PORPHYRE. — LE SECOND DENYS
d'être attribué à Porphyre, comme on a essayé de le prouver ? * La réputation de ce laborieux rêveur ne gagnerait rien à cet accroissement de la liste de ses œuvres.^ En tous cas, nous n'avons pas le courage de nous arrêter à ces questions presque stériles de propriété littéraire.
Nous ne savons pas davantage, et nous sommes peu curieux de savoir si c'est vers ce temps qu'il faut placer la médiocre compilation qui nous est parvenue sous le titre de Rhétorique et sous le nom de Denys d'Halicarnasse ; mais il faut nous arrêter au moins quelque temps sur le dernier chapitre de cet opuscule, parce qu'il annonce comme un résumé de la méthode pour l'examen (ÉlsTa^tç) des ouvrages de l'esprit. C'est en effet, parmi tant d'écrits où nous recherchons l'histoire de la critique chez les Grecs, le seul morceau qui ait la prétention, sinon le mérite d'en exposer les règles. Malheureusement, ni la science de l'auteur ne paraît au niveau de ses prétentions, ni les règles qu'il expose ne s'élèvent au-dessus d'une mes-
» Schmidt, De plutarchea quae vulgo fertur Homeri vita Porphyrio vindicanda, 1850.
- Consulter sur l'ensemble des œuvres de Porphyre la dissertation, d'une forme un peu bizarre, de Val. Parisot : E majore volumine excerpta cui inscriptio est de Porphyrio tria imemata (1845). Ce qui serait plus utile pour l'honneur de Porphyre, c'est une réimpression annotée de ses Questions homériques (ZïîTïjaara o^cotxx) opuscule curieux pour l'hisloire du texte homérique, et qui n'a pas été, que je sache, réimprimé depuis le xvie siècle.
quine banalité. Parmi les écrivains grecs il cite Homère, Hérodote, Thucydide, Platon, Xénophon, Isocrate, Aristophane, Cratinus, Eupolis, Euripide (encore ce dernier nom est-il douteux dans le texte), Ménandre, Lysias, Antiphon, Eschine Torateur, Démosthène ; et cela sans tenir aucun compte ni de la diversité des temps, ni de celle des genres, soit en vers, soit en prose. Quant aux règles à suivre pour la critique de tant d'écrivains qu'il cite sans ordre, elles se rapportent, nous dit-il,aux quatre points suivants : les mœurs, la pensée, l'art et le style ; et, en un passage, il paraît se faire honneur d'avoir le premier introduit certaines subdivisions, qui nous semblent peu utiles et peu méritoires, entre les mœurs. * C'est là vraiment un bien médiocre service rendu aux lecteurs ou aux auditeurs du grammairien auquel nous devons soit la rédaction de l'ouvrage entier, soit celle de ce dernier chapitre.
La même sécheresse de dogmatisme pédant caractérise le Manuel du rhéteur Ménandre sur l'éloquence que les Grecs appelaient épidictique, et pour laquelle les Romains nous ont transmis le mot démonstratif, qui malheureusement lui est, surtout en français,bien mal appliqué. Ménandre doitappar-
* Rhétorique, ch. xi, § 3: Usoï Jk roO i^ioj r^Oo^jc, Ô prjzootxôy xa^oûacv, xat TOÔTTov rtvà ovro; ô Àôyoç itzoi ^idiozrrvMi^ icni -mal ou [LinSùi yg'y/aayg, iimâ'eïpïixs nore.