JUSQU'A
L'AVÈNEMENT DES OTÏÏON
Cnrnclerc péniral île cette période. — Essais de monarchie nntinnnle. — Founnwi ils falioucni. — La Pnpnuto. — Développement de In Ffod*lile. — Dércli-]>pi-Tiignt <i.«, iiinriHiiitfs. — I.rs i'iv.'iiies et lus Comtes. — Le* ilifliircnK-* i-la-w. rie lu population. — Ijh TWpilMiillies italien-
La période qui s'écoule entre la chutcdela dynastie carolingienne et l'avènement de ta dynastie saxonne, est pour l'Ilalieune période de déchirement et de confusion. Lee factions naissent, disparaissent, se reforment cl se fractionnent sans cesse. Tout de-
2r.O DE LA CIVILISATION
vient local, individuel, mesquin, les tendances cl les luttes. Aussitôt qu'un parti semble près do I ri oui plier, tous les autres s'unissent contre lui et les papes entretiennent ce système de bascule dans l'espérance d'en profiter. La société est en proie à des agitations sans cesse renaissantes et pourtant stériles. Tout y est monotone, jusqu'à la corruption et audésordre. et aucun grand événement n'ultirc par un éclat tragique l'attention de la postérité.
Des princes ilaliens s'ulloruenl de conquérir l'autorité qui a échappé à la main débile des empereurs carolingiens; ils échouent devant la résistance de la cour de Rome. Quand Rérenger a soumis l'Italie septentrionale, le pape lïlienne se range du côté de Guido et le sacre empereur. Quand le pouvoir de Guido s'affermit, le pape Formose se tourne contre lui et lui oppose un nouveau compétiteur, Arnolpbc. A peine la mort du fils de Guido, Lambert, a-t-ellc permis à Bérenger de ressaisir l'autorité, que Louis de Provence, appelé en Italie parlo marquis de Toscane, réussit à se faire couronner roi à Pavic et reçoil à Home la couronne impériale des mains du pape Benoît. Louis est renversé par ceux mômes qui l'ont élevé et Bérenger atteint enfin à l'empire. Aussitôt un nouveau rival surgit, Rodolphe. Bérenger est assassiné. Rodolphe ne triomphe pas pour cela. Il est renversé par Hugo qui succombe à son tour sous les attaques do Bérenger H. Celui-ci, en face de l'opposition des papes, ne peut pas plus se maintenir que ses prédécesseurs, et un prince étranger, Otbon, recueille enfin la couronne qu'aucun prince italien
EN ITALIE 251 n'a su garder sur sa tèle ni transmettre à sa race.
Tous ces essais de monarebio nationale échouent contre les moines obstacles : le pouvoir temporel des papes et la féodalité. Aucun des grands barons n'est assez puissant pour triompher de ses rivaux ou assez patriote pour leur céder. Ils manquent de génie pour s'élever au trône ou depomtsd'appui pour s'y maintenir, et ils ne sont .ni assez forts pour devenir ou rester souverains, ni assez faibles pour se résigner au tôIo de sujets. Chacun d'eux, profilant pour s'étendre et se rendre indépendant, du désordre qu'amène l'absence d'un niait ro, cherche à perpétuer ce désordre. Les grands seigneurs luï'i pies et ecclésiastiques ayant des intérêts opposés, soutiennent des prétendants différents auxquels ils vendent leurs suffrages, et enveniment par leurs luttes des rivalités déjà irréconciliables. L'idée, le fantôme, le souvenir de l'empire romain, conserve une grande el funeste influence sur les esprits. Le peuple veut un empereur et non un roi, parce qu'il croit avec le nom de l'empire en ressusciter la grandeur et retrouver des Charlemagne ou des Constantin dans chacun de leurs successeurs. Les papes, par intérêt, encouragent cette politique. Us craignent de voir s'élever auprès d'eux en Italie une dynastie qui s'opposerait au développement ou à l'exercice do leur propre puissance; toutes les fois qu'un prince s'affermit, ils cherchent à l'étranger un prétendant à lui opposer. Ils veulent un empereur auquel ils donnent la couronne, ils ne veulent pas d'un roi qui leur donnerait des ordres. L'établissement d'une royauté puissante en Italie
et, par suite, l'unité et l'indépendance do la Péninsule deviennent impossibles.
