‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecs [microform]: introduction à l'étude de la littérature grequeChapitre 35 sur 194 · ORIGINES DE LA RHÉTORIQUE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA RHÉTORIQUE

pour en avoir, le premier^ rédigé. les préceptes, était Sicilien, ainsi que Tisias son disciple, ainsi que le célèbre Gorgias; mais -il. est vrai. de dire qu'avant Tarrivée de Gorgias à Athènes,.Protagoras d'Abdëre, Prodicua de Céos^. Hippias d'Élis, parcouraient déjà les villes de la Grèce, donnant des séances oratoires et des leçons d'éloquence. Il y a, pour certaines découvertes et pour certains progrès dans les sciences humaines,, un moment précis de n^aturité : alors on voit souvent éclore, sur plusieurs points àk fois, une même idée dont plusieurs hommes réclameront un jour. Tirivention. C'est ainsi que la comédie, selon toute apparence, prit enmêm<î temps, chez les Dorions et en AUique, la forme d'an drame régulier. Je pense volontiers qu'il en fut de , même de la rhétorique. Dès le siècle de Pisistrate, les progrès naturels de réloquence et de son au4K>rité dans. Jes délibérations publiques et devant les tribunaux durent provoquer peu à peu la curiosité de, quelques pratir cicns plus philosophes que leurs confrères ; c'est de leurs premières observations, étendues et généralisées, que se forma insensiblement l'art de la rhétpriq^,e, Çor^pw commença ce travail à Syracuse à peu près verjs le même temps que les sophistes lecommençaient dans les pays ioniens. Ce qui est cert^ija,, c'est qu^ Gorgias venant à Athènes au milieu de la guerre du Péloponèse, y trouva déjà des

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écoles de rhéteurs, par exemple, celle d'Antiphon*. La surprise et l'admiralion même qu'il excita parmi ses auditeurs athéniens prouvent seulement qu'avant de l'entendre ceux-ci n'avaient rien appris, chez leurs maîtres d'éloquence, des merveilleux secrets de l'école sicilienne, importés par l'orateur

léontin.

.. Quoi qu'il en soit, je n'essayerai pas d'énumérer ici et d'apprécier tous ceux qui contribuèrent par leurs efforts à fonder la théorie de l'éloquence. D'abord le sujet a été épuisé par des travaux récents en Allemagne et en France ^ Ensuite les essais des premiers rhéteurs, si on les juge par ce qui nous en est parvenu, restent bien loin d'une véritable philosophie de lart; aussi nous suffira-t-il d'en marquer les principaux caractères et la tendance morale.

Une première partie de la méthode des anciens

i Diodore de Sicile, XII, 53 ; Thucydide, VIII, 68 ; Plutarque, Vie d'Antiphon.

* Voyez, outre le livre de Spengel : 1« l'Histoire de l'Éloquence grecque, par A. Westermann (en allein., Leipzig, 1833) ; 2o TEtude sur la Rhétorique chez les Grecs, par E. Gros (Paris, i835), dont la première partie est reproduite avec de nouveaux développements en tète de son édition des fragments de la Rhétorique de Philodème (Paris, 1840); 3o l'Étude sur la Rhétorique d'Aristote, par M. E. Havet (Paris, 1843, réimpr. avec des additions en 1846) ; 4o l'Essai historique sur les premiers manuels d'invention oratoire jusqu'à Aristote, par M. Ch. Benoît (Paris, 1846); 5° Volkmann: La Rhétorique des Grecs et des Romains exposée au point de vue systématique (en allem., Berlin, 1872).

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