‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 133 sur 180 · MARCELLINUS SOI · texte numérisé non relu

MARCELLINUS SOI

gner, par opposition aux ^ruf^nyopicm ou harangues proprement dites de Thucydide, Inaction pure et simple de faire parler des personnages. Hérodote, en effet, s'il évoque certains personnages pour les faire parler au cours de son récit, du moins ne les met pas en scène comme des orateurs de profession; il ne rédige pas leurs paroles; il n'arrange pas et n'embellit pas leur langage d'après les règles de la rhétorique ; il reste toujours plus près de la nature que Thucydide. Entre ces deux historiens, qui furent contemporains pendant la plus grande partie de leur vie, il y a une distance plus considérable que celle des temps, la distance qui sépare deux écoles, l'ionienne et l'attique. Je ne puis insister sur ces considérations ; mais on doit savoir gré à un rhéteur du iv' siècle d'avoir marqué avec une heureuse précision les traits distinctifs des deux méthodes, que non seulement Hermogène, mais Denys d'Halicarnasse, confondent comme à plaisir dans leurs jugements sur les harangues des deux historiens.

Marcellinus, comme il le déclare dans les lignes que nous venons de transcrire, passait alors de l'étude de Démosthène à celle de Thucydide, et cet ordre, il paraît l'avoir suivi pour ménager les forces de ses disciples. Démosthène, en effet, régnait alors dans les écoles, comme il y régna presque durant tout le moyen-âge byzantin, et l'on peut

SOâ HISTOIRE DE LA CRITIQUE. CHAP. IV, § III

considérer comme une édition faite à l'usage des écoles grecques de TOi^ient ce que j'appellerai volontiers le Démosthëne de Libanius. Il est dédié à un grand personnage de l'empire byzantin, le proconsul Montius, auquel le sophiste fait honneur d'une égale familiarité avec les deux langues grecque et latine ; mais le travail, à vrai dire, parait fait pour des écoliers plutôt que pour le savant homme dont le nom décoré la préface. Cette préface, qui nous est parvenue incomplète, contient la première partie d'une Vie de Déiriosthène.

Nous avons^ aujourd'hui entre les mains, tout compte fait, six biographies du célèbre orateur : 1» celle que Plutàrque a mise en parallèle avec la vie de Cicéron ; 2° celle qui, sous le nom de Plutàrque, fait partie des dix biographies des orateurs attiques; 3® celle qui porte le nom de Lucien, et qui est plutôt une déclamation, d'ailleurs intéressante, sur le rôle politique du prince des orateurs ^recs dans la lutte des Athéniens contre Philippe de Macédoine ; 4° celle qui porte le nom d'un certain Zosime, et qui serait tout à fait indigne du célèbre historien da ce nom; 5** l'opuscule d'un anonyme sur le même sujet, opuscule médiocre, mais encore instructif, que M. Stiévenart a traduit en français; * G^TopuscuIe de Libanius. Une bonne

* Une séance de l'agora ou Démosthène à la tribune, avec

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