Voir ci-devant, p
3. Des rois de la IV« dynastie, nous ne possédons qu'une seule statue intacte, dans laquelle les égyptologues reconnaissent le portrait de Snefrou ou de Dadefrou. Voir Grebaut (Musée égyptien, pi. XII), Maspero [loc. cit., t. I, p. 364, et dans la Revue critique, 1890, II, p. 416). Les Musées abondent, au contraire, de statues de particuliers de cette époque, et toutes ces pièces ont les traits qui, à notre avis, caractérisaient les fondateurs de la IV* dynastie. De plus, il est intéressant de savoir combien ces gens-là ressemblaient aux Scythes décrits par Hippocrate (Des Airs, des Eaux et des Lieux, p. 251). « IIouXo àrr[X- Xaxxai Tûv Xoiiîôv àvôpojjiwv t6 Sxuôixov ylvoç xai loixs auTO èwuTô (5a::ep t6 Aî^uTCTiov », et un peu plus loin « xà iXhta autwv noLyéa lori xal aapxaSSsa Ta apôpa, Zix ktjpleXtjv Zl xal «j^iayjv ttjv aoépxa Ta ei'Bea loixs àXXT[Xoi<ji, TàT£ àpaeva Toïai apaeai xal Ta ÔTjXsa TOiai ÔTJXeai », ce qui prouve que lorsqu'il écrivait ces lignes, le père de la médecine avait sous les yeux des Scythes de cette provenance.
4. Ainsi que nous Tavons vu plus haut (p. 138), la jupe était Thabillement habituel des Scythes européens ou hyperboréens ; c'est d'eux qu'elle a passé ensuite aux peuples de la Grèce, de l'Italie, de l'Asie Mineure et, dès la IIP dynastie, aux Égyptiens même; or, dans tous ces pays la mode a si bien pris, que ce genre d'habillement finit par caractériser les peuples européens, par antithèse aux peuples asiatiques, qui portaient des culottes.
5. Au dire d'Hérod. (VII, 61), la culotte était un vêtement que les Perses avaient emprunté aux Mèdes. MtjBixt) 8s auTr) rj axsur) Itrci xaî où IlEpaixTÎ ». Mais à en juger par son usage chez la plupart des peuples barbares qui, dans les temps historiques, ont émigré en Europe de l'Asie centrale : les Celtes, les Galates, les Belges, etc. XpôvTai outoi àvaÇupi'aiv, aç Çp&xa^ TrpoaaYopeuouai », on incline à croire que les Mèdes aussi l'avaient reçue des Scythes de l'Asie centrale, chez lesquels elle constituait l'habillement par excellence.
6. Un autre genre d'habillement des Scythes asiatiques, qu'on constate également chez les rois de la IV' dynastie, c'est le bonnet en feutre ou en peau d'animal, de forme conique, le bonnet par excellence des Saces : Ijàxai 5è xal ol IjxuOoi Trepl [lév T^ai x£Ç7)X^ai K\>p$ao£aç h o?ù
(X7ur)Y[iévaç opôàç er/ov TzzKfi^ia^, Hérod., VII, 645. Le même historien nous informe que le peuple scythique, connu sous le nom d'AypifxTîaîoi, portait des culottes et en même temps il avait, comme les rois de la IV» dynastie, la tête chauve « TuàvTEç çaXaxpol ix yêvet^ç Y£V(^{X£vot xat apa£V6ç xal ÔTjXeai », fait qui ne laisse aucun doute sur Torigine scythique des fondateurs de la IV* dynastie.
7. Au dire des hébraïsants, le nom « Pharao » que les Hébreux donnaient aux rois égyptiens n'était qu'un simple titre, correspondant au V roi » ou au « Tzar » de notre temps. On peut en dire autant des mots 4>P00YP0 ou IIPPO en usage chez les Coptes, de même que du « Per-aa » des anciens Égyptiens. Tous ces termes désignaient le roi, et rien ne nous empêche de les considérer comme autant de formes dialectales d'un thème dont on ignore encore la provenance. Toutes les tentatives ayant pour but de faire dériver ce mot de Tancien égyptien échouèrent. L'on sait aujourd'hui que « Pharaon » n'a rien de commun avec le dieu Rà. Voir Ebers [Die Bûcher Moses und Egypten), et tout porte à croire que le mot égyptien Per-aa, indiquant la grande maison ou le palais, n'a de commun avec celui qui désigne le Pharaon, que le son. Parce que les Turcs d'aujourd'hui se servent du mot « Sérail » pour désigner le sultan, et de celui de la grande Porte ou la Sublime-Porte pour indiquer le siège du gouvernement, ce n'est pas une raison pour admettre que les anciens Égyptiens en faisaient autant. Aucun texte n'est venu jusqu'à présent prêter témoignage en faveur de cette interprétation si en vogue dans les écoles.
Il nous paraît bien plus rationnel d'identifier « Pharao », et plus particulièrement sa forme copte ^POOYPO, au mot <i»po\ipoç, qui, quoique figurant, depuis plusieurs dizaines de siècles, dans le dictionnaire grec, n'en constitue pas moins un terme barbare. A sa place, les Hellènes se servaient du mot iroifiriv, et tous les deux signifiaient, jusqu'aux temps d'Homère, les chefs de peuples ou les rois : 7coi[xsveç Xaôv. Étant donné donc que cette habitude, de désigner les rois sous le nom de bergers, existait, de tout temps, chez les Scythes de l'Asie centrale, il ne sera pas téméraire, il nous semble, de considérer le mot Pharao comme une transcription du terme dont ce peuple se servait pour désigner ses rois, et que les fondateurs de la V' dynastie doivent avoir importé en Syrie aussi bien que dans la vallée du Nil.
8. Voir Hérod., II, § 127, et Macrobius {Saturnalia, I, 23, § 10).
9. Après avoir longtemps discuté Texistence de Sargon et de Naram- S«n,les assyriologues s'accordent aujourd'hui à reconnaître en eux les deux premiers rois historiques de la Babylonie. Les archéologues ont réussi à mettre à jour les villes que ces princes ont habitées, leurs palais, leurs monuments, etc., et une série de textes les concernant a permis à MM. Tiele (Babyloniens und Assxjriens Geschichte^ p, 112), Hommel (Geschichte Babyloniens und Assyriens)^ Maspero (loc, cit. y