LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE 1560 ET CEUX DE
Sommaire : La réformalton en France. — Avènement île Charles IX. — Le chancelier de l'Hôpital. — Émis généraux de 1HG0, ordonnance d'Orléans. — Assemblée de Pontoise.— Commencement de la guerre civile.— Travaux législatifs de l'Hôpital, ordonnance de .Moulin;. - Suites du massacre de la Saint-Barthélémy. — Nouveau pari i formé île protestants et de catholiques. — Avènement de Henri III ; cinquième edit do pacification. — La Ligue, son but, sa puissance. — Btals généraux de 1376 ; ordonnance de Blois.— nenrî de Bourbon, roi de Navarre; conseils qu'il adresse aux états. — Projets et popularité du duc de Guise.
Le schisme de la réforme, leplusgrand mouvement d'opinion qui ait remué la société française avant sa révolution de 1789, ne fut point chez nous, comme dans les pays du Nord, spontané, irrésistible, lié à des instincts nationaux, à d'anciennes velléités d'indépendance religieuse, à des faits dont la cause, venue de loin, remontait haut dans l'histoire. La plus grande partie de l'Allemagne et de la Suisse, les royaumes Scandinaves et l'Angleterre, nations et gouvernements, avaient rompu sans retour avec l'Église romaine avant le milieu du xvi e siècle, tandis qu'en France le besoin de rénovation dans la foi, la morale et la discipline chrétiennes, quoique senii vivement par les intelligences libres et les aines pieuses qu'agitait l'esprit du siècle, trouvait la royauté toujours défiante ou hostile, et ne parvenait point à s'emparer de la masse ou de l'une desgrandes classes de
la Dation. "Quels que fussent le courage de leurs convictions et le mérite de leurs chefs, les protestants français <t ne formèrent, t dit un historien éminent (1), qu'un parti clandestin et persé- « cuté, jusqu'au jour où la faiblesse de l'autorité royale exer- « cée par un prince mineur donna à ce parti l'appui de la a noblesse, et lui permit de se montrer, de se constituer et « d'agir, a
Au règne de François II, qui, à proprement parler, ne fut qu'une minorité, l'avènement de Charles IX en ajouta une seconde. Dix-sept mois avaient suffi pour que les passions religieuses, d'un côté poussées à l'extrême par une répression atroce, de l'autre encouragées par une connivence indigne du pouvoir, fissent alliance avec les ambitions politiques, et pour que le pays se trouvât divisé en deux grandes factions ayant des princes à leur tète, et formées, l'une de la majorité des nobles, l'autre de la majorité du peuple unie au clergé. Entre les partis exaltés jusqu'au fanatisme, et qui, protestants ou catholiques, appelaient résolument la guerre civile, il y avait une opioiou modérée qui, ne voulant ni de la persécution contre les réformés, ni pour eux du recours aux armes, cherchait, par la tolérance et la demande d'une transaction, à maintenir dans le royaume l'unité de l'Église, soutien, disait-on, de cellede l'État. Ce parti du bon sens national avait ses principales racines dans la bourgeoisie; il élait ennemi du schisme, mais non de la liberté de conscience, et il sentait le besoin de sérieuses réformes dans les moeurs et la constitution du clergé français. Tels furent les sentiments et les idées qu'on vit prévaloir dans les délibérations des états généraux de 1560, et qui marquent d'un caractère à part cette assemblée qui, sur les droits de l'État, en matière d'organisation ecclésiastique, pensa et proposa des choses que les révolutions modernes ont seules pu exécuter (2).
Il y avait alors dans le conseil du roi mineur, comme chef de
(1) M. Miguel, De Yêlabliuement de la réforme religieuse et de la constitution du calvinisme à Gmive, Notices et Mémoires historiques, t. II, p. 218. « {S) Les étals convoqués d'abord ù Mcatn, puis a Orléans, s'ouvrirent la