‹ Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers étatChapitre 38 sur 156 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

indirecte mais considérable. Suivant leur degré de richesse et d'babitelé, ils furent accueillis, recherchés, distingués, mémo à la cour; ils firent des alliances de famille avec la hante magistrature, et apportèrent au tiers état, non des venus comme celle-ci, mais de la puissance, cette puissance que donne l'argent On peut suivre, depuis le milieu du xvi e siècle jusqu'aux derniers temps du xviii», le progrès de leur influence vainement combattue, leur carrière semée de faveur et de haine, de gains énormes et de cruelles avanies. Toujours maudits et toujours nécessaires, ils étaient en butte à une accusation perpétuelle, et parfois à des représailles plus monstrueuses que ne pouvaient l'être leur avidité et leurs fraudes (2). Le jugement porté sur eux en général ne fut jamais parfaitement juste, parce qu'il s'y mêlait de cette envie qu'excite l'opulence rapidement acquise, parce qu'en supputant le profil de leurs traités forcément usuraires, on ne tenait pas compte des hasards qu'ils avaient courus, et qu'en regardant l'immense et prompte fortune de quelques-uns d'entre eux, on oubliait la chute non moins rapide et la ruine complète de beaucoup d'autres.

(t) Li mereanli, per essere a quçali tempi patron! de! dannri, sono la yo-

qucslo online d'uoniini va eut rcslo del populo niinuto e rielln plèbe, e papa lu sua gravezza ruine fourni L-li î^unliili ri li \ilijuti. 'Cownit'iHiiin: sur le royaume de France, par Michel Snriaiio, Relations dis ambassadeurs vénitiens, l. I, p. 485.)

(2) Voyez «i-aurés, chap. vu, et Forbonnais, Rcchcrrlies sur le» finances, 1. 1, p. 2D0 et 539, et les loraes suivants pawint.

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