‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 26 sur 180 · INFLUENCE DE LA SATIRE COMIQUE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA SATIRE COMIQUE

Euripide fit droit à leurs plaintes, d'abord en effaçant les vers qui les avaient offensés (il n'en reste plus que trois', qui paraissent s'être glissés de la première édition dans la seconde), puis en faisant commettre à Médée le tragique infanticide. Quoi qu'il en soit des motifs qui le déterminèrent, il est certain que la pièce dut à ce changement une trèsgrande beauté, je veux dire le monologue où Médée lutte entre Tamour maternel et les suggestions de la jalousie et de la vengeance. Si donc le poète reçut ci?iq talents pour se corriger ainsi ', le marché n'aura pas moins profité à sa gloire qu'à sa fortune ; et de ces deux succès, l'un doit lui faire pardonner l'autre. Mais il ne convient peutêtre pas de discuter longuement de telles anecdotes, qui ne reposent d'ordinaire sur aucun témoignage sérieux. S'il fallait admettre les conjectures de M. Boeckh, nous aurions dans VIphigénie à Aulis un exemple frappant de la terreur qu'Aristophane inspirait à Euripide et aux héritiers de ses œuvres. Ainsi, Euripide étant mort en Macédoine, sans avoir pu mettre la dernière main à cette tragédie, son fils ou neveu, Euripide le jeune^ le même sans doute auquel on attribue une édition d'Homère, non-seulement aurait accommodé la

^ V. 1381-1384. Cf. Boettiger, ibid., p. 368, note. * Elien, Histoires diverses, V, 21 ; schol. sur le vers 9 de la Médée. Cf. C. Caboche, De Euripidis Medea (Paris, 1844).

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description des vaisseaux grecs, qui remplit les vers 185-302, avec celle du deuxième chant de Flliade tel que la présentait sa propre recension de ce poème ; mais, outre plusieurs autfes corrections et interpolations moins importantes, il aurait supprimé le prologue primitif de la pièce, parce que l'auditoire athénien gardait encore un souvenir trop présent des sarcasmes d'Aristophane (dans les Grenouilles) contre les prologues d'Euripide ; ce morceau même, il l'aurait corrigé, puis transporté après le vers 49 de la première scène. Mais aux yeux d'une critique plus réservée le travail d'Euripide le jeune parait avoir eu moins d'importance. Les contradictions signalées entre le récit d'Agamemnon et la suile du dialogue pourraient s'expliquer en supposant que le poète avait destiné ce récit à former le prologue, et que son fils, ou quelque autre, avait cru devoir, pour mettre ce récit en action, l'intercaler à la place où il se trouve aujourd'hui. Pour que cette transposition fût possible, quelques vers anapestiques ont dû être retranchés. On les aura remplacés par la fin du discours d'Agamemnon, qui renferme ndaintenant la liaison avec ce qui suit ^ Le temps a effacé ou

' Th. Fix, p. 77 de Tédition de Tlphigénie à Aulis donnée par ce savant en collaboration avec M« Ph. Lebas (Paris, 1843). Cf. dans Tédition d*Euripide par M. Fix (Bibliothèque Firmin-Didot]^ la chronologie des pièces de cet auteur,

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