INTRODUCTION. XI
On est par conséquent forcé d'admettre que les vases de cette catégorie étaient fabriqués en Egypte même, par des ouvriers grecs que J'appât du gain, ou simplement le hasard, avaient amenés dans ces régions. Mais, si cette hypothèse est acceptable pour les objets d'un usage ordinaire, on peut bien l'admettre aussi pour les objets de luxe. L'histoire nous enseigne, d'ailleurs, qu'à- partir de Tutmès III, jusqu'à la mort de Chu-en-âten, la Syrie, la Phénicie et la plupart des îles de l'Archipel, étaient tributaires des rois d'Egypte^ et il est très vraisemblable que ces rois aient favorisé l'installation dans leurs États d'artisans étrangers aptes à la fabrication des objets de luxe, si goûtés par leur peuple.
Il est donc permis de croire que sous le règne de Tutmès III et de ses successeurs, il y avait un grand nombre de Grecs installés dans la vallée du Nil; et que non moins nombreux étaient ceux qui venaient chaque année s'y livrer au commerce, précisément à cause du bon accueil qui les y attendait.
La Société archéologique d'Athènes n'a pas été moins heureuse dans ses entreprises.
En 1889 et 1890, deux de ses membres, les plus zélés, MM. Tsountas et Staïs, fouillant les tombeaux de l'Époque mycénéenne ont eu la bonne fortune de découvrir, imprimés sur des poteries ou gravés sur des pierres, certains signes qui semblaient être des caractères graphiques". L'un de ces signes a la forme du FT grec, un autre ressemble jusqu'à ridentité à la lettre qui, dans l'alphabet cypriote, exprime les syllabes Ila-Ba-^a. Un troisième représente un IL Ces mômes signes, mêlés à d'autres de différentes formes, ont été trouvés ensuite à Goulas, à Knossos, à Praissos, en Crète, et dans plusieurs îles voisines de l'Archipel**. Or, étant donnés leurs formes, leur groupement méthodique, et, plus particulièrement, les nombreuses analogies qu'ils présentent avec les signes d'écriture hiéroglyphique et cypriote, on a été amené à reconnaître qu'on avait là de