ÉCRIVAINS ROMAINS ÉLÈVES DES GRECS
deux personnages nés en Afrique, et qui, comme écrivains, se partagent entre les deux langues grecque et romaine.
Il est inutile, et il serait trop long d'étendre cette liste : l'anthologie grecque à elle seule l'enrichirait de bien des noms. D'ailleurs, n'en ai-je pas rappelé un assez grand nombre pour montrer que l'hellénisme ne vit pas seulement pour nous par les écrits de ses auteurs nationaux, mais encore par ceux des orateurs, des historiens, des poètes et des philosophes romains?
Il faut même avouer que cette seconde famille brille souvent moins par sa propre originalité que par ce qu'elle doit à la première. Cela est surtout vrai des sciences naturelles, de la philosophie, et en particulier de la critique : combien doivent à leurs maîtres Grecs et Sénèque et Pline, qui, dans son Histoire de la nature, n'a guère mis pour sa part qu'une certaine ardeur de curiosité et son talent d'écrivain un peu déclamatoire î Le disciple par excellence des rhéteurs grecs et le rival des grands orateurs d'Athènes, Cicéron, dans ses divers écrits sur Féloqucnce, laisse voir partout la fidélité de l'interprète à côté des mérites originaux de son génie. Dans ses livres Sur V Invention, Sur les Partitions Oratoires, peut-être aussi dans la Rhétorique à Herejinius, si cette dernière est
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bien de lui', on a les cahiers d'un jeune étudiant^ . qui déjà montre un talent capable et jaloux de s*élever plus haut. U Orateur, le Brutus et les trois dialogues De r Orateur nous offrent dans leur pleine expansion les idées de celui qui prétendait bien au titre de maître de la parole, même à côté d'un Démoslhène et d'un Eschine, mais qui gardait toujours sous ses yeux ces grands modèles, et n'avait rien plus à cœur que de pénétrer dans l'intimité de
leur génie.
Cette inquiétude de son esprit ambitieux s'exprime à nous d'une manière singulièrement vive dans l'opuscule qui servait de préface à sa traduction, aujourd'hui perdue, des deux célèbres plaidoyers Sur la Couronne ; il veut nous y faire apprécier les caractères si délicats de l'atticisme, et il s'épuise là-dessus en distinctions d'une finesse décourageante pour notre langue, où l'on voit que lui-même il n'est pas satisfait des richesses de la sienne ; le latin lui offrait à chaque pas des résistances dont son esprit ne savait comment triompher sans recourir à des inventions de mots, à des hardiesses de syntaxe que personne n'aurait osé se permettre avant lui. Parfois même (je pense
1 Voir Van Heusde : Disquisitio de L. ^lio Stilone, Ciceronis in rhetoricis magistro, rhetoricorum ad Herennium, ut videtur, auctore, etc., Utrecht, 4834. ^ ^
« Gicéron, De Oratore, I, n, 5 :... quoniam quœ puens aut adulescentulis nobis ex commentariolis nostns inchoata ac rudia exciderunt.