CHAPITRE IV
i qui la reprend comme sienne — La peuple, c'est l'universat litédes habitants du royaume; les états généraux sont les i dépositaires de la volonté commune — Un fait ne prend • force de loi que par la sanction des états, rien n'est saint ni t solide sans leur aveu (1). r Ces maximes, d'où devaient sortir nos révolutions modernes, furent proclamées alors, non par un mandataire des classes plébéiennes, mais par un gentilhomme, le sire de la Roche, député de la noblesse de Bourgogne; elles u' étaient autres pour lui que ses traditions de caste rendues généreuses par une raison élevée et par quelque notion de l'histoire grecque et romaine. Mais les traditions du tiers état ne lui disaient rien qui put le conduire à un pareil symbole de fui politique; il était encore trop près de ses origines, trop attaché à ses errements héréditaires. II laissa passer les principes qui, trois siècles après, devinrent son arme dans la grande lutte révolutionnaire, et il ne se passionna que pour le redressement de griefs matériels et pour la question des taxes permanentes et arbitraires. CYst sur ce point seulement que fut soutenu par les députés de la roture le droit des états généraux que d'autres posaient comme libres et souverains en toute matière (2).
(t) Ilegnum dignttas est, non hteredilas — Historié pradicanl, et îd a majoribus accepi, inilio domini rerom populi suffi-agio reges fuisse cfealos
— Nonne crefaro legislis rempublicnm rem populi csse7 (Juomoctq ali
nssrnl.no ri bus iota principi Iribnilur potestOa a populo ex parle facto? — Vobis probalum esse velim rempublicam rem populi esse et regibus ub eo irailiiam , eosque qui , vi vel alias, nullo populi consensu eam hahuerç, lyrnnnos creditos et aliente roi invasores. Conslat au(em regem nostriim rempublicam per sedisponcre non posse .... Oporlet proplerea ulad populuni rodeal, hujus rei doualorem, qui eam quidem résumât, ïeluL suàin — l'opulum auloiu appelle, nui] plrbein, uer. aliûs i m i En tu linjns regni subdilos, sed omacs cujusque si a lu s, adeo ul stiiltium generalium Domine etiam com-
plecli principes m'bilrer, nec aliquus escludi qui regnum habitent Cum
inlclligalis vos univeisoruni sluluuin regni legatos, el p roc u ru turcs iloeloa, et omnium voluntalem vcslris in manibus esso. — Robur enim tom faeta prteterïtu capere rcor, quum sialus ca probaveiint, nec uliquid sanele solideque subsislere, quod fit invilis aul inconsullis slalibus. tournai des élali généraux ferai à Tours en itëi, p. 146, liS et ISO.
(2) Usée eliam illos lîqnido refellttnt, qui, duntaxal ievandorum tribu-
Le mouvement politique dn 1537 n'était plus possible en 1481; il avait eu pour principe l'esprit de liberté municipale à son plus haut degré d'énergie. Le réve d'Étienne Marcel et de ses amis était une confédération de villes souveraines ayant Paris à leur tête, et gouvernant le pays par une diète Sous la suzeraineté du roi. Or, ce vieil esprit de la bourgeoisie française avait graduellement disparu pour faire place à un autre moins désireux de droits locaux et d'indépendance personnelle que d'ordre public et de vie nationale. Aux étais de 1 i8i, le bureau où votaient les députés de Paris fui le premier à faire des concessions qui obligèrent l'assemblée à élever le taux de la somme d'argent qu'elle avait résolu d'accorder. En tout les représentants de la bourgeoisie, autant qu'on peut distinguer leur pari dans des résolutions votées par tête et lion par ordre, s'attachèrent aux choses purement pratiques et d'intérêt présent. On ne les vît point, comme l'éclievinage. et l'Université de Paris en 1415, présenter un système nouveau d'administration ; le règne de Louis XI n'avait rien laissé à concevoir en ce genre d'important ni de possible. Il n'y avait plus qu'à glaner après lut, ou qu'à détendre les ressorts du gouvernement qu'il avait forcés sur tous les points, qu'à demander l'accomplissement de ses projets restés en arrière, et la guérison des maux qu'il avait causés par la fougue et les inadvertances de sa volonté absolue. Les principaux articles du chapitre du tiers état dans le cahier général des trois ordres furent : la diminution des impôts et la réduction des troupes soldées, la suppression de la taille comme taxe arbitraire, la reprise des portions aliénées du domaine royal, la mise en vigueur des actes garantissant les libertés de l'Église gallicane, et la rédaction par écrit des coutumes, qui devait être un premier pas vers l'unité de loi (I).
loi'iim, nonnlicriiisoperuinrl finis gratis, convcntiantmlndicluii orbilranliir, (Discours du aire de la Roclic, Journal des état» généraux tenus à Tourt en UM, p. ISO.) — Ut ]ibïram sintuum polestulem inlclligcrc «c lueri velint. [Ibid.. p. iiO.)
()) Voyez le Journal des fiais généraux tenus à Tours en JiBi, appendiee il" i.