit avoir existé avant d*être choisie pour servir de résidence à ses rois, et Diodore, racontant sa fondation par Bussiris II, indique clairement que ce roi n'a fait que l'agrandir et la rendre digne d'être la. capitale de son royaume. Ou (jlo'vov 81 toCItov tôv CaaiXIa 7ïïap6iX7)ça[X£v, àWà xai Tôv OjTspov' àpÇàvTwv TîoXXoùç ti^ xVjv auÇv^ocv x^ç nôXeooç 7;Ê<piXoTi|JLyj(j0ai, àva0ri{jLa(jiT6 ttoXXoîç xai (jLSYaXoiç x. x.X. (Diod., I, 46).

12. Aeuiépa SuvadTsia GiviTtSv paaiXIwv evvéa, wv Trpûroç BcSy^oç, èç' ou yoi<i\xa xaxà Bou6a<jTiv IféyzTO xal TtoXXoî aTCùSXovTO. MeÔ' ov Be^jTspoç Xwo; OU Kai/^ûoç, 0T£ xai ô "Atiiç xal ô Mvsuiç, àXXà xai 6 MevS^^oç xpocYOç Ôsoi IvojJLiaÔrjaav. TpiTOç Bioçtç, Iç' ou èxpi07) xal tàç ^ovaixaç ^aaiXeiaç y^P*? ^7/^^r {xgxà 81 TouTOuç aXXoi xpetç, èç' Sv ouSév ::apà<jT)[Aov Iy^veto. Mûller-^Didot {Frag. Hist, grœc, t. II, p. 543.)

13. Oi' ex Mapérjç t£ tioXioç xal ^'Attioç otxIovTeç Aivijtctou xà Trpo'aoupa Ai6ii7)ç, auToi te Boxéovteç eTvai Aî6u£ç xal oux Aîyutctioi, xal à)(^6ô{Asvoi tyJ Tïspl xà ipà 0pTQ<jx7)i7), pouXo'jjLevoi ÔTjXéwv 6o(Sv [XT) IpYÊCJÔat, Ï7:£[JLt|;av sç ■^A[JL[Atova çà[A6voi oùSèv dçîai xe xal AiYUTCxîoiai xoivov elvai * otxgiiv xe Y«p eÇo) xoi> AsXxa xal oùx ô|jLoXoYé£iv aûxoîai, pouXsaÔai xs Tcàvxtov açiai eÇetvat Y'ÊU£(j6ai' 'O 8è ôeoç açeaç oux 'ea Tcoiésiv xauxa, çàç AI'yuttxov elvat xauxrjv, Tr)v ô NeïXoç STCiwv apBei, xal AIyutcxîouç eîvai xoijxouç, oi ïvepOev 'EXsçavxivTjç TCoXioç oixsovxsç clkq xou Tcoxajjiou xouxou Tctvouat (Hérod., 11, 18).

14. Lorsque Necherofès a monté sur le trône, les Rebou étaient encore en pleine révolte contre le pouvoir central, et la légende de leur soumission, après la réapparition de la Lune, indique clairement que le nouveau roi avait promis de respecter leurs croyances religieuses.

15. L'histoire de Memphis, telle qu'on peut la déduire des monuments, diffère assez de la tradition courante en Egypte, au temps d'Hérodote. Selon M. Ermali, qui en a fait une étude spéciale, (Aegypten, *t. I, p. 240-244), il paraît qu'au début, l'emplacement où cette ville s'éleva plus tard était occupé par le Mur-Blanc, petite

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forteresse, construite par les Kemites et qui, peu à peu, est devenu le chef-lieu d'un département à part. Mais c'est sous les rois de la IIP dynastie que la nouvelle ville acquit une importance réelle. Diodore (1. 50) la fait construire par Ouyopsùç, le huitième descendant de Bussiris, mais qui, comme nous verrons tout à l'heure, n'avait rien à faire avec les rois Thinites. On ne sait pas encore quel était le nom qu'on donnait alors à cette ville. Le fait est que, sous les rois de la IV* et de la V* dynastie, elle a perdu beaucoup de sa splendeur, à la suite des vexations continuelles auxquelles sa population était exposée, tant que ces rois continuaient à construire leur pyramides. Mais elle'a repris vite sous les rois de la VP dynastie. Un d'eux, Pepi P', y fonda pour lui et paur son double, après sa mort, une ville nouvelle, qu'il nomma, d'après son tombeau, Minnifirou, transformé ensuite en Memphis^ et qui à en juger par sa traduction grecque « opjxoç àyoL^&y » (Plutarque, de Isid, et Osir., § 20), signifierait, le port des BonSj le sépulcre d'où les heureux vont reposer auprès d'Osiris. Mais les Grecs alexandrins, qui étaient habitués à faire dériver les noms de leurs villes de ceux des êtres mythologiques, ne tardèrent pas de rapporter Memphis à une princesse, la fille de Ouchoreus, laquelle, très probablement, n'a existé que dans l'imagination de ses auteurs.

