‹ Essai sur l'hellénisme égyptien et ses rapports avec l'hellénisme classiqueChapitre 7 sur 83 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Phrygiens, des Lyciens, des Cariens^®, etc., des temps historiques, et il se laisse beaucoup mieux comprendre comme récriture ancienne de ces peuples émigrés en Péloponëse et dans les îles de la mer Egée, que comme une variété du Cypriote. D'ailleurs, il diffère de ce dernier assez pour qu'il ne soit pas permis d'attribuer à ses caractères la valeur phonologique de ceux du Cypriote.

Il ne faut pas cependant oublier qu'à l'époque dont il est question les peuples hellènes avaient déjà fait leur apparition dans ces parages, et que très probablement ils s'étaient servi de l'écriture des indigènes bien avant que les Éoliens établis à Chypre aient pensé à l'accommoder aux besoins de leur idiome. Il y a donc grande probabilitépour que, parmi les inscriptions égéennes recueillies par M. Ewans, il y en ait plusieurs qui cachent un idiome hellène. Mais nous n'en aurons guère la certitude que lorsque le hasard nous aura mis entre les mains une de ces inscriptions bilingues qui ont permis à M. Schmith de pénétrer le mystère du syllabaire cypriote ^\

Une série de faits de cette nature ne pouvaient certes laisser longtemps les Égyptologues indifférents ; et les plus entreprenants d'entre eux ne tardèrent pas à se livrer à un examen minutieux des textes, afin de s'assurer s'ils ne contenaient pas de données propres à éclairer d'un nouveau jour la question.

Trois points étaient à éclaircir :

Déterminer le nom que les anciens Égyptiens donnaient aux Grecs; indiquer les textes qui en font mention; enfin, relever les circonstances dans lesquelles on parle de ce peuple.

Heureusement, la première de ces questions, la plus difficile, était déjà résolue par le doyen des Égyptologues, M. Lepsius, et d'une façon qui ne laisse rien à désirer.

En 1866, ayant découvert la stèle portant le décret trilingue de Canope^^, il remarquait que partout où dans le

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