Mais les papes sont loin de retirer du triomphe de leurs plans tout le succès qu'ils en attendent. S'ils s'affranchissent du protectorat des Carolingiens, c'est pour tomber sous le joug bien plus dur des barons féodaux. Ils ne font qu'échanger un suzerain bienveillant contre des maîtres avides ou des voisins spoliateurs. Déjà, à l'époque do la consécration d'Adrien II (8G7), on avait vu Laurent, duc de Spolète, entrer à Rome en conquérant et mettre la ville au pillage, n'épargnant ni les églises, ni les monastères, livrant les filles des plus nobles familles aux brutales passions dé ses soldats (1). On vit dix ans plus lard, en 878, le pape Jean VIII assiégé pondant un mois dans l'église de Saint-Pierre par Guido II et par le marquis de Toscane Adalbert. Après la mort de Jean VIII et pendant un siècle et demi, ces désordres devinrent permanents, et le Saint-Siège, disputé, conquis les armes à la main, déshonoré par tous les vices, perdit à la fois toute dignité et toute force, sa puissance moralo aussi bien que sa puissance temporelle. Il y a dans l'histoire des époques plus terribles, il n'y ou a guère de plus som • bres; car rien n'y console de l'abaissement des ca-
(1) t Igiliir Lamlnrftu Jui Fpoletanus lempoio coniemtionin (BfVl) hnjtw noarudi pontiBcia Romuuan nrliem pnete r eomuetudinera eient lj-rnaus intnvit non idnilliiiiltiu, ficul vidai «itellLtilius suis ad pradantluin d'utribnil inajonsin ■loniri' miilli- muii'irilniî vcnilidit, unllis manuteriis, eccksi* nulli 1 : pq^ri-it, i|u:n i:no ]^oliilii?iiïii geifcris pucïlos lam
sil. . (AmuUs., OU.) " ï '
EN ITALIE 253 ractères, et s'il y a des protestations contre ie triomphe insolent (lu vice, ce sont les protestations muettes de quelques consciences isolées dont l'indignation Échappe à la postérité.
Au milieu des troubles et des désordres où la société menace de s'abîmer, les papes recourent en vain à leur politique traditionnelle et cherchent en vain, en affaiblissant les uns par les autres les prétendants qui se disputent l'antique couronne des Longobards, à conserver leurs possessions.
Comme ils ne sont d'aucun parti ils finissent par être la proie de tous les partis. Ne trouvant point du protecteur, trouvant partout des euiiemisaulourd'eux ils sont obligés, pour n'etro point entièrement dépouillés, de céder a la noblesse guerrière, à titre de bénéfices, des terres qu'ils ne peuvent plus défendre et aliènent ainsi la plus grande partie des villes et des bourgs qu'ils tenaient de la générosité de Cbarlemagne. Leurs vassaux, comme ceux des rois, cherchent à se rendre indépendants, h conquérir l'hérédité do leurs charges, et ils y réussissent d'autant plus aisément que le suzerain dont ils relèvent est plus faible. Un moment vient où ce n'est plus la noblesse qui dépend du Pape, mais le Pape qui se trouve à la discrétion de la noblesse, où le trône de saint Pierre n'est plus pour ainsi dire qu'un fief des comtes de Tusculum, où de grandes dames devenues courtisanes, lesThéodora et les Marozzia, instruments ou chefs do partis, faisant de leur lit le chemin de la Papauté, y élèvent tour à tour leurs bâtards ou leurs amants. La gangrène entre dans l'Église en même temps que la
féodalité (1). L'aliénation des terres papales et la corruption font chaque jour des progrès (2), et l'avènement de l'empereur allemand Otlion ne fait que suspendre pour un instant la décadence do la Papauté sans metfre fin ni aux intrigues honleusesel aux luttes sanglantes dont elle est l'objet, ni à la prétention des barons de la confisquer à leur profil.
