MÉTHODE SUPËRFIQELLE DE DENYS
sion du style en trois genres, le simple, le sublime, le tempéré ^ Qui sait si la distinction ded trois genres de style n'a pas contribué à faire naître une confusion entre divers genres de composition littéraire, entre les compositions en vers et en prose, et, pour ces dernières, entre Téloquence et Thistoire? Cette fâcheuse confusion, Denys la laisse voir à chaque page de ses mémoires sur les grands écrivains, lorsqu'il met dans la même balance les dialogues de Platon avec les discours de Démosthène et avec les narrations de Thucydide ; lorsque dans soji traité De la Disposition des mots, il rapproche les Simonide et les Pindare des prosateurs ioniens ou attiques, sous l'unique point de vue de l'harmonie du langage. A cet égard, les rhéteurs des siècles suivants n'ont que trop négligé le fond même des choses pour n'examiner que les qualités ou les défauts du style, et nous retrouverons chez Hermogène les fâcheux effets d'une méthode si étroite et si superficielle.
Nous ne regretterons pas très- vivement la perte des ouvrages de B^nys Sur le Choix des mots et Sur les Figures, pas même celle de son livre Sur rtmita-tion, car ce livre (on le sait par les fragments qui
* Voyez l'analyse des principes de la rhétorique selon Denys d'Halicarnasse dans la thèse de M. Sadous qui sera citée plus bas, et comparez un scholiaste d'Hermogène (t. VII, p. 93 des Rhetores grœci de Walz) qui paraît faire peu de cas de cette division.
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nous en restent et par le témoignage de Fauteur lui-même) ne traitait pas de Timitation considérée comme principe des beaux-arts, mais des moyens de former le talent par Timitation des grands mo-* dëles ; il est donc probable qu'une partie de ses idées sur ce sujet se retrouve dans les Juge^ ments sur les Orateurs anciens et dans ces Caractères des principaux auteurs grecs qui terminent ordinairement la collection de ses œuvres critiques ^ On peut faire la même conjecture sur son Apologie de F éloquence politique *, dont on trouverait facilement la substance parmi ce qui nous reste de ses autres écrits.
Il serait injuste d'ailleurs de ne pas reconnaître que Denys met heureusement en lumière les qualités et les caractères de quelques orateurs attiques. S'il n'a pas un vif sentiment de la puissance
^ Ainsi il paraît inutile d*admeUre Texistance d'un traité spécial de notre rhéteur : IIspl XapaxTi^ouv, qui se serait perdu. Du moins la citation précise qu*en fait un scholiaste d'Hermogène (Walz^ t. VIli p. 918) ^e retrouve dans le Jugement sur Lysias, chap. xvii ; si telle autre citation (voyez plus haut, p. 117 et la note) ne se retrouve plus aujourd'hui dans aucun d«8 mémoires critiques de Denys, c'est que plusieurs de ces mémoires ne sont pas parvenus jusqu'à nous « de ce nombre est, par exemple, le morceau sur Hypéride.
' 'Xmp Tiîç 7ro>tTtx:5ç yt^odoytaç, auquel il renvoie lui-même dans le Jugement sur Thucydide. Au reste, s'agit-ii bien dans oe passage de Péloquence politique comme nous Tentendons aujourd'hui, et n*e8t*ce pas plutôt, dans un sens plus général et très-fréquent ehes les rhéteurs grecs, Téloquence qui convient aux citoyens d'un État libre?