CHAPITRE IV
tendants, intendants, contrôleurs, receveurs généraux et particuliers, étaient pris parmi les bourgeois lettrés qu'on appelait hommes de robe longue (I). Quant à la juridiction qu'exerçaient les sénéchaux, les baillis et les prévôts du roi, si cette classe d'offices continuait d'être tenue par des gentilshommes, ceux-ci devaient toujours avoir des lieutenants ou des assesseurs gradués. Les seuls emplois qui Tussent interdits à la bourgeoisie étaient les gouvernements des provinces, des villes et des forteresses, les grades des armées de terre et de mer, les charges de la maison du roi, et les ambassades confiées, suivant l'occasion, à des hommes de haute naissance ou à des membres du haut clergé. Le suprême pouvoir délibérant, le conseil d'État, formé jusqu'au xiv e siècle par moitié de barons et de gens d'Église, comptait à la lin du xvr des gens de robe en majorité parmi ses membres (2). Ce fut vainement qu'alors un grand ministre, né gentilhomme, eut la pensée de changer celte majorité, de donner aux grands seigneurs le droit de séance dans le eonseil, et d'en faire ainsi pour la noblesse une école d'administration (5).
(1) Per dir prima Je! tcrio Elato del populo, queslo ha sempre nelle mani quatlro imporlantissimi olllcii, o sia per legee, o per antica consuetudine, o perché alli nobili non par onorevole esercîtarsi in questa sorte <li cariehi. Il primo è l'ofCzio ili pran cancelliero, die va in lulli glï consigli, die liene il gran sigillo, e sema il parère del quute non si délibéra nessuna casa d' imporianza, e se, si délibéra, non è' eseguisce. L'allro é quello delli secrelarii, alli quuli ciuscuiio, senondo ii suo particolare carico, è deputota la cura de l'espcdizione delli negozii , e ciisiodia dcllc scrilture e delli seereli più imporlnnti. Il ieno e degli président}, consigltcri, gîudîci, avocali, ealîri cliehanno lu cura ddle cose délia giuslïzll eus! in criminale corne in civile per lulto il regno. Il quarto t delli tresorieri, caution e recevilori général! e purlicobri, per le mani delli quali passa lutta l'araministrazion delli danari, dell' enlrale, e spesc délia coruoa. (CumintMairei sur le royaume de France, par Michel Suriano, ambassadeur de Venise en 1561; Belalions dei ambassadrvrt vénitien», 1. t, p. 48G.)
(3) Le nombre des assistants nobles y était réduit, sauf les cas extraordinaires, an connétable, aux maréchaux de France et aux amiraux.
(3) Sully écrivant A Henri IV lui disait : » Sire, je na sais pas au vray qui « vous peut avoir fait des plaintes qu'il entre plusieurs personnes dans vostro » eonseil d'eslal et des finances , lesquelles n'y devroienl nullement eslro n admises... Aiiu de parler sein» ma franchise accoustumée, je no nieray
Les offices supérieurs de judicature et de fluance procuraient aux titulaires, outre leurs appointements plus ou moins considérables, des privilèges constituant pour eux une sorte de noblesse non transmissible qui ne les enlevait pas au tiers état. Ils étaient exempts de divers impôts ou péages, et pouvaient aequérir des terres nobles sans payer les droits exigés dans ce cas de tout acheteur roturier (i). Pour ceux quioccupaienl les premiers postes, de grands émoluments accumulés par l'économie, grâce à la simplicité des mœurs bourgeoises, produisaient des fortunes bientôt réalisées en possessions territoriales. L'héritage du genlilhomme ruiné par ses prodigalités passait ainsi entre les mains del'officier royal enrichi par son emploi (3). Il y avait deux chemins pour parvenir aux offices : celui de la
« point que je ri'ave sonvral l'xJkh Iù Ici prince... ducs, pairs, officiers de la
• couronne cl autres seigneurs d'illustre extraction, cl i|UC j'uy reconnus " avilir Iidii p. prit, ■) e- (piillpr le* cajoleries, fainéantises et lia fra en a ml en es » de court, de s'appliquer aux i lin -es vertueuses, et, par lies occupations
■ ■ r-érieiiM'-i cl j!j!rliij;e(n-ir 'le. ulTiiire.-. m- rendre ili^'nr. île leur- n:iiss!ii,re>, « et capables d'rslre par vous hniioralilcincnl employé? ; cl que, pour laei- . lilcr ce dessein, je n'aye convié eeuï de ces qualitcz qui ont îles brevets,
■ de se, rendre plus assidus es conseils que nous tenons pour J'estai et les « linanc.es, les assenrant qu'ils y seroient (es mieux venus, moyennant qu'ils <. en usassent avec, discrétion, el ne s'y Ironvnsscnl point plus de quatre ou « cinq à la fois, afin de tenir place de pareil nnmtirc de soutanes qui ne « faisaient que nnus importuner s;ms crs>e, ch.ise qui m'a semblé bien plus
• selon lu dignité de Vuslre Majesté et de son estât , que de voir eu ce lien h ta un tus de mai-tics des requêtes et autres bonnets cornus, qui font nue u coliûc de vosli ■<■ conseil, cl miiilruiriil Mil un lier.- réduire taules les affaires ù d'eslal et de finance eu cLiquuucrie. » {Mémoire! de Sully, a nuée 1607, collection Alichaud el Poujoulat, 1. Il, p. 185 )
(1} Fia gli uiiminî ili rubba liingn , cgn' uno clie lia gnido di présidente o «onsegliero o aliro si ni ils s' inlende nubile e privilegiato, e vien trailato cuine nubile in vîlu sua. {Relations des ambassadeur/ vénitiens, 1. 1. p. 484.) — Le royaume c-l cutnposé de plusieurs pièces divisées en ecclésiastiques, noblesse el peuple... Le peuple c.-i divi.-é. en l'tticiers royaux, aucuns qui ont des seigneuries, en artisans cl villageois. [Mémoires de Gaspard de Saalx, teigneur de Tavannes, eollcelion Hichaud et l'oujoulal, p. 255.)
(2) L'on voïd lun s le.- juins lis iilliciei'? cl le> inini-lrcs de la justice acquérir tes héritages el seigneuries des barons et nobles liommes, et yceutx noldes venir il telle pauvreté el ncrc-silé, qu'ils ne peuvent entretenir Testai de noblesse. {La Monarchie de France, pur Claude de Seyssel, U« partie,