‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 132 sur 180 · MARCELLINUS BIOGRAPHE DE THUCYDIDE · texte numérisé non relu

MARCELLINUS BIOGRAPHE DE THUCYDIDE

D. Beck,* surtout pour les scholiastes d'Homère ; plus récemment Ad, Trendelenburg^arepris cette étude pour le théâtre tragique: elle n'est pas épuisée. Nous revenons aux jugements des rhéteurs sur les prosateurs classiques de la Grèce en jetant un coup d'œil sur là Vie de Thucydide, par un Marcellinus que Ton ne se résigne guère à confondre avec rhistorien romain, son homonyme, dont il fut peut-être tout au plus le contemporain» Sa Vie de Thucydide commence par quelques ligntîs, qui font à première vue bien augurer de son esprit critique' :

« Initiés aux discours et aux débats de Déraos- Ihène, nourris el rassasié» isufflsamment de pensées délibératives et judiciaires, il est temps de pénétrer aussi dans les mystères de Thucydide> car c'est un homme supérieur par Tart et la beauté des discours, r exactitude des faits, les connaissances stratégiques ; il Test aussi dans le genre délibératif et panégyrique. Mais d'abord il est nécessaire de parler de sa naissance et de sa vie ; car, pour un juge éclairé, ces recherches doivent précéder celles des écrits. »

* De rations qu.a scholiastae poetarum graBcorum veteres, impfimisque Homerî, ad sensum eléganti» et renustatis acôendum adhiberi recte pos&int, Lipsi», 1785.

* Grammaticorum graecorum (Didynii praecipyeXde arte tragica judicionim reliquiœ, Bonnae, 1^.

5 Je les transcris d'après la traduction de A. Firmin-Didot, la seule, je croi3^ qui ait été faite en notre tangaç^ (tome i*'- de son éditioQ de Thucydide avec traduction française'^ 1868- 1872).

C'est assurément une excellente méthode que celle qui associe Thistoire des écrivains à Tappréciation de leurs œuvres, et ce que nous reprochons le plus à l'école d'Hermogène, c'est d'apprécier les orateurs et les historiens sans tenir compte des temps et des conditions où s'est développé leur talent. Mais Temphase même de ce début de Marcellinus, le rapprochement qu'il fait de Thucydide et de Démosthène, laissent voir tout de suite un disciple de la même école que les commentateurs d'Hermogène ; parmi ces commentateurs, nous ne sommes pas étonnés de trouver un Marcellinus* qui pourrait bien être Fauteur de l'opuscule sur Thucydide. En tous cas, cet opuscule n'est pas indigne d'attention : il atteste la connaissance de divers écrits plus anciens sur le même sujet, par exemple, d'un ouvrage de Didyme^ le célèbre érudit, et d'un ouvrage de Praxiphane, disciple de Théophraste, Sur Vart (Técrire F histoire, Marcellinus en outre, marque avec une certaine délicatesse dont il lui faut savoir gré la différence qu'il y a entre les harangues historiques, chez Hérodote et chez Thucydide. Aux premières, il attache simplement le titre de xpodcoTroTrot^at ^, titre assez difficile à traduire en français, mais qui parait dési-

* Voir l6 t. IV des Rhetores grœci de Walz.

* § 38, p. i 34 de Topuscule cité de Ritter : Si 'o^tywv iTzovotrt

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