16. Des rois de la IIP dynastie, Diodore ne cite dans son ouvrage que deux : le nommé Ouchoreus, le fondateur de la dynastie et de la ville de Memphis, et Neh-Ka ou Neb-Kara, qu'il nous donne sous la forme de NftXeùç. Les scribes du nouvel Empire en font autant dans leurs listes. Quant aux six autres, ils] ont été laissés de côté, comme n'ayant rien fait pour que leur nom fût cité dans les livres de l'Histoire (Diod., J, § 53). Mais les chroniqueurs byzantins, et plus particulièrement Jean d'Antioche, nous apprennent que Ouchoreus (ScJJaiç) a eu pour successeurs trois grands rois après lesquels venait Thoulis. Voir Mûller-Didot (Frag. Hist, graec, t. IV, p. 543).

17. Suivant Bunsen {Aegyptens Stelle in der Weltgeschichte, t. I, p. 72), le nom du premier roi de la IIP dynastie, celui dont Manethon fît son Sesochris et Diodore son oùxopeùç, doit avoir été Sosercherês et il signifiait le chef de r armée. Le célèbre égyptologue base son opinion sur leS faits : que les transcriptions ci-dessus de Manethon et de Diodore supposent l'existence d'un thème, Soser-cfierès ; que la plupart des noms des rois de cette dynastie commencent par le mot soser ou toser; que celui de Tosei'tasis est traduit d'Ératosthène par 'HYy)<j6Kpaxoç, ce qui indique que soser signifiait en égyptien le chef, et enfin, que ce même auteur grec, après avoir cité le nom éix premier roi de cette dynastie, ajoute : 'EpfXTjveusTai Se iIIyrljavBpoç (au lieu de t^ç àvSpo; de la Vulgata), Voir Mûller-Didot, (Frag\ Hist graet., t. II, p. 545). Or, si cette interprétation est,

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comme nous le croyons, juste, il s'en suivrait que le fondateur de la m* dynastie égyptienne était synohyme, d'un côté, du fondateur de la ville d'Archandros, de l'autre de celui de la dynastie phénicienne des Agénorides. Nous verrons par là suite s'il n'y a pas des raisons nous autorisant de considérer ces trois personnages comme un seul.

18. TpÎTT] SuvajTfiia Me|AçiT(ôv SaaiXétov. BaaiXcùç B'. TéoopOoç Itt] x8'. OuTo; 'A<JX7)X7:i6ç AiyurTioiç xaià trjv îarpixTjv v£vo[ii(jTai xal ttjv 8ià JeTrdiv Xtôwv oixoBofjLi'av eOpsio, àXXà xal ypaçT)? e;:i|xeXT[6Tj. {Manethon ap, Africanus). A en juger par ce que dit Diodore sur les successeurs de Ouchoreus, il est à prés:umer que Tosorthos I", de même que ses deux successeurs, ne jouissaient pas de l'estime des prêtres de la Thébaïde. Aussi ont-ils été rayés des listes officielles ou tout ce qu'ils ont fait de bien dans le pays a été passé au compte de leurs rois favoris de deux premières dynasties. J. Africain et Eusèbe, qui ont adopté cette opinion, attribuent à Athothis, deuxième roi de la I" dynastie, tout ce que la tradition rapporte à Tosorthos I", tandis qu'Ératosthène s'en est bien gardé. « ©TjSaiwv, dit celui-ci, BeuTepoç àôaaîXsuaEv 'AôcjSOtjc, uioç Mtîvêwç Itt) v6'. Outo; éppLTjvsuexai 'Ep[kO'{iwr\ç, (Miiller-Didot. Frag, Hist. grœCj t. II, p. 540.) Mais il ne lui reconnaît aucune invention.

19. Tosorthos H ou Djézer ou Zozer, est le plus ancien roi d'Egypte dont le nom est gravé sur la pierre, et la courte inscription qui le contient, à Wadi-Maghara, est peut-être le premier texte égyptien gravé en caractères perfectionnés. Le Roi y est donné comme exploitant les mines de turquoises et de cuivre. Il est resté célèbre assez longtemps pour que les prêtres de l'époque Ptolémaïque, qui gravèrent la stèle de sept années de famine, àSehel, aient placé cette tradition sous son règne. Voir Maspero {Hist. des peuples d'Orient, t. I, p. 239).

Cette même stèle a permis de constater que le protocole du roi enterré dans la pyramide à degrés est identique à celui de Zozer. C'est donc Zozer qui a construit ou qui a aménagé le monument pour en faire son tombeau. Voir Brugsch (Dei* Konig Teser, dans la Zeitschnft, t. XXVIII, p. i 10-111).

La base d'une des statues qui ont été érigées en son honneur, existe encore mutilée, dans le musée égyptien de Berlin.

20. Sur le nom de Neb-Ka ou Neb-Kara, voir p. 20 et p. 53, note 76. 21 , NsiXécDç, àcp' ou au[Ji6aivei tov TCOTapiov (î)vopLaa0ai NeiXov, z6 7:p6 tou

xaXoù[Ji6vov ArpTCTOv. OuTOç 5e TrXsidTaç eùxaîpouç BioSpuy^aç xaxaaxeuûéaaç xal TcoXXà TTSpl Tr)v eùypTjaTiav tou NsiXou çiXoiipLrjOsl; aViioç xaTéarr) tô 7:oTa(jLcô xauTTjç ttjç TcpOdTjyopîa; (Diod., I, 63).

22. Le signe © du Dieu Râ, dit M. Bi-ugsch (Hist, de VÉgyplCy p. 40), l'élément aussi essentiel dans la composition des noms Pharaoniques, ne commence à se montrer qu'avec le vingt-deuxième roi de la liste monumentale.

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