Cependant, au milieu de toutes ces misères et de toutes ces hontes, une fermentation s'opère et une transformation se prépare.
Parallèlement aux seigneuries laïques, les immunités ecclésiastiques continuent à se développer. Elles avaient d'abord consisté dans l'exemption de la juridiction des comtes et le droit accordé à des couvents et à des églisesde relever directement de la couronne et de faire juger ou représenter en justice, par leurs avocats, les personnes non libres établies sur leurs terres. Plus tard, elles conférèrent le droit de juridiction non- seulement sur les serfs et les vassaux, maïs sur les hommes libres, d'abord an civil, puis peu à peu au criminel. A parlirdu règne de Bérenger et de Guido, au milieu des guerres civiles qui déchirent l'Italie, quand les prétendants, dans leur passage éphémère sur un trône consleslé, prodiguent les concessions pour se faire des partisans et renoncent aisément à une autorité qu'ils n'ont pas la force d'exercer,
(1] Voya Mntntorî, Annal., t. V, p. 193 et p. 267, — Aimai, FuMe*i„ nnn. 833. — Lintprand, Dt Btbui Imp., il Kta , lib. I, cap. ix; ]ih. II, cnp. xii] ; lib. VI, cup. 71, vu,
(ï) Pour Itanium-, lovn Mitarelli tt lAiTtaJuiii, Annal. CaltnaJvItnln,
], dipi. xit« xra.
Di j 1 1 L- J I3v
EN ITÀLIIi 255 elles s'élendeni encore. Les évoques obtiennent la cession de tous les droits régaliens dans les villes, et l'extension de leur juridiction dans un péri mètre assez, étendu et très-vaguement déterminé en dehors des villes. Curtis regia, revenus, vassaux , propriétés publiques, tout passe entre leurs mains. Ils ont le droit et la charge de creuser des lassés, île bâtir des moulins, d'élever des (ours el des fortifications, d'établir des marchés (1). Enfin, non contents de remplacer les comtes dans les villes, ils arrivent souvent à se substituer à eux dans toute l'étendue du comté.
A des degrés divers el à des dalesdillerenfes, celte révolution s'accomplit dans une grande partie de l'Italie, et autant qu'on en peut juger par les titres qui nous restent, vers la seconde moitié du dixième siècle. Tout la favorise : les empereurs el les lois, parée qu'ils redoutent moins le pouvoir viager des évoques que !e pouvoir héréditaire des comtes; les papes, parce qu'ils conservent un reste d'influence sur l'épiscopat; les peuples, parce que le gouvernement des évoques est moins dur que celui des barons.
Cependant la féodalité séculière ne succombe pas partout. En Lom hardie, on trouve encore dans les villes, des comtes à côté dos évoques (2} ; en Tes-
[1) FrivlMg» «ccordi. 6 Modtoc, en 882. Ugliolli, halù non, II, p. SB. - Tirabroebi, lib. C, p. SI. — Mnmioti, An>., V!. 10. - Silllngurdi, Séria E^Ucupma. mutins*, p. IV. — Comparai : BettumiBn.Holweg, l'rjprun;;, Ole, P .100.-Pri T iKgi-s accorda à \;,;^im., ï!f. I.—Uffliolli, IV, p. 421. — PrîviWgB «ocorofa b Crénwm, 816. - M-, OU., p. Bfi7.
(2) Dana le neuvième article de In pais .le Constance, les villun lomluirilcs sont distinguées eu Tilles fpismpali'.. el •. ilk's mm fpiscopalcs. (Yoyeï PertI, Mon. im., IV, p. UB.)
cane, l'histoire nous montre toute une série de puissante marquis, vrais souverains par leurs richesses et leur pouvoir, qui plus d'une fois sont a la veille de monter sur le trône d'Italie et dont l'illustre comtesse Mathilde sera la dernière héritière. En Frioul, les barons conservent la prééminence sur le clergé; seulement, l'unité politique du comté s'est dissoute et les différents droits du comte se sont partagés entre une foule de petits bénéficiaires parmi lesquels le comte n'est presque plus qu'un égal (1).
