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CHAPITRE III. 05 de telle sorte qu'il n'en vint pas le tiers au trésor royal (I).
Vingt-neuf ans se passèrent durant lesquels, aui désordres d'une administration sans règles, aux dilapidations de loul genre, on vit se joindre la foliedu roi, les quereljesdes princes, la guerre civile et bientôt l'invasion étrangère. La réaction de 1383 avait Tait à la haute bourgeoisie des plaies beaucoup plus profondes que celle de 1350. Celle-ci l'avait frappée simplement dans ses ambitions politiques, l'autre l'avait appauvrie, dispersée, privée de son lustre et de Son influence héréditaire. La ville de Paris, entre autres, se trouvait déchue de deux manières : par la période ses franchises municipales et par la ruine des familles qui l'avaient gouvernée et conseillée dans le temps de sa liberté. Cet abaissement de la classe supérieure, composée du haut négoce et du barreau des cours souveraines avait fait monter d'un degré la classe intermédiaire, celle des plus riches parmi tes hommes exerçant les professions manuelles, classe moins éclairée, plus grossière de mœurs, et à qui la force des choses donnait maintenant l'influence sur les affaires et l'esprit de la cité. De là vint le caractère de démagogie effrénée que montra tout d'un coup la population parisienne, lorsque en l'année 1412, ayant recouvré ses franchises et ses prn ilégos , elle fut appelée de nouveau par les événements à jouer un rôle politique (2).
L'un des princes qui se disputaient a main armée la garde et le pouvoir du roi privé de sens, le duc de Bourgogne, pour accroître ses forces, s'était fait l'allié de la bourgeoisie et le défi) Cfiron. du religieux de Sainl-Ûenia, 1. [«, p. 240 et mit. - Chron.dt Frniisart, liv. II. ch. ccv. - Bill. Je Charies VI, par Juvénnl des Ursiiis, Mémoires, etc., I. Il, p. Ô57els(iiv.
(S] Libère urbis ontiqnam liLerlalem restiliienles... (Cfcrnn. durdigit'ix de Saint-Denis, t. IV, p. GOli.) — L'empc tellement et main mise,., par nous mis es diète prcvictc iIcf. imti-i'liiins, r-Hici iwiL'c, elergie, mnison de la villr, parloucr aux liourpois, jiinsilii:i(iN, mlirnuin, privilèges, renies, revenues
nage cl elergie 'if- noslrir rticli! Immte ville de Paris, nions levé el 06to, le-vnns et osions à plain, île Rostre certaine science et propre mouvement. (Ordonn. de Cb.irles VI, dn 30 janvier UI2 [i+tl, vieux style]; flte. du Ordonn., t. IX, p. 668.)
Tenseur des intérêts populaires. Cette politique lui réussit.; il devint maître des affaires, el le rétablissement de la vieille coûstilulioti libre de Paris fut son ouvrage. Reprises après une suspension de plus d'un quart de siècle, les élections municipales donnèrent un échevinage et un conseil de ville presque entièrement formés de gens de métier, et où dominaient, par la popularité jointe à la richesse, les maîtres bouchers de la grande boucherie et de la boucherie Sainte-Geneviève. Ces hommes, dont la profession allait de père en fils depuis un temps immémorial, el pour qui leurs étaux étaient unesorlede fiefs, avaient autour d'eux une clientèle héréditaire de valets qu'on nommait écorcheurs, classe abjecte et violente, toute dévouée à ses patrons, et redoutable à quiconque ne serait pas de leur parti dans le gouvernement nouveau. Ce gouvernement eut l'affection du menu peuple et devint un objet d'effroi pour la bourgeoisie commerçante et pour ce qui restait du familles décorées d'une ancienne notabilité. Aux passions du parti qu'on appelait bourguignon il associa les violences démagogiques, et l'autorité, se faisant soutenir par des émeutes, passa bientôt du conseil de ville à la multitude, des maîtres boucliers aux écorchears. L'un d'entre eux, Simon Caboche, fut l'homme d'action de cette seconde époque révolutionna ire à laquelle son nom demeure attaché, el où l'esprit de réforme de 1337 reparut un moment pour être aussitôt compromis par les actes sauvages et ignobles de la faction sur laquelle il s'appuyait (1).
(I) Et pour vrai, il faisoiten ce temps (UU-IAI2) très périlleux en ieelle ville pour nobles hommes de quelque partie qu'ils fusrenr, parce que le peuple et commun dessusdil nvoient grnnd'pariie de ln domination dedans ieelle (Cfcron. a" Enguerrand de ManslreUt. edit. Buclion, Panthéon littéraire, p. 20^.) — A lu fin d'avril et nu commencement de may (1115), se mirent sus plut fort que ili'vanl flieàdi.^ilr? I ri ppiei-s, brun-lins c! Cscorclienrs,
pelletiers, eousliiriers el an 1res pauvres jr en» île lias eslal, qui faisoient Je très inhumaines clétesliiblrs e! desli.nmest^ lies» 11 y ne*. {ilisl. lie Charles fi, par Juvenal des Ur>ins, Mémoires, clc 1. il. p. — El esloit pillé de
moit Caboe/ikus, à r.uifc d'un cn-urdii'ui' ih: be-le.-, nomme Ciibodie, qui esioii l'un de- principaux capitaines desdiles mesehanles gens, [tbid.) — Ils nlloient par Paris pur tourbes cl délaissaient leurs mestiers. Et ainsi, puis-