‹ Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers étatChapitre 86 sur 156 · SIS · texte numérisé non relu

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mais, sur ce point comme sur bien d'autres, le vertige (lu pouvoir absolu commença dès que la faveur se fut détournée de 1'bonimc de génie. C'est ainsi qu'à la caplation exercée pour ramener les dissidents succéda l'emploi de la contrainte, ci qu'après les peines portées contre le repentir des nouveaux convertis vint l'entière abolition de la liberté de culte et de conscience. L'immortel édit de Henri IV, confirmé et juré par Louis XIII en 1629, fut révoqué par Louis XIV le 17 octobre 1685 (1), date qui reste au nombre des plus tristes souvenirs de notre histoire. On sait quel effroyable coup cet acte violent et ses suites portèrent à la civilisation et à la fortune de la France, par quelle émigration d'ouvriers, d'inventeurs, de négociants, de marins, de capitalistes, l'avantage que nous avaient donné sur nos rivaux d'industrie les établissements de Colbert fut presque entièrement perdu (2).

En 1685, il y avait déjà près d'un siècle que la France, devançant à cet égard les autres peuples chrétiens, était entrée dans les voies de la société nouvelle qui sépare l'Église de l'État, le devoir social des choses de la conscience, et le croyant

riid u ire peu à peu les huguenots de mon royaume éinit en premier lien de ne les point presser du tout pur aucune rigueur nouvelle contre eux, de faire observer ce qu'ils uvoicut olilenu lie mis pn'déers.-eLn's, mais île ne leur rien accorder au delà, el d'en renfermer même IY\éi ■nliun tUnn les plus élioites bornes que lu justice cl lu liieriféance le pouvaient pcnucllru. Quant aux grâces qui dépeudoieul do mut seul... (Mémoire» de Louis XIV, écrits vers l'année 1G70, OEuvres, l. I", p. 8i el suiv.)

(I) Savoir raisons que nous,... avons, pur ce présent édit perpétuel el irrévocable, supprimé et révoqué, supprimons el révoquons l'édil du roinotredil aïeul, donné A Nantes au mois d'uvril 1398, en toute son étendue, ensemble les articles particuliers ai relés le 2 mai ensuivant, cl les lellres paletiles expédiées en iceux, el l'édil donné ù Mines au mois de juillet 1629; les déclarons nuls et comme non avenus, ensemble tuutcs les concessions faites, tant par iccux que par d'autres cdils, déclarations cl urrils. aux gens de ladite religion prétendue réformée, de quelque nature qu'elles puissent élre. (Édit portant révocation de l'édit de Nantes, Itec, des anciennes lois françaises, t. XIX, p. 550.)

(21 Voy. l'ouvrage de Itulliiéres, intitulé : Hrluireissemcnls historiques lur ht causes de la r^cocalion de l'édil de «unies; le tome II de V Histoire de Madame de Maintenait, par Ai. le duc de Nouilles, et les tomes XV el XVf de 17/ «noire de France de M. Henri Martin.

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