‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 95 sur 180 · LAN DE LÀ POÉTIQUE S · texte numérisé non relu

LAN DE LÀ POÉTIQUE S

seul et même dessein. Je reconnais encore la main du Stagiriie dans plusieurs fines remarques, comme dans celle où il justifie un poète d'enfreindre les règles de Fart pour mieiix atteindre au but dé Tart/ quiestrillusion et^émotion^ Mais quelques lignes sur l'emploi du vers has^amètrQ dans l'épopée, sur la division des métaphores et sur leur usage, un chapitre 4e subtiles discussions sur les fautes qu'on, peut reprocher au style des poètes et sur la ma-^ nièrQ dont les poètes peuvent se défendre, ne remplissent évidemment pas les promesses de T^ur leur de lii Rhétorique. Toutefois, si incomplète que soit aujourd'hui la Poétique à cet égard, on y trouve la trace d'un plan régulier. On voit que l'auteur remontait jusqu'aux éléments du langage pour les définir et les classer, avant d*en mx)ntrer l'usage dans la langue particulière des poètes. Cela est bien conforme aux habitudes d'Aristote. Peut-? être n'a-t-il jamais écrit une grammaire proprement dite, pas plus qu'il n'a écrit le traité de métrique auquel il semble nous renvoyer deux fois'. Mais il fait souvent allusion, dans ses autres ouvrages, à la grammaire comme à une science dis-^ tincte; il la divise même, dans un passage de ses Topiques^, en deux parties : l'art d'écrire et l'art d^

* Chap. XXV, passage que le P. Ao^ré commeote enGore» sans le savoir, daos le Troisième Discours de sao Ëésai sur le Beau.

' Poétique, che|)u », . ' yj> ^, p^MQtsg'Q »gm]à Mac ^^ulres t»!» asfiogvM

lire, ce qui s'accorde aussi avec certaines remarques que nous avons relevées plus haut, dans le troisième livre de la Rhétorique. D'ailleurs d'anciens témoignages lui font honneur d'avoir fondé la science grammaticale *. A part quelques belles observations contenues dans le chapitre IV du traité du Langage, et dans le P' chapitre des Réfutations sophistiques, cette science nous parait, chez Aristote, bien timide encore et bien superficielle ; mais il ne faut pas oublier qu'elle était à son début. Ce sont les stoïciens et surtout les philologues d'Alexandrie qui l'ont régulièrement constituée. Cependant on peut voir dans les fragments qui nous restent de leurs travaux, entre autres dans le petit manuel qui porte le nom de Denys le Thrace, combien la grammaire renfermait, même alors, de règles trompeuses, de définitions inexactes ou puériles, de distinctions mal fondées; c'est la meil-

par M. Lersch, Philosophie du langage chez les Anciens, II, p. 258.

* Cramer, Ânecdota grœca, t. IV, p. 311 : Atayipst ^ky^au- \ia,xvùi ypaaixaTioTtxiQç. 'H yàja ypaj^ixarex;^ vsutsjooc «Tri 0iay<vov;* TirAjCTat $i aTrô twv TTS^otirariSTixàv ripa^ioocvov; tî xal *Apt(TTOTAouç. Le même auteur dit, un peu plus haut, qu^un certain Antodorus, qui avait écrit sur Homère et sur Hésiode, fut le premier qui prit le nom de grammairien. Cf. t. III , p. 189 et p. 194, et t. I, p. 285 ; Philemonis fragmenta, éd. Osann, p. 61. Hésychius, Photius et les autres lexicographes anciens contiennent un bon nombre d*observations grammaticales qui paraissent empruntées à la même partie des ouvrages d'Aristote. Un lexique publié par Bekker (Anecdota grœca, p. 101) cite formellement la Poétique : Kvvtototov 'Apiororî- Xtoç nspi noc)}Ttx^(* TÔ 9ï TTovTwv xvvTOTaTov, Cf. Ibld., p. 367.

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