‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 32 sur 180 · HOMÈRE ET LES PHILOSOPHES · texte numérisé non relu

HOMÈRE ET LES PHILOSOPHES

main lui-même dont la vigoureuse jeunesse méprise et repousse les songes poétiques de son enfance. Mais le rationalisme naissant ne pouvait, sans danger, dire tout haut de telles choses. La foule des croyants, fort attachée à ses idoles, aurait-elle compris qu'il lui fût permis de les détruire <M)mme jadis elle les avait créées ? Sur ce point,en effet, Hérodote n*est que Técho d'une opinion toute populaire, quand il nous donne, dans son deuxième livre, Homère et Hésiode comme les fondateurs de la théologie hellénique'. Les plus anciens témoignages de Tantiquité sur Fauteur de llliade et de rOdyssée s'accordent à nous le représenter comme un poète philosophe, tout à fait responsable de la moralité de ses récits. C'est bien ainsi que le considéraient Solon, quand, voulant le faire mieux admirer des Athéniens, il prescrivait aux rhapsodes de suivre dans leurs chants Tordre historique des faits ; Pisistrate, quand il assemblait les rhapsodies éparses de l'Iliade et de l'Odyssée ; Aristophane et les autres comiques, quand ils cherchaient dans ces deux poèmes des sujets de parodie ; Thucydide, quand il invoquait le vieux poète comme le meilleur témoin sur les âges héroïques ; Isocrate et Lycurgue, quand ils louaient leurs concitoyens de l'avoir choisi pour donner à la jeunesse des leçons de courage et de patriotisme. Il en est

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