‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 96 sur 180 · CONCLUSION SUR LA POÉTIQUE · texte numérisé non relu

CONCLUSION SUR LA POÉTIQUE

leure excuse des défauts de la Poétique dvins les chapitres qui se rapportent à ce sujet *.

Conclusion.

On a dit de la Rhétorique d'Aristote, que « cette Rhétorique , la plus ancienne de toutes, est cependant celle qui a le moins vieilli, et qui demeure aujourd'hui la plus utile, parce qu'elle est établie sur des principes plus élevés et plus universels qu'aucune autre ^ » Il faut parler plus modestement de la Poétique. D'abord, elle nous est parvenue incomplète ; ensuite, de toutes les parties que comprend la science de l'esprit humain, celle-ci paraît être la dernière dont Aristote s'occupa, et, par conséquent, celle qu'il put le moins approfondir ; enfin il n'y apportait pas peut-être la même aptitude de génie qu'à tant d'autres doctrines qu'il a constituées ou renouvelées. Toutefois, si Ton rapproche la Poétique des autres débris de Térudition et de la philosophie d'Aristote, on la comprend mieux et on y trouve un sens plus sérieux que celui que lui prête, depuis trois siècles, l'admiration des poètes classiques et des commentateurs. Appuyée, d'une part, sur l'élude exclusive

* Voir pour plus de détails mon ouvrage intitulé : Apollonius Dyscole, Essai sur l'histoire des théories grammaticales dans Tantiquité (Paris, 1854).

' E. Havet, Étude sur la Rhétorique d'Aristote, Conclusion.

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des modèles grecs, d'autre pari, sur une Ihéorie imparfaite de l'âme, elle se ressent partout de ce double vice originel. Elle nous choque souvent par la rigueur un peu mesquine des préceptes et par une sécheresse de langage qui semble bien antipathique h la poésie. Mais aussi, elle nous attache par titte foule d'aperçus neufs et profonds sur la nature de la poésie et sur son r61e dans la société, par beaucoup de remarques ingénieuses et justes sùf Fart du style. Dans un sifecle comme le nôtre, où toutes les littératures du monde connu se ren- ' contrent et se mêlent, à force d*impartîalité et d'indulgence pour les formes infiniment variées de la poésie chez tant de peuples divers, on oublie volontiers qu*il y a dans les arts une règle universelle du goût. La lecture de la Poétique est un remède salutaire contre cette maladie de Tespril moderne. Les erreurs d'Aristote nous montrent le danger des théorie» exclusives ; mais, en même temps, la simplicité féconde et claire de ses principaux axiomes, le Constant à-propos de quelques-uns de ses préceptes nous asëttrent contre les tentations trop communes du scepticisme littéraire et nous donnent foi en rétcrnelle vérité des lois du beau.

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