CHAPITRE. IV
MiS ÉTATS (IÉNÉRAUX DK 1484'; LE TIBFS ÉTAT SOUS LOUIS III, FRANÇOIS I er HT HliNIll [1.
-- Reiuiissancc i\ef Ici 1res el des nrli. - Râle politique du jwlrmpitl lie l'urifi.— ItÈprie de Louis XII, prospérité publique. - Ordonnance tic 1*99. - Réduction et ré format ion, les coutumes. - Règnes de François I"- ri tic Henri II, contïniinlion du progrès ni lotit genre. — Luxe àVs ) i fi l i ri i <- ■ ■ l s , ROÛt du beau cbei lu noblesse. — Offices (unis par le liera élat.clus.-eiirs gens de rolie. — Ambition des familles iiour^fni-rs, troud nombre d'étudiants. — Lit classe lie, ca|iilj|isles uppclcs financiers.
Quelque salutaire que soit par intervalles, dans la vie des nations, le despotisme d'un homme supérieur, il est rare que son action prolongée n'amène pas, chez les contemporains, une fatigue extrême qui les fait rentrer avec joie sous le gouvernement des esprits ordinaires ou dans les hasards de la liberté politique. La mort de Louis XI parut une délivrance universelle, et fut suivie de la convocation des états généraux du royaume. Ce fut le 6 janvier WH que se réunit celte assemblée, à qui était remis d'un commun accord le pouvoir de juger souverainement l'œuvre du dernier règne, d'en condamner ou d'en absoudre les actes, de faire el de défaire après lui (1). Ja-
(1) Fnvelnl <|uidem rex d annuel vrslris consiliis; nec favebil muito, ve-
maïs à aucune lenue des trois états les conditions d'une véritable représentation nationale n'avaient été aussi complètement remplies; toutes les provinces du royaume, langue d'Oïl et langue d'Oc, se trouvaient réunies dans une seule convocation; l'élection, pour les trois ordres, s'était faite au chef-lieu de chaque bailliage, et les paysans eux-mêmes y avaient pris part; enfin, au sein des états, la délibération eut lieu, non par ordres, mais par télés, dans six bureaux correspondant à autant de régions territoriales. Jamais aussi, depuis l'assemblée de 1350, la question du pouvoir des états n'avait été si nettement posée et si hardiment débattue. Il y eut des éclairs de volonté et d'éloquence politiques, mais tout se passa en paroles <[ui ne purent rien, ou presque rien, contre les faits accomplis. On eut beau vouloir en quel |uc sorte effacer le règne de Louis XI et reporter les choses au point où Charles VII les avait laissées en mourant; l'impulsion vers la centralité administrative une et absolue était trop forte, et, de ces discussions, pleines de vie et d'intérêt dans le journal qui nous eu reste, il ne résulta de fait que quelque tempérament, des promesses et des espérances bientôt démenties (1).
Parmi tes discours prononcés dans cette assemblée, il en est un qu'on ne peut lire aujourd'hui sans étonnemenl, car il contient des propositions telles que celles-ci : «La royauté est un a office, non un héritage — C'est le peuple souverain qui dans « l'origine créa les rois — L'Étal est la chose du peuple; la « souveraineté n'appartient pas aux princes, qui n'existent que a par le peuple — Ceux qui tiennent le pouvoir par force ou a de toute autre manière sans le consentement du peuple sont a usurpateurs du bien d'autrui — En cas de minorité ou d'ino capacité du prince, la chose publique retourne au peuple,
mm ctiam irute sibi regnoi|"e diieritis ulilin, Gtimmo studio ourabïl eiequî, sirvare nVfcrisnrcïue. (Iliscours du du ne cil or Guillaume ,1e Itoelieforl, Journal des états généraux tenus à Tours en I4H4, sous le rèftne de Charles VIII, rédige" en lalin par Jean Mnsselin, «dit. de M. Dernier, p. «■)
(1) Voyez le Journal dci étals généraux tenus à Tour» en 1434, texte et appendices.