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LA CRITIQUE APRÈS ARISTOPHANE

poètes joués dans la Moyenne Comédie. » Ce pouvait être un forl gros livre, à en juger par le nombre encore assez considérable des poètes que nous trouvons cités dans les fragments co-* miques de cette période.

Aiiîsi, pour commencer par le plus célèbre, la guerre continue contre Euripide, quoiqu'il soit mort, quoique les Athéniens aient adopté ses chefs-d'œuvre et qu'ils en aient fait déposer à l'Acropole cet exemplaire modèle dont nous avons parlé plus haut. Deux comédies, l'unô d'Axionicus, l'autre de Philippus, portaient le titre expressif de Phileuripidès et ridiculisaient probablement les admirateurs fanatiques de ce poète. Eubulus, dans son Denys^ dirigé, au moins en partie, contre un céJèbre tyran de Syracuse, renouvelait d'anciennes critiques de Platon contre l'abus des sigma dans le vers, pourtant si harmonieux, d'Euripide, Philoxène de Cythère, le poète dithyrambique, est loué en beaux vers dans le Tritagoniste (l'acteur du troisième ordre) d'Antiphane, pièce dont le titre indique aussi quelque sujet de satire théâtrale. Amphis, Éphippus, Timoclès, Antiphane, dans leurs SapphOf ne. s'étaient certainement pas bornés à mettre en scène les aventures amoureuses de la muse de Lesbos, Ils se jouaient aussi, à l'aide de ce nom, sur des sujets politiques et littéraires. Ainsi Antiphane, dans une scène dont Athénée ^ transcrit quelques

vers, nous montre Sappho proposant à son interlocuteur un griphe, sorte d'énigme sous forme narrative qui fut un des ornements les plus aimés de la Comédie Moyenne. L'interlocuteur, en essayant d'expliquer Ténigme, lance une vigoureuse épigramme contre les orateurs qui, par leurs flatteries, perdent le peuple d'Athènes et ruinent le trésor public. Le même poète, dans sa comédie intitulée les Proverbes ou V Homme aux Proverbes, se moquait probablement de la manie de moraliser par proverbe. Dans sa Poésie, il faisait une comparaison en règle de la comédie et de la tragédie :

« La tragédie, disait-il, est sur tout point un bien heureux genre. Les sujets d'abord sont connus du spectateur, avant qu'un seul personnage ait parlé : le poète n'a qu'à rappeler un souvenir. Que je nomme seulement Œdipe, chacun sait tout le reste : son père. Laïus ; sa mère, Jocaste ; ses filles, ses enfants, ses malheurs, ses crimes. Qu'on nomme Alcméon, le moindre écolier vous dira aussitôt que, dans un accès de folie, il a tué sa mère ; puis Adraste va venir indigné, puis il s'en ira... Puis, lorsqu'ils n'ont plus rien h dire et qu'ils sont au bout de leurs inventions, ils lèvent une machine, comme on lève le doigt, et l'auditoire est satisfait. Nous autres (poètes comiques), nous n'avons pas toutes ces ressources. Il nous faut tout imaginer, noms nouveaux, histoire du

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