‹ Essai sur l'histoire de l'instruction publique en BelgiqueChapitre 11 sur 20 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La révolution française de 1789. —Décret de l'assemblée constituante, du 3 septembre 1 791 , sur l'éducation nationale.- Projet de Talleyrand.— Séance de l'assemblée constituante du 25 septembre 1791 ; elle prononce l'ajournement du projet de Talleyrand.— Assemblée nationale

législative. — Projet de Condor cet. —La mise à exécution de ce projet est également ajournée. — Contention nationale. — Proclamation de

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— Opposition de la ville de Louvain contre le système administratif

imposé par les vainqueurs.— Les agents du pouvoir exécutif veulent régénérer la Belgique. — Bataille de lYeerwinde ; l'armée française

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Girondins au sujet de l'éducation.— Constitution de 1793. — Plan de Michel Lepelletier. — Séance de la convention du 15 août 1793. — Sur la proposition de Danton, le projet de Lepelletier est modifié.— Jutres mesures de la Convention. — Loi du 99 frimaire an II. — Réaction après la chute de Robespierre. — Ecole normale de Paris.— Réorganisation des écoles primaires. — Écoles centrales. — Écoles polytechniques. - Constitution de l'an III. -Loi du 3 brumaire an IF. - La Belgique, reconquise par Pichegru et Jourdan en 1794, est réunie à la république française. — Nouvelle division territoriale de la Belgique; l'instruction publique y est organisée d'après la loi du 3 brunmirt: an tr . — ouppi vsswn ue i unuersifc ue i>ouvain. — conséquences du coup d'État du 18 fructidor an F sur l'instruction publique.— Bonaparte, consul.- Le Prytanèe.—On réclame dans le

talis au corps législatif sur l'absence de religion dans les écoles.— Loi du 11 floréal an X ; son application en Belgique.— Bonaparte visite le Lycée de Bruxelles. — Empire napoléonien. — Règlements administratifs. - Loi du 22 ventôse an XII. -École de droit à Bruxelles. Écoles de médecine.— Organisation de J' université impériale.— Académies de Bruxelles et de Liège.— Détails sur les lycées.— Universités allemandes.— Les écoles de la Belgique vers 181 4.— Instruction primaire dans la Suisse allemande, en Hollande, en Belgique.— Dissolution de l'empire français.

Pour comprendre l'esprit des institutions qui furent imposées ù la Belgique par la France conquérante, il faut suivre les progrès de cette révolution qui , depuis 1789, changeait los

idées et les mœurs, de même qu'elle avait changé la forme du gouvernement.

L'assemblée constituante avait déjà sacrifié sur l'autel de la patrie tous les abus et tous les privilèges , vieux débris de là féodalité; elle avait décrété la constitution de 4791, qui consacrait l'égalité parmi les citoyens ; pour terminer ses glorieux travaux , elle crut nécessaire d'organiser un système d'éduca- ' lion en harmonie avec le nouvel ordre de choses. Le 3 septembre, elle rendit le décret suivant : « Il sera créé et organisé

• une instruction publique, commune à tous les citoyens, gra-

• tuite à l'égard des parties d'enseignement indispensables t pour tous les hommes , et dont les établissements seront t distribués graduellement dans un rapport combiné avec les « besoins du royaume. > Pour l'exécution de ce décret , Talleyrand présenta , dans la séance du 10, un plan d'organisation générale de l'instruction publique en France, depuis les écoles primaires jusqu'à l'institut national, dont il proposait, dès cette époque, la création. Un projet de loi, composé de deux cent huit articles, formait la conclusion de cet immense travail, dont le véritable auteur, l'abbé Desrenaudes, avait cédé toute la gloire à l'ancien évéqued'Autun. Ce projet tendait déjà à séculariser complètement l'enseignement, en le fondant sur une base civile, et en le faisant donner par l'État, et non par l'Église L'organe de la Constituante voulait que l'État devînt maître de l'instruction, et que tous les citoyens eussent le droit de recevoir ses bienfaits: ces deux principes étaient hardiment posés ; pour les corroborer, et pour éloigner à jamais le prêtre de l'école, Talleyrand propo-

• « Dès le commencement de la révolution, dit un prélat belge, une erreur fondamentale avait été inoculée à la société française, surtout par les efforts de celui qui s'appela depuis le Nestor de la diplomatie. Talleyrand assujettit à l'État l'homme tout entier, au moral comme au physique. La religion, cette fille du ciel, fut soumise par lui à l'État ; il fonda le schisme en France. » Analyse de l'exposé des trais principes sur l'instruction publique, par I. l'évèque de Liège.

sait de mettre la théorie des droit* de l'homme, comme un nouveau catéchisme , entre les mains de l'enfance, et de déclarer que la théologie étant immuable et la science progressive, il y avait incompatibilité entre elles, et que le prêtre devait rester étranger à la science qui n'enfante que d'ambitieuses subtilités. Le plan général comprenait d'ailleurs trois degrés d'enseiguemcnt : i° les écoles primaires; 2° les écoles de district, pour remplacer les collèges; 3° des écoles de département, pour les états auxquels lu société réserve des moyens particuliers d'instruction, tels que le sacerdoce, la médecine, la jurisprudence et l'armée. L'Institut national couronnait cet édifice.

Le projet de Talleyrand, vaste et savante conception, fut prôné par tous ceux qui partageaient les idées philosophiques ou démocratiques de l'époque; il s'élevait, disait-on, o la hauteur de toutes tes espérances, contentait tous les esprits ». Cependant l'assemblée constituante, fatiguée d'une session qui s'était prolongée pendant vingt-huit mois, recula devant l'examen de ce plan; elle ne voulut pas même discuter les trente-cinq articles auxquels l'évéquc d'Autun réduisit son projet primitif. Dans la séance du dimanche, 25 septembre, l'assemblée vota l'ajournement du projet de M. de Talleyrand à la prochaine législature. Nous reproduisons ci-dessous les détails de celte séance; ils font connaître la situation des établissements d'instruction publique à cette époque, ainsi que les opinions de plusieurs des membres les plus inÛuents de l'assemblée.

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