Dans l'Italie méridionale l'équilibre se maintient à peu près entre les fiefs et les i m muni lés ecclésiastiques- Sur le territoire des immunités où ils succedentà tous les droits des comtes, les éverpaes n'introduisent point l'unilé de juridiction. Libres et non libres, continuent à être soumis à des tribunaux et à des juges divers. hcsscabùti, ksjudices civtiaiis, conservent leurs anciennes fonctions, et le vice dominas est chargé de l'administration des biens ecclésiastiques. Les évoques n'instituent pas, comme on l'a cru, des comtes et des vicomtes, car ils le sont devenus eux-mêmes, ils se font seulement suppléer par leur advocatus, qui devient pour eux un véritable lieutenant.
On ne saurait trop regretter que la pénurie des documents qui nous sont parvenus et la sécheresse des chroniques contemporaines, ne nous permette pas de saisir clairement les transformations des différentes classes de la société a celle époque. Tout ce qu'on peut dire, si l'on ne veut pas se perdre dans le
(1) Monton, ânliq., I, p. 289,311, 953,11, p. 9S5 ( IV, p. 670,
EN ITALIE 257 vague et l'obscurité des conjectures, c'est que la hiérarchie sociale est la suivante: les princes, ducs, comtes ou marquis, et iescvèques ou abhés, possesseurs d'immunités, grands seigneurs laïques ou ecclésiastiques compris sous le nom générique de principes ; au-dessous, les capilanei ou valvas&ores majores, détenteurs d'un bénéfice laïque ou ecclésiastique : ces deux premières classes forment la haulo noblesse. La noblesse inférieure se compose des vatvassores ou valvassini, des sous-vassaux. Le reste de la population libre et sans fief, forme le populaire, les paysans, les bourgeois, le populus ou plebs. Sous le nom do civés on comprend tantôt l'ensemble des habitants libres d'une ville, les autres ne comptant jamais, tantôt les seuls plébéiens. Le mot milites désigne la noblesse laïque ; ce n'est que vers le onzième siècle que paraîtra le mot de tiobiliios et que le mot cives désignera plus particulièrement le tiers-état, ordre nouveau, né du développement du commerce et de l'industrie, placé dans la hiérarchie au-dessous des capifanei et des valvassini, et au-dessus du simple populus, et dont les membres sont appelés aussi négociants ou negociatores (1).
Les comtes qui furent dépossédés de leurs droits sur les villes par le développement des immunités ecclésiastiques, se retirèrent à la campagne sur leurs terres, où ils ne furent plus désormais des fonctionnaires plus ou moins indépendants, représentants de la justice royale, mais do simples barons, proprié-
(1) Muratori, Scriptom, IV, p. 33, D.
taires. Dès lors le comté cessa lout à fait d'être une charge pour devenir exclusivement un fief ou une petite souveraineté ; et l'opposition commença à se dessiner entre les campagnes cl les villes. Quo si nous anticipons un peu sur les dales pour jeter un coup d'ccil au delà du temps dont nous achevons en ce moment l'histoire; nous verrons les évèques chercher à étendre les frontières du district où s'exerçait leur autorilé, et se heurter encore au pouvoir déjà bien réduit des comtes. De là de nouvelles luttes. Les évèques donnent une partie de leurs terres en fiefs, pour se créer de nouveaux appuis. Leurs vassaux, comme tous les vassaux, au lieu de les servir, cherchent à s'affranchir d'eux et s'allient contre eux ou avec les comtes ou avec les habitanis libres des villes. Les empereurs prennent ordinairement parti contre les éveques, dont lo pouvoir trop étendu les effraie, et au milieu de ces conflits la liberté des communes prend naissance.
Elle ne sort point directement, comme on l'a dit, du développement même des immunités. Les évèques, loin de favoriser l'émancipation des villes, s'y opposaient, et pour devenir indépendantes, elles durent lutter aussi bien contre les évèques quo contre les comtes. Seulement elles triomphèrent ordinairement plus vite des évèques, parce que ceux-ci en faisant régner dans les villes qu'ils gouvernaient une tranquillité relative, en les mettant par des fortifications mieux entretenues à l'abri des coups de main, permirent à l'industrie et au commerce d'y prendre un plus grand essor, aux anciennes corporations de s'y
EN ITALIE 259 organiser plus fortement, cl aidèrent ainsi à la bourgeoisie qui devait les remplacer à naître plus toi et à grandir plus vile.
On a longtemps disputé pour savoir si les républiques italiennes sont d'origine romaine ou germanique. Elles sont d'origine romaine en ce sens qu'elles sont l'œuvre de la bourgeoisie, et que la bourgeoisie s'est formée en grande partie des anciennes familles romaines réunies dans les villes, s' émancipant lentement et s'élevant par le commerce à la richesse, et ■ par la richesse a l'importance politique. Elles sont encore d'origine romaine en un autre sens', c'est que leur naissance est étroitement liée au réveil des idées latines et à la prépondérance de l'élément latin. Les villes préservées des invasions longobarde et franke, sont les premières à se donner un gouvernement indépendant. Celles du midi de l'Italie devancent de beaucoup celles du nord. Naplcs, Gaéte, Amalfi sont libres avant Milan et avant Florence.
Mais nous avons déjà vu qu'on ne peut pas rattacher les républiques italiennes aux anciens municipes romains. Dans les premiers temps qui suivirent les invasions, les vaincus virent avec joie le renversement des institutions municipales, qui avaient élé pour eux pendant si longtemps un fardeau écrasant, et ils ne purent songer à convenir en instrument de délivrance cet odieux instrument de tyrannie. Les villes furent administrées directement par les ducs et los comtes. Dans les lois des Longobards et des I'Vanks, dans les jugements et les contrats qui datent de ces deu\ époques, il n'est jamais question d'ad-
2G0 ' DE LA CIVILISATION niimstralion communale, d'autorités judiciaires et administratives appartenant en propre aux villes. Le développement (les immunités ecclésiastiques ne change rien à cet ordre de choses. Les évèques gouvernent les villes comme avaient fait auparavant les ducs et les comtes, et en sont considérés non comme ,les administrateurs mais comme les maîtres. Les villes n'ont ni propriétés ni revenus, car elles ne s'appartiennent pas à elles-mêmes, et quant à leurs hiens communaux, dont il est quelquefois question, ce sont simplement des bois et des pâturages dont la jouissance appartient en commun aux habitants, niais dont la gestion ne suppose pas nécessairement un gouvernement municipal.
Les constitutions des villes d'Italie ne furent donc pas une résurrection et ne peuvent pas se reliersans interruption aux vieilles formes municipales de l'Empire. Elles furent l'épanouissement d'une force intime longtemps contenue qui peu h peu et lentement se fit jour. C'est du olioc des partis, c'est de la croissance lente mais vigoureuse d'une classe moyenne, qu'elles naquirent. Quand tomba l'Empire romain, la classe moyenne avait été détruite par les exactions, elle était redevenue peuple, elle n'avait plus ni richesse, ni dignité, ni force. Elle se releva de cet abaissement, mais il fallut des siècles. Elle devint riebe, puis habile et enfin influente ; par l'habitude et l'agrandissement de ses all'aircs privées, elle s'initia au maniement des aiVaires publiques. En lui mettant les armes à la main, on lui donna le moyen do triompher le jour où elle voudrait se ser-
vir de ces armes pour elle et non pour d'autres.
Le présent ne sort pus toujours tout entier du passé. Partout où il y a «ne ville, il y a les cléments d'une existence et bientôt d'une administration, et enfin, si les circonstances le permettent, d'un gouvernement municipal. Le mouvement qui s'est produit dans les villes d'Italie a été plus brillant, plus précoce, plus complet que dans le reste de l'Europe. Il s'est produit dans les mûmes conditions. Il n'est que l'avencment des classes bourgeoises. 11 y a eu un gouvernement de citoyens quand il y a eu des citoyens.