‹ Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers étatChapitre 66 sur 156 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

rai, avec plus de défiance que de joie, parfois hardie, souvent contrainte, toujours apportant avec elle une masse d'idées neuves, qui, de son cahier de doléances, passaient, plus ou moins promptemenI,pius ou moins complètement, dans les ordonnances des rois. A celle initiative, dont le fruil élait lenl el incertain, se bornait le rôle effectif du tiers élal dans les assemblées nationales; toute action immédiate lui était rendue impossible par la double action contraire ou divergente des ordres privilégiés. C'est ce qu'on vil plus clairement que jamais aux étals de 1615, et il sembla que l'ordre plébéien, frappé d'une telle expérience, ail dès lors fail peu de cas de ses droits politiques.

Cent soixante et quatorze ans s'écoulèrent sans que les étals généraux fussent une seule fois réunis par la couronne, et sans que l'opinion publique usât de ce qu'elle avait de force pour amener celte réunion (1). Espérant tout de ce pouvoir qui avait tiré du peuple, et mis en œuvre par des mains plébéiennes, les éléments de l'ordre civil moderne, l'opinion se donna, un siècle et demi, sans réserve à la royauté. Elle embrassa la monarchie pure, symbole d'unité sociale, jusqu'à ce que cette unité, dont le peuple sentait profondément le besoin, apparût aui esprits sous de meilleures formes.

(1) Durant les troubles de la Fronde, les états généraux Turent convoqués a deux reprises, d'abord spontanément par lu cour en lutte avec la bourgeoisie, ensuite sur les inslunces île la noblesse unie au clergé. Des phllauilii'Opes, joints :i h piirli ui'i.-toeniLiqiic, In* ivda nièrent au déclin du règne de Louis XJV. Le régent y songea pour étayer son pouvoir; el il n'en fui point question pendant le règne de Louis XV.

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