‹ Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers étatChapitre 54 sur 156 · L.-i I I l'.'Û il · texte numérisé non relu

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fiO ESSAI SUR L'HISTOIRE DU TIERS ÉTAT.

manufactures et des grandes entreprises qui créait d'immenses fortunes, et ce pouvoir de la pensée que la renaissance des lettres avait fondé au profit des esprits actifs. En outre, la masse entière de la population urbaine avait été remuée profondément par les idées et par les troubles du siècle ; des hommes de tout rang et de toute profession s'étaient rapprochés les uns des autres dans la fraternité d'une même croyance et sous le drapeau d'un même parti. La Ligue surtout avait associé étroitement et jeté pêle-mêle dans ses conseils l'artisan et le magistrat, le petit marchand et le grand seigneur; l'union dissoute, les conciliabules fermés, il en resta quelque chose dans l'àme de ceux qui retournèrent alors à la vie de boutique ou d'atelier : un sentiment de force et de dignité personnelle qu'ils transmirent à leurs enfants.

Quant à la population des campagnes, elle parait, au m" siècle, généralement affranchie de la rude et humiliante condition du servage; ses obligations envers les propriétaires du sol s'étaient fixées et modérées de plus en plus, et, dès la fin du \v siècle, son admission à une part de droits politiques avait marqué par un signe frappant le progrès accompli dans sa condition civile. Dès tors en effet, à chaque convocation d'états généraux, il y eut des assemblées primaires, composées des habitants de toutes les paroisses, et concourant, par leurs délégués, à la formation des cahiers et à l'élection des députés du tiers état. Les délégués de chaque paroisse dressaient le cahier de ses doléances et le portaient au chef-lieu du bailliage cantonal; là, réunis aux délégués du chef-lieu, ils élisaient des personnes chargées de fondre en un seul cahier les doléances des paroisses et de les porter à la ville siège du bailliage supérieur, où de nouveaux délégués, élus de la même manière et réunis aux mandataires de ta ville, rédigeaient, par une nouvelle compilation, le cahier provincial de l'ordre plébéien, et nommaient

mon du titulaire, sait» quoi elle était nulle, cl lu charge retournait aux mnins du roi. Henri IV exempta île celle pêne tous les officiers ; il leur cor céda la propriété héréditaire de leurs charges, moyennant nu droit annuel étjuivalon' au soixantième de la valeur de chaque